WhatsApp dénonce une tentative de blocage par la Russie pour favoriser une messagerie d'État
L'application de messagerie WhatsApp, propriété du groupe américain Meta, a publiquement accusé, mercredi 11 février, les autorités russes d'avoir tenté de bloquer son fonctionnement. Cette manœuvre viserait à contraindre les utilisateurs à migrer vers un service concurrent directement contrôlé par l'État. Cette révélation intervient peu après que la plateforme Telegram, autre messagerie majeure, a subi des restrictions similaires en début de semaine.
Une accusation grave portée sur les réseaux sociaux
« Le gouvernement russe a tenté de bloquer complètement WhatsApp afin de pousser les gens vers une application de surveillance détenue par l'État », a déclaré la filiale de Meta sur le réseau social X. L'entreprise a ajouté que « chercher à priver plus de 100 millions d'utilisateurs d'une communication privée et sécurisée constitue un recul qui ne peut que réduire la sécurité des personnes en Russie ». WhatsApp a assuré qu'elle continuait à « faire tout son possible pour garder les utilisateurs connectés » malgré ces pressions.
Une répression qui s'intensifie contre les messageries étrangères
Cette tentative de blocage représente une nouvelle étape dans la répression plus large menée par Moscou contre les réseaux sociaux et les services de communication basés à l'étranger. Le régulateur russe avait déjà imposé des restrictions sur Telegram cette semaine, lui reprochant une « violation » de la législation locale, notamment pour ne pas empêcher suffisamment son utilisation « à des fins terroristes ».
Fondé par le Russe Pavel Dourov, qui possède désormais la nationalité française, Telegram est, avec WhatsApp, l'un des deux services de messagerie les plus populaires en Russie. Le fonctionnement de WhatsApp était déjà largement entravé dans le pays depuis janvier pour des motifs similaires.
Les réactions des fondateurs et la promotion d'une alternative locale
Pavel Dourov a vivement réagi à ces mesures, déclarant mardi que « restreindre la liberté des citoyens n'est jamais la bonne solution ». Il a accusé Moscou de chercher à « forcer ses citoyens à migrer vers une application contrôlée par l'État, conçue pour la surveillance et la censure politique ».
Les autorités russes encouragent en effet activement la population à utiliser Max, une nouvelle messagerie promue par l'État. Lancée par le géant russe des réseaux sociaux VK depuis 2025, Max est présentée comme une super-application offrant un accès à des services administratifs et à des plateformes de commerce en ligne. Cependant, cette alternative reste pour l'instant beaucoup moins populaire que WhatsApp ou Telegram.
Un contexte de tensions persistantes
Cette escalade s'inscrit dans un contexte de tensions déjà anciennes. L'été dernier, la Russie avait déjà interdit aux utilisateurs de passer des appels via Telegram et WhatsApp. Les autorités justifient souvent ces restrictions par la lutte contre les escroqueries, très fréquentes via les messageries en Russie, et accusent également Kiev de recruter des citoyens russes par ces canaux pour commettre des actes de sabotage en échange d'une rémunération.
Cette offensive contre les messageries indépendantes souligne la volonté des autorités russes de renforcer leur contrôle sur les communications numériques, au détriment des libertés fondamentales et de la sécurité des utilisateurs.