Une dépendance inquiétante aux intelligences artificielles
Depuis quelques années, les assistants IA sont devenus des outils du quotidien pour des millions de personnes à travers le monde. Qu’il s’agisse de trouver rapidement une information, de rédiger un texte ou de résoudre un problème, l’intelligence artificielle permet souvent de gagner du temps. Mais cette aide permanente pourrait-elle avoir un effet inattendu sur nos capacités cognitives ? C’est la question que se sont posée des chercheurs de plusieurs universités américaines et britanniques.
Des participants moins performants sans l’aide de l’IA
Selon leur étude, utiliser un assistant IA pendant seulement dix minutes peut avoir un impact négatif surprenant sur la capacité de réflexion et de résolution de problèmes. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont demandé à des personnes de résoudre divers problèmes, notamment des fractions simples et des exercices de compréhension, via une plateforme en ligne qui les rémunérait.
Au total, plusieurs centaines de personnes ont participé à trois expériences. Certaines avaient accès à un assistant IA capable de résoudre le problème de manière autonome. Lorsque cette assistance était retirée de l’expérience, les participants avaient tendance à abandonner le problème ou se tromper dans leurs réponses. Ces résultats démontrent qu’une utilisation généralisée de l’IA pourrait accroître la productivité au détriment du développement des compétences fondamentales en résolution de problèmes.
Et si les chatbots devenaient de meilleurs enseignants ?
Comme l’explique Michiel Bakker, co-auteur de l’étude, « l’IA peut clairement aider les gens à être plus performants sur le moment, et cela peut s’avérer précieux. Mais nous devons être plus vigilants quant à la nature de cette aide et à son moment d’intervention ». Pour lui, l’enjeu dépasse la simple question des performances de l’IA. Il s’agit surtout de mieux comprendre l’impact de ces outils sur la persévérance, l’apprentissage et la manière dont les utilisateurs réagissent aux difficultés.
Michiel Bakker suggère notamment de repenser le fonctionnement des assistants d’intelligence artificielle afin de privilégier l’apprentissage de l’utilisateur plutôt que la résolution immédiate du problème. Les chatbots pourraient donc fonctionner un peu à la manière d’un enseignant humain, en guidant et en accompagnant la réflexion plutôt que de fournir directement la réponse.



