L'Europe traque les fantômes galactiques avec un nouveau satellite
L'Europe traque les fantômes des galaxies avec un satellite

L'Agence spatiale européenne (ESA) s'apprête à lancer une mission ambitieuse visant à percer les secrets de la matière noire et de l'énergie sombre, ces composants invisibles qui constituent la majeure partie de l'univers. Surnommés les "fantômes des galaxies", ces phénomènes cosmiques restent l'un des plus grands mystères de la science moderne.

Une mission révolutionnaire

Le satellite, baptisé Euclid, doit décoller à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX depuis Cap Canaveral, en Floride. Son objectif principal est de cartographier la distribution de la matière noire dans l'univers et de comprendre comment l'énergie sombre accélère l'expansion cosmique. Euclid observera des milliards de galaxies sur une période de six ans, couvrant un tiers du ciel.

Des instruments de pointe

Le satellite est équipé de deux instruments scientifiques : un imageur visible (VIS) et un spectromètre infrarouge (NISP). Ensemble, ils mesureront la forme et la distance des galaxies avec une précision inégalée. Les données collectées permettront aux astronomes de créer une carte 3D de l'univers, révélant la toile cosmique de matière noire.

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La matière noire, bien que invisible, exerce une influence gravitationnelle sur la matière visible. L'énergie sombre, quant à elle, est une force répulsive qui contrecarre la gravité et accélère l'expansion de l'univers. Ces deux entités représentent environ 95 % du contenu de l'univers, mais leur nature exacte demeure inconnue.

Un défi technologique

Euclid a été conçu pour fonctionner dans des conditions extrêmes, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, au point de Lagrange L2. Ce point d'équilibre gravitationnel offre un environnement stable pour les observations. Le satellite doit maintenir une température constante de -180 degrés Celsius pour ses détecteurs infrarouges.

Les ingénieurs ont dû relever de nombreux défis techniques, notamment la conception d'un système optique ultra-stable et d'un bouclier solaire géant pour protéger les instruments de la chaleur du Soleil. Le coût total de la mission s'élève à environ 1,4 milliard d'euros, financé par les États membres de l'ESA.

Une collaboration internationale

Le projet Euclid implique plus de 2 000 scientifiques de 300 instituts dans 13 pays européens, ainsi que des contributions des États-Unis via la NASA. Les données recueillies seront mises à la disposition de la communauté scientifique mondiale.

Cette mission marque une étape cruciale dans la compréhension de l'univers. En traquant les "fantômes" des galaxies, Euclid pourrait révolutionner notre connaissance de la physique fondamentale et peut-être même remettre en question les théories actuelles de la cosmologie.

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