Alors qu'un incendie historique ravage l'Aude, une expérimentation mondiale unique est en cours au Pont du Gard. Depuis fin juillet, des capteurs de détection précoce des départs de feu sont testés dans le cadre du programme France 2030, financé par le Centre national d'études spatiales (Cnes) pour un budget global de 20 millions d'euros.
Un déploiement progressif sur le territoire
Cette phase de test prévoit l'installation de 121 capteurs dans les zones boisées autour du site du Pont du Gard. À terme, le projet vise le déploiement de 13 000 capteurs sur l'ensemble du territoire national. Ces appareils, fabriqués par la société allemande Dryad et développés par Kinéis, un opérateur français de connectivité satellitaire dédiée à l'internet des objets (IoT), sont autonomes en énergie grâce à un petit panneau solaire.
Une technologie efficace même en zone blanche
Les capteurs transmettent leurs données (température, humidité de l'air, présence de gaz et de fumée) en temps réel via la constellation de vingt-cinq satellites Kinéis. Cette innovation permet de détecter un départ de feu dans les toutes premières minutes, sans nécessité de couverture télécom terrestre, ce qui les rend particulièrement efficaces en zone blanche. Un partenariat a été établi entre les Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) de chaque département, l'Office national des forêts (ONF) et l'entente Valabre, organisme public spécialisé dans la gestion des risques liés aux feux de forêt et qui couvre quinze départements.
Prochaine étape en janvier 2026
La prochaine étape est prévue pour janvier 2026, avec le déploiement de 5 000 capteurs sur les citernes et réservoirs d'eau afin d'en vérifier le niveau en temps réel. Pour Sébastien Arnaux, directeur du site, « le Pont du Gard, classé au patrimoine mondial de l'Unesco et entouré d'un massif forestier de 192 hectares particulièrement sensible en période estivale, n'a pas été choisi au hasard. C'est un terrain d'expérimentation sur lequel les technologies du futur vont permettre de protéger les paysages et vestiges du passé, ainsi que les populations ».



