Ce vendredi 22 mai, l'aspirateur sous-marin Mr. Turbino, tout juste vainqueur du concours Lépine 2026 à Paris, a été présenté en conditions réelles dans le port de Mèze. L'appareil, léger et fonctionnant à l'air, permet d'aspirer les microplastiques flottants.
Une invention primée
Alan d'Alfonso Perral, ancien rugbyman argentin et voileux engagé pour la protection des océans, a remporté la 125e édition du concours Lépine parmi 250 candidats. Devant une cinquantaine d'élèves de CE2 et CM2 curieux, il a présenté son invention : Mr. Turbino, un petit aspirateur submersible portable et écologique conçu pour collecter les microplastiques.
« Ramasser les déchets à la main est compliqué pour les plongeurs, cela prend du temps et le plastique se colle aux coquillages et au plancton. Avec le sel et le soleil, il devient friable », explique-t-il aux enfants. L'appareil, fabriqué en plastique recyclé, est en cours de test à Mèze à l'invitation de la municipalité.
Un fonctionnement écologique
Fondateur de l'association Recyclamer.org, Alan d'Alfonso Perral est plongeur-inventeur engagé pour la préservation de la biodiversité depuis 2016. Il rappelle que 24 % de la pollution plastique reste en suspension dans l'eau, formant à grande échelle le « continent de plastique ». Mr. Turbino aspire ces particules « en douceur » grâce à de l'oxygène injecté, sans électricité ni moteur : « Il n'y a pas d'électricité, pas de moteur, on ne pollue pas. Mr. Turbino ne fonctionne qu'avec de l'air, selon le principe de la poussée d'Archimède. »
Les microplastiques, dangereux pour l'environnement et la chaîne alimentaire, sont récupérés dans un filet à mailles très fines. L'appareil peut également passer à travers les herbiers de posidonie sans aspirer les plantes ni le sable.
Démonstration dans le port
Alan d'Alfonso Perral, accompagné du capitaine du port Chakir El Abadi et d'un plongeur amateur, a plongé avec deux aspirateurs Mr. Turbino d'un kilogramme chacun, portés à l'épaule. Grâce à une réserve d'oxygène comprimé, la plongée peut durer jusqu'à 2 h 30. L'inventeur est parti à la chasse aux résidus de papier, sachets de bonbons et mégots de cigarette, ces derniers pouvant polluer 300 litres d'eau.
Un partenariat avec la ville de Mèze
La ville de Mèze voit dans ce projet un intérêt expérimental pour la protection de son environnement maritime. Un aspirateur est mis à disposition de la capitainerie pour un test grandeur nature. Le maire Thierry Baëza déclare : « Nous avons passé une convention avec le créateur, on ne peut qu'être d'accord avec ce projet. Nous faisons beaucoup de sensibilisation, mais on n'est pas à l'abri de voir des mégots ou du plastique dans l'eau. Nous verrons si nous pouvons l'utiliser pour nos opérations de ramassage des déchets ou en sortie du réseau pluvial. »
De son côté, Alan d'Alfonso Perral pourra améliorer son appareil tout en collectant des données et en géolocalisant les types et quantités de déchets repêchés.



