Constantin Flotard, espoir varois de l'IQFoil, brille à la Semaine olympique française
Le ciel est bas sur la rade d'Hyères, des moutons inondent le paysage, prenant tantôt la forme de nuages tantôt celle de l'écume, alors qu'un fort vent d'Est balaie l'horizon. Les pommettes grillées par deux jours de compétition intense, le Toulonnais Constantin Flotard, âgé de seulement 18 ans, balance entre fierté et déception au moment d'évoquer sa 32e place sur IQFoil, à l'issue des deux premières journées de qualifications de la Semaine olympique française.
Forcément il y a un peu de frustration mais je relativise aussi, je fais de bons résultats pour une première participation ici, confie le jeune véliplanchiste, licencié au Yacht-club de Toulon depuis son enfance. Engagé pour la première année de sa carrière chez les seniors sur le prestigieux Sailing Grand Slam, un circuit en cinq étapes qui regroupe l'élite mondiale de la voile olympique, Constantin Flotard réalise des débuts plus que prometteurs.
Un accident coûteux lors d'un virement décisif
Le fils, petit-fils et même petit frère de voileux, qui a commencé les sports nautiques à l'âge où certains apprennent encore à lire ou à écrire, a pourtant failli réaliser une performance exceptionnelle. Sur la première course je fais 3e, sur l'avant-dernière manche je suis même dans le top 4 à quatre minutes de l'arrivée et puis sur un virement, je tombe, souffle-t-il avec regret.
À l'approche d'un virage – un virement dans le langage marin – et alors qu'il passe de l'autre côté de la voile pour tourner, le jeune homme effectue un mauvais mouvement et se retrouve projeté dans une eau entre 13 et 15 degrés. Le temps que je remonte sur la planche, j'étais passé 16e, déplore-t-il. Cet accident malheureux le place donc à la 32e position sur 67 participants et le reverse dans la flotte argent, alors que les 24 premiers étaient qualifiés pour la flotte or avec la possibilité de jouer le titre final.
L'objectif : intégrer les quotas pour les équipes de France
Malgré cette déconvenue, tout n'est pas perdu pour le Varois qui s'entraîne depuis quatre ans au Pôle France de Marseille. C'est frustrant parce que ça s'est joué sur un seul virement. Avec un top 4 sur cette manche, j'aurais pu être dans la flotte or, reconnaît-il. Mais le jeune athlète garde la tête froide et se fixe un nouvel objectif ambitieux.
Les 27 premiers du classement général intègrent les quotas, donc si je veux en être, l'objectif maintenant, c'est d'aller chercher les trois premières places de la flotte argent, explique Constantin Flotard. Ces quotas représentent une opportunité d'intégrer les groupes France plus facilement l'année prochaine, détaille-t-il, et donc de se rapprocher du Graal de tout athlète de haut niveau tricolore : les équipes de France.
Au terme de la course de mercredi, Constantin Flotard est toujours en embuscade, au 36e rang du classement général, à huit places seulement des fameux quotas. Tout reste donc possible pour ce jeune espoir de la voile française.
Le favori Nicolas Goyard forfait, l'Italie en tête
Dans la catégorie homme IQFoil, le grand favori de cette Semaine olympique française, le Carqueirannais Nicolas Goyard, a finalement dû renoncer à l'étape hyéroise pour cause de maladie. En son absence, c'est l'Italien Nicolo Renna qui est en tête de la flotte or, suivi de l'Australien Grae Morris (2e) et du Chinois Kun Bi (3e).
Le premier Français est le Breton Louis Pignolet (5e) au coude à coude avec un autre Transalpin, Federico Alan Pilloni (4e), et un compatriote marseillais, Tom Arnoux (6e). La compétition reste donc ouverte et promet des rebondissements jusqu'à la ligne d'arrivée.



