Justine Henin dévoile la routine cachée des joueurs du Rolex Monte-Carlo Masters
Justine Henin révèle la journée type des joueurs à Monte-Carlo

Justine Henin lève le voile sur la vie cachée des tennismen à Monte-Carlo

Publicité Justine Henin, ancienne championne olympique et numéro 1 mondiale de tennis, décrypte la journée type d’un joueur du Rolex Monte-Carlo Masters. Toujours dans la lumière lorsqu’ils sont sur les courts, les joueurs de tennis passent pourtant la plupart de leur temps dans l’ombre, entre obligations médiatiques, repos et entraînements. L’ancienne championne olympique et numéro 1 mondiale Justine Henin lève le voile sur ce qui se joue quotidiennement en coulisses.

Une routine rigoureuse pour les professionnels

Chacun a ses habitudes. Ses réflexes. Parfois même ses superstitions. Toujours est-il que les joueurs de tennis n’échappent pas à la routine. Septuple vainqueure en Grand Chelem, championne olympique en 2024 et ancienne numéro 1 mondiale - aujourd’hui consultante pour Eurosport-, Justine Henin sait mieux que quiconque ce qui se joue en coulisses. Car si on ne voit les joueurs que le temps d’un match chaque jour (ou presque) sur un terrain, le plus gros du travail est réalisé dans l’ombre. À l’abri des regards.

Selon l’ancienne joueuse belge, un professionnel passe environ 4 heures à s’entraîner sur site les jours où il ne dispute pas de match. Et c’est sans compter les obligations médiatiques et tout ce qui va avec. Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble la vie d’un joueur du Rolex Monte-Carlo Masters en dehors des heures qu’il passe sur le court ? Justine Henin vous donne des éléments de réponse en partant du principe que le joueur doit disputer un match à 15 heures.

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Le début de journée : sommeil et nutrition personnalisés

Forcément, le début de journée est conditionné au rythme de sommeil du joueur. « L’heure de réveil va varier d’un joueur à l’autre selon si on se couche tard comme les Espagnols, mais disons qu’on prend le petit-déjeuner autour de 9 heures. » Justine Henin, elle, avait besoin d’environ 9 ou 10 heures de sommeil chaque nuit, glisse la principale intéressée. Quant au menu, là aussi chacun a ses affinités en fonction de son rythme de digestion.

L’ancienne joueuse, qui a aujourd’hui 43 ans, mangeait salé. Généralement des œufs, du jambon blanc, de l’avocat, du saumon fumé. « Globalement, j’évitais le sucre. »

L’entraînement matinal : recherche de sensations et préparation tactique

Après un petit moment de détente au sein de l’hôtel, l’arrivée sur site se fait en fin de matinée, autour de 10 h 30. « On fait son sac tranquillement, puis on prend la direction du tournoi pour faire son premier échauffement physique vers 11 heures. Là, l’objectif est de s’activer au niveau du cardio. C’est du réveil musculaire. On monte en température et on travaille aussi la mobilité. »

Cette séquence physique dure environ 30 minutes et se poursuit par une séance tennistique d’environ trois quarts d’heure sur l’un des courts d’entraînement du Country-Club. « On va chercher à frapper la balle, à trouver des sensations et à répéter des gammes en fonction de l’adversaire qu’on va jouer. Le joueur peut aussi exprimer des besoins particuliers même si ces échauffements sont assez routiniers. Parfois, les sensations ne sont pas bonnes, mais cela ne veut pas dire qu’elles seront les mêmes en match. On en profite aussi pour rediscuter de son adversaire du jour. On essaie de mettre des schémas en place qu’on essaie d’automatiser. »

La préparation mentale avant le match

« Je faisais de la visualisation avant d’entrer sur le court » Après l’effort, place à la douche, toujours sur site, puis au déjeuner. « J’essayais de manger des pâtes avec des légumes cuits à la vapeur et un peu de volaille. Quelque chose de consistant mais facile à digérer. Rien de piquant qui va venir titiller l’estomac. Avec le temps, les joueurs apprennent à très bien se connaître. Ils savent parfaitement ce dont ils ont besoin et à quel moment. »

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Nous sommes à environ deux heures avant le début programmé du match, car la plupart du temps ils ne démarrent pas à l’heure prévue. Pas de sieste pour l’ancienne numéro un mondiale, mais un moment de calme. « D’abord on écoute de la musique, on lit un livre, on ferme les yeux. Puis vient le moment où j’allais m’isoler dans les vestiaires. Les jours de match, on ne se réveille pas de la même manière qu’un jour d’entraînement. Là, on entre petit à petit dans sa bulle. On s’habille pour la rencontre, on garde un œil sur le match qui se joue juste avant le nôtre. Arrivé à ce moment, le joueur a besoin qu’on ne lui parle plus. Il s’assure que ses raquettes et ses boissons sont bien en ordre. »

Une demi-heure avant d’entrer sur le terrain, le joueur va se « réactiver » physiquement, de manière plus intensive que le matin, de façon à être prêt physiquement dès le premier point. « En même temps, on écoute les dernières consignes de son équipe. Le joueur a besoin de son environnement, c’est vital pour lui en attendant l’appel pour entrer sur le court. C’est un moment où on doit se sentir prêt mentalement. Personnellement, je faisais de la visualisation avec des mouvements à blanc. C’est un outil que beaucoup de joueurs utilisent parce qu’on a beaucoup d’interrogations avant un match. Comment je vais jouer, comment mon adversaire va répondre, les conditions, le public… Pour se polluer l’esprit le moins possible et ranger ces doutes, je me projetais positivement. »

15 heures, l’heure du combat a sonné.

La décompression post-match et la projection sur le lendemain

Pas le temps de respirer une fois la victoire acquise (soyons optimistes). « Il y a des obligations médiatiques à assurer derrière. Il y a l’interview sur le court, un passage aux différentes télévisions dans lequel on est guidé. » Sans oublier les autographes et la conférence de presse. « C’est seulement après qu’on retrouve son entourage et qu’on va faire tourner un peu les jambes sur un vélo pour faire un décrassage. Il y a eu un pic d’adrénaline donc il faut redescendre progressivement. Généralement, les joueurs ont besoin de décharger mais cela dépend aussi de comment le match s’est déroulé. »

Vient alors la deuxième douche de la journée avant de quitter le site du tournoi, environ deux heures après la fin du match. « Généralement, les joueurs aiment sortir de la bulle du tournoi pour se ressourcer et souffler un peu. On va faire des soins opérés par le kinésithérapeute dès le retour à l’hôtel selon les pépins physiques observés pendant la rencontre. Personnellement, j’essayais de faire un débrief avec mon coach juste avant le dîner qu’on prenait à l’hôtel ou dans ses environs. »

Il est 21 h 30, l’heure à laquelle l’ancienne championne belge avait pour habitude de se coucher. Et, déjà, on se projette sur la journée du lendemain. « Si c’est un adversaire qu’on n’aime pas trop jouer, on essaie de l’anticiper pour ne pas que la nuit soit trop difficile. Je n’avais pas trop de mal à dormir mais si j’avais une finale de Grand Chelem ou une adversaire qui me posait des problèmes, je savais que j’allais me réveiller très tôt. »