Un souvenir indélébile pour le tennisman monégasque
Il y a exactement vingt ans, Benjamin Balleret vivait l'un des moments les plus marquants de sa carrière sportive. Invité à disputer les qualifications du prestigieux Rolex Monte-Carlo Masters en 2006, le joueur monégasque, alors classé 351e mondial, allait connaître une semaine exceptionnelle qui le mènerait jusqu'à une confrontation avec la légende du tennis Roger Federer.
Un parcours remarquable en qualifications
À l'âge de 23 ans, Benjamin Balleret abordait ce tournoi avec une confiance renouvelée malgré des performances mitigées en amont. « J'avais très bien joué la saison 2005 en gagnant quelques tournois mineurs », se remémore-t-il. Sa détermination allait porter ses fruits dès les qualifications où il élimina successivement Albert Portas, spécialiste de terre battue, puis l'expérimenté Jonas Björkman, ancien 4e mondial.
Cette victoire lui ouvrait les portes du tableau principal, une première pour le natif de Monaco. « C'était la première fois que je gagnais un match sur le court central », confie Balleret, encore ému par ce souvenir.
Des victoires symboliques dans le tableau principal
La semaine du 17 avril 2006 s'annonçait historique pour le joueur local. Après s'être qualifié, Balleret enchaînait les performances remarquables. Il battait d'abord Christophe Rochus, 44e mondial, signant ainsi sa première victoire dans un tableau ATP. « C'était un beau moment avec beaucoup de bonheur », raconte-t-il, évoquant notamment l'anecdote de son polo lancé dans la foule qui serait récupéré par un futur adversaire.
Mais le Monégasque ne comptait pas s'arrêter là. Au deuxième tour, il créait la sensation en dominant Sébastien Grosjean, alors 28e mondial et numéro deux français, qui devait abandonner. « J'ai fait un très bon match et même s'il a abandonné, j'étais content parce que je savais que j'allais jouer Federer au tour suivant », explique Balleret.
La confrontation avec une légende
Le rêve devenait réalité : Benjamin Balleret allait affronter Roger Federer en huitièmes de finale. Le Suisse était alors au sommet de sa gloire, numéro un mondial incontesté avec une seule défaite en quatre mois. « À ce moment-là, j'étais surexcité. Quand j'étais jeune, j'étais plus Federer que Nadal », avoue le joueur monégasque.
La veille du match, l'appréhension se faisait sentir. « On s'oblige à y croire pour faire son match comme si c'était quelqu'un de normal en face », confie Balleret, conscient du défi monumental qui l'attendait. « Il ne fallait pas que la fête se transforme en cauchemar ».
Un match honorable face au numéro un mondial
Le jour J, Benjamin Balleret parvint à trouver ses marques rapidement. « Tout de suite ça allait mieux. J'étais dans mon match et chaque jeu que je prenais, j'étais content de le prendre ». Malgré la défaite en deux sets (6-3, 6-2), le Monégasque livra une performance sérieuse et honorable.
« J'ai eu une petite occasion sur son service dans la deuxième manche mais derrière c'est allé très vite », analyse-t-il avec le recul. « J'étais content de mon match. Évidemment j'aurais pu faire mieux avec le recul ».
Des souvenirs précis vingt ans après
Deux décennies plus tard, Benjamin Balleret conserve des souvenirs extrêmement précis de cette rencontre. Il se remémore notamment l'accolade avec Federer au filet et les « bons mots » échangés avec le champion suisse.
« J'ai profité du moment », insiste Balleret. « Je me souviens d'avoir eu le sourire au moment d'entrer sur le court devant un stade plein, sous le soleil. C'était le seul match de ma vie où ma grand-mère, qui était âgée, était venue me voir ».
Un héritage durable
Aujourd'hui encore, on évoque régulièrement avec Benjamin Balleret cette épopée de 2006. « Il y a des gens qui en ont marre qu'on leur reparle d'un match en particulier. Pas moi », assure-t-il. « Je n'y pense pas tous les jours mais je suis content d'avoir vécu cela et de dire que j'ai affronté Federer ».
Ce match reste gravé dans sa mémoire comme « l'un des meilleurs souvenirs » de sa carrière, un moment où le tennis monégasque brilla sur la scène internationale face à l'une des plus grandes légendes de ce sport.



