Teva Bouchgua, de Carcans à l'élite mondiale du surf : le rêve d'un enfant du Médoc
Teva Bouchgua : de Carcans à l'élite mondiale du surf

Teva Bouchgua, de Carcans à l'élite mondiale du surf : le rêve d'un enfant du Médoc

Il a grandi sur les vagues de Carcans, dans le Médoc, rêvant d'un destin de surfeur professionnel. Aujourd'hui, à 24 ans, Teva Bouchgua touche du doigt l'élite mondiale après une victoire décisive en Afrique du Sud. Retour sur le parcours d'un enfant du Médoc qui n'a jamais lâché son rêve, malgré les obstacles et les défis financiers.

Une victoire décisive en Afrique du Sud

Début avril, à Port Alfred, en Afrique du Sud, le surfeur franco-marocain a remporté un QS 4000, une étape majeure du circuit de la World Surf League. Cette victoire lui ouvre les portes des Challenger Series, la deuxième division mondiale, considérée comme l'antichambre du Championship Tour, l'élite mondiale du surf. Sur le moment, Teva Bouchgua n'en mesure pas immédiatement la portée. « Quand je sors de l'eau, je ne savais pas encore que j'étais qualifié », raconte-t-il. Il savait qu'il lui fallait un gros résultat, et la confirmation est tombée plus tard. « C'était l'objectif de la saison », ajoute-t-il, marquant un pas de plus vers son rêve d'accéder à la cour des grands.

Retour aux sources à Carcans

Quelques jours après sa victoire en Afrique du Sud, Teva Bouchgua est retourné là où tout a commencé. Dimanche 19 avril, à Carcans, il s'est aligné en toute simplicité sur les championnats de Gironde. Sur cette plage qui l'a vu grandir, celui qui vient d'entrer parmi les meilleurs mondiaux s'est imposé, sous le regard de son père. Cette victoire à la maison est presque symbolique, une façon de boucler la boucle et de rester dans le rythme. « Tout est parti de Carcans », dit-il, évoquant une enfance passée sur cette plage, aux côtés de son père Aziz, moniteur et coach depuis trente ans. « Ça a commencé par du jeu, et il a mordu très vite. En rentrant de l'école, il fallait aller surfer », se souvient son père.

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Un travailleur acharné et déterminé

Teva Bouchgua est décrit comme un travailleur acharné. Son envie de surfer était précoce et presque exclusive, au point que ses parents devaient parfois le pousser à faire autre chose. « On insistait pour qu'il sorte avec ses copains, mais ça ne l'intéressait pas. Et au bout de deux heures, il nous appelait pour qu'on vienne le chercher », raconte Aziz. Sa mère, Évelyne, prof de fitness, confirme : « On lui a toujours dit qu'il pouvait faire autre chose. Mais pour Teva, ça a toujours été clair. Il voulait être surfeur professionnel. » Cette certitude s'est ancrée très tôt, et Teva l'affirme : « Du plus loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours voulu faire ça. »

Un parcours marqué par des choix stratégiques

Dans la famille, il n'y a pas eu de pression excessive, juste un cadre : obtenir le bac. « J'ai rempli le deal, et après je me donne à fond dans le surf », sourit Teva. Champion de France junior en 2019 et vainqueur jeune d'une finale européenne du Volcom Tour, il a enchaîné les résultats. Cependant, son parcours n'a pas été linéaire, avec des blessures et des occasions manquées, comme une qualification olympique ratée de très peu. « Ça pique, mais on avance », assure-t-il. Depuis trois ans, il a choisi de représenter le Maroc, pays de son père, plutôt que la France, un choix assumé entre attache marocaine et enracinement à Carcans.

Les défis à venir et la réalité financière

Teva Bouchgua fait maintenant face à un nouveau défi : les Challenger Series, où tout se joue sur les détails, selon Laurent Rondi, vice-président de la Fédération française de surf. Teva en est conscient : « À ce niveau-là, on a tous à peu près le même bagage. La différence, c'est le mental, la régularité et les choix dans les séries. » Son objectif est clair : intégrer l'élite mondiale dans les deux à trois ans. Cependant, une réalité plus concrète persiste : une saison coûte entre 70 000 et 90 000 euros. À la recherche de sponsors pour consolider son budget, le surfeur s'appuie sur ses partenaires, la Fédération, sa famille et ses cours de surf l'été. « C'est compliqué d'en vivre pleinement », reconnaît-il, mais le doute n'a jamais vraiment existé. « J'adore ce que je fais », dit-il.

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Une inspiration pour les jeunes de Carcans

À Carcans, où il reste licencié, le parcours de Teva Bouchgua inspire déjà les plus jeunes. Un gamin du coin, formé sur les vagues du Médoc, se trouve maintenant aux portes de l'élite mondiale, tout en restant fidèle à sa plage d'origine. Celle qui l'a vu naître et grandir, et qui continue de façonner son rêve. Son histoire est un témoignage de persévérance, de travail acharné et d'attachement à ses racines, montrant que même dans un sport exigeant comme le surf, les rêves peuvent devenir réalité avec de la détermination.