Villeneuve-lès-Maguelone : la réserve combat les préjugés et vise le titre
Villeneuve-lès-Maguelone : la réserve combat les préjugés

Vainqueur du terroir (17-10 face à Bessan), la réserve de Villeneuve-lès-Maguelone vise maintenant le France. Avec la finale du championnat de France des réserves Régionale 2 / Régionale 3 ce dimanche, face à Lons/Bal, Villeneuve-lès-Maguelone concrétise sa bataille de cœur : faire disparaître l’idée que jouer en réserve revient à être mis de côté.

Un projet collectif né il y a trois ans

Quand Villeneuve-lès-Maguelone se relance il y a trois ans, le mot d’ordre est de jouer ensemble. “Tous les week-ends, on laissait une dizaine de joueurs sur le côté”, se souvient Pascal Barremaecker, membre du staff général séniors. “On en avait beaucoup pour une équipe, pas assez pour deux. Alors on a monté cette réserve qui n’en a que le nom car les deux équipes s’entraînent de même façon : en commun.” Des propos qui n’ont rien eu d’un vœu pieux : sur les 68 joueurs licenciés en séniors, 65 ont joué en réserve cette année.

Surmonter les difficultés initiales

Cette finale est vraiment celle de tous : “Ça n’a pas été tout rose au départ”, continue Barremaecker. “La réserve a connu quatre fois la défaite dont trois sur les premiers matches, à deux reprises à la maison. Le temps que Laurent et Jeff [Laurent Duffieux et Jean-François Cuesta, coaches de la réserve, ndlr] appréhendent cette formation qu’ils ne connaissaient pas. Un management évolue beaucoup à ce moment-là.”

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Mais le principal frein était un stéréotype à la peau bien trop dure : “A nos niveaux, les joueurs vivent peu la concurrence. Dans les esprits, jouer en réserve, c’est être en équipe deux, jouer avec les mauvais. Donc il y a eu un besoin de s’approprier leur propre équipe.”

Un discours en phase avec les faits

Profitant d’oppositions trop déséquilibrées entre formations en première, le staff de Pascal Barremaecker – aux côtés de Florian Py en première – a travaillé “un discours qui devait être en phase avec les faits” : le niveau général était assez similaire ; donc on n’a pas hésité à faire tourner. “Ils ont vite compris que la réserve faisait partie de l’effectif séniors, tout le monde allait y jouer et que, non, ce n’était pas une punition d’y aller.”

Mêmes combinaisons et lancements de jeu, moyens équitablement répartis entre les deux équipes s’ajoutent à une histoire écrite ensemble : “Quand on joue la finale d’Occitanie, sur les 68 licenciés, 57 étaient présents”, se félicite le coach. “C’est aussi parce que, tout au long de l’année, on a fait des choix forts. Je me souviens de ce moment dans la saison où la une jouait Uchaud, la réserve Portiragnes, qui nous avait battus lors de la première journée chez nous. Alors, on a envoyé cinq de nos cadres en réserve. Et on a gagné les deux oppositions.”

Une demi-finale large mais sans illusion

Le 74 à 14 en demi-finale contre Puteaux ne doit pas, pour Pascal Barremaecker, bercer d’illusions un groupe qui s’est construit dans le dur : “Les joueurs ont mesuré qu’ils n’avaient pas fait l’exploit, malgré un match sérieux. Ce qui nous attend en finale avec Lons/Bal est d’un autre calibre. C’est le 64, la banlieue de Pau, la passion du rugby. En Régionale, il y a deux gros viviers : l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine ; leurs deux champions s’affrontent. On ne peut pas rêver mieux que de rencontrer les meilleurs.”

Et du challenge, ils en redemandent : “On marchait sur des œufs en commençant l’Occitanie. On reste un club de R3 qui n’a joué que contre des clubs de bastions de R2 : du côté de Lourdes, de Toulouse, la Bigorre. Alors, là, on a encore l’impression de cranter. Le rugby est fait de façon que toutes les compétitions finissent par un titre de champions de France. Chacun joue son Brennus. Villeneuve a quasiment 50 ans sans jamais avoir été champion. On peut, aujourd’hui, rentrer dans la caste des champions de France. Ce n’est pas rien…”

Réponse dimanche, à Roques, en Haute-Garonne.

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