L'UBB triomphe de Toulouse dans un Chaban-Delmas en fusion en quart de finale de Champions Cup
UBB bat Toulouse dans un Chaban-Delmas en fusion en quart de finale

L'UBB renverse Toulouse dans un Chaban-Delmas en ébullition

Ni le stress du début de match, ni la puissance de l'ogre toulousain n'ont réussi à éteindre l'antre de l'Union Bordeaux Bègles. Ce dimanche 12 avril, le stade Chaban-Delmas a vécu une après-midi historique, chavirant complètement dans les vingt dernières minutes d'un quart de finale de Champions Cup épique. Comme au terme d'une finale, l'enceinte bordelaise a pris le temps de se vider, mais pas avant d'avoir vibré d'une intensité rare.

Une ambiance digne des très grands soirs

Il faisait un peu frisquet en ce dimanche, mais vers 18 heures, tout le monde avait finalement bien chaud et une envie irrépressible de rester agglutiné. Peut-être un peu à cause de la bière, sans doute grâce à une victoire qu'on a encore du mal à qualifier, et beaucoup pour remercier les joueurs qui l'ont rendue possible. Face à son plus grand rival toulousain, l'UBB s'est imposée devant des tribunes incandescentes où l'on s'est embrassé, où l'on a posé la tête sur l'épaule du voisin, où l'on s'est regardé les yeux brillants avant de chanter en chœur, inlassablement, que oui, encore une fois, « on est en demi ».

« Un truc de fou », résume Xavier, dont les mots capturent parfaitement ce week-end que tout passionné de rugby attendait fiévreusement, particulièrement les 32 930 supporteurs présents. Ce vieux fan du CABBG, habitué du stade Moga ou du restaurant Chez Vincent à Bègles, n'avait jamais connu « pareille ambiance », jure-t-il avec son ami Nicolas. « Tout à l'heure, je n'y croyais presque plus et puis là, ce qu'ils nous font… Incroyable. »

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Un stade qui n'a jamais cessé de vibrer

Aphone, le stade Chaban-Delmas ne l'aura été qu'à la pause et à deux reprises, sur les essais toulousains. Le reste du temps, l'enceinte bordelaise a oscillé entre de solides encouragements et un vacarme de tous les diables. Une heure et demie avant le premier coup de pied, déjà, l'arrivée des joueurs en bus sur la place David-Johnston offrait une forêt de drapeaux, des serpentins tombant du ciel et des acclamations dignes des très grands soirs. Un quart d'heure avant le coup d'envoi, Chaban chantait continuellement, ne laissant que des miettes aux visiteurs rouge et noir.

Mais individuellement, personne ne fanfaronnait pour autant : c'était quand même Toulouse en face. « Je suis tendue », synthétisait Élodie Richard, présidente des Burdigalais, venue avec 400 comparses massés sous un immense drapeau de six mètres sur quatre. Malgré 24 premières minutes sans aucun point à se mettre sous la dent, Chaban a continué de beugler comme pour évacuer le stress. Les fesses qui se serrent, les jambes qui flageolent, les fans ont terminé le premier acte un peu sur les rotules, avec un Stade Toulousain réduit à quatorze mais devant au score.

Le tournant du match et la magie de la seconde mi-temps

« C'est fort en face », témoignait à la mi-temps Adrien, 35 ans, originaire de Biganos, qui vit l'UBB comme « une bouffée d'oxygène dans la semaine ». « Mais on a une équipe d'enfer et si on refait la deuxième mi-temps du Matmut, quand on leur avait mis trente points, ça devrait le faire… » L'expression la plus courue devant les tireuses à bière pendant la pause est rapidement devenue de l'histoire ancienne au fil d'une seconde mi-temps « complètement magique », selon Xavier.

Il n'y a pas eu trente points, mais « les rentrées de Tameifuna et de Matiu ont été décisives », insiste-t-il. « C'est surtout le rouge en fin de première période qui a été le tournant du match », estime Jean-Christophe, un natif de Béziers installé depuis quinze ans à Bordeaux, devenu fondu de l'Union.

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Une fin de rencontre comme dans un rêve

La fin de ce quart de finale européen, écho peut-être au fameux Girondins-Milan des footballeurs, a fait basculer la vieille enceinte bordelaise dans quelque chose d'exceptionnel. Il y a un peu plus de trente ans, Weah ou Dessailly tombaient à Lescure. Ce dimanche, Dupont et Ramos ont chuté à Chaban. Pendant vingt minutes, il y a eu des « Big Ben » rugissant des tribunes, des louanges sur la combativité ou l'essai du petit Arthur Retière, et des ovations à répétition sur les pénalités marquées du capitaine Lucu.

Une fin de rencontre comme dans un rêve qui aurait pu s'étirer toute la nuit. Certains ont sans doute prolongé leur bonheur à la bodega puis dans des pubs du centre-ville, avec déjà une question en tête : « On va aller à Bilbao, hein ? » Pour Xavier, aucun doute : « Si on se qualifie, je ferai tout pour aller en finale, même à 150 balles la place. » En attendant, l'UBB devra se défaire de Bath, le 3 mai prochain. Ce sera au stade de l'Atlantique, presque toujours à domicile, et cela promet, encore, une belle pagaille.