Le Rugby Club Toulonnais renverse les pronostics en Champions Cup
Toulon renverse les pronostics en Champions Cup

Le Rugby Club Toulonnais renverse les pronostics en Champions Cup

Absents des bons résultats en championnat depuis deux mois, les Varois ont déjoué toutes les prédictions en se qualifiant pour les demi-finales de la Champions Cup. La saison du Rugby Club Toulonnais n'est pas encore réussie, mais elle ne sera pas un énorme échec.

Une qualification inattendue

En décrochant leur qualification pour les demi-finales de la Champions Cup sur le terrain de Glasgow samedi dernier (19-22), une semaine après avoir battu les Stormers et leur contingent de champions du monde sud-africains (28-27), les Varois ont renversé les pronostics de ceux qui leur promettaient une élimination rapide. Cette performance contraste fortement avec leur dynamique catastrophique en championnat.

Le 1er février, en cas de victoire à Pau, le RCT aurait réalisé son meilleur temps de passage à ce stade de la saison depuis 15 ans et entretenu ses ambitions de qualification pour les phases finales. Au lieu de cela, il a enchaîné quatre défaites (dont deux à domicile) et un match nul, glissant à la onzième place du Top 14. Durant cette terrible séquence, son manager hyperactif Pierre Mignoni a été victime d'une décompensation et a pris quelques semaines de recul.

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Un changement de mentalité

Alors que le risque d'une fin de saison en roue libre était réel, les Toulonnais ont profité du changement de compétition pour relever la tête et afficher un autre visage. On les avait quittés amorphes en défense, déconnectés les uns des autres, terriblement maladroits au moment de conclure leurs offensives. On les a retrouvés soudés comme jamais pour tenir leur ligne dans les deux fins de match brûlantes, dont celle à 13 contre 15 contre les Stormers, qui a fait office de déclic.

Esteban Abadie témoignait dans Var Matin : À une décision près en fin de match, ça aurait fait essai accordé et, dans ce cas, on s'apprêtait à vivre des moments hyper difficiles. Ça aurait pu nous enfoncer. Mais la pièce est enfin tombée du bon côté et je pense que ça nous a galvanisés. C'est une histoire de dynamique. Là, on repart sur du bon. Et le rugby reste un sport. Sur un match, tout est possible.

Des performances impressionnantes

Le week-end suivant, chez une équipe qui compose désormais plus de la moitié du XV du Chardon, les Toulonnais ont asséné 227 plaquages, soit 70 de plus que les Bordelais face à Toulouse le lendemain. Pour mener le combat, ils ont pu s'appuyer entre autres sur les internationaux français Jean-Baptiste Gros (dans la lignée de son excellent Tournoi avec les Bleus) et Charles Ollivon. Le troisième ligne s'est jeté comme un mort de faim sur un ballon tombé par les Warriors juste avant la sirène.

En attaque, la lumière est venue de l'ailier Gaël Dréan (doublé) et du centre italien Nacho Brex, auteur d'une percée de 50 mètres. Baptiste Serin glissait : Il faut qu'on reste froid parce qu'il y a deux semaines de ça, on était les plus grosses pipes du championnat, et là on va vouloir nous encenser. On va continuer à travailler, rester humble. Ce qui est énorme, c'est la solidarité. On était dans une phase qui était très compliquée, et la victoire du week-end dernier nous a remis la tête à l'endroit.

Une préparation minutieuse

Toulon a donc gagné là où Toulouse s'était noyé (28-21) en poule avec une équipe très compétitive. En amont du match, le manager rouge et noir Ugo Mola a appelé Pierre Mignoni pour évoquer cet adversaire commun. Échaudé par le cauchemar humide vécu par les Toulousains, Mignoni avait demandé à arroser les terrains d'entraînement toute la semaine. Finalement, pas une goutte n'est tombée sur le Scotstoun Stadium. Il a simplement fallu dompter le vent et les assauts adverses.

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Les défis à venir

La météo s'annonce plus clémente et l'opposition moins relevée à Montauban samedi après-midi. Pour rester dans la course à la sixième place, les Varois ne peuvent pas se permettre de lâcher des points face à une équipe qui a gagné un match sur 24 disputés cette saison. Entre ce déplacement et la réception de Bayonne une semaine plus tard, ils ont l'occasion de se replacer. Ensuite, il sera l'heure de retrouver la scène continentale.

Pour sa première demi-finale de Champions Cup depuis 2015, le RCT se coltinera un autre gros morceau, le Leinster. Sur la pelouse de l'Aviva Stadium de Dublin, il sera outsider. Il est bien placé pour savoir que cela ne présage de rien. Et que personne ne peut exclure sa présence à Bilbao, le 23 mai, pour affronter l'UBB ou Bath.

Des renforts pour la saison prochaine

D'après L'Équipe, le centre international Gaël Fickou (32 ans) va rejoindre le RCT, son club formateur, la saison prochaine. Le Racing 92 le libère de son année de contrat. Par ailleurs, toujours selon le quotidien sportif, Franck Azéma fera son retour comme entraîneur en chef dans le club qu'il avait quitté en 2023. Pierre Mignoni prenant du recul par rapport au terrain comme directeur du rugby.