Rugby : Toulon face à Glasgow, une stratégie claire pour éviter les regrets
Toulon-Glasgow : une stratégie claire pour éviter les regrets

Toulon face à Glasgow : une stratégie claire pour éviter les regrets

Relancés par leur victoire face aux Stormers en huitième de finale de la Champions Cup, les Toulonnais se retrouvent confrontés à une nouvelle montagne ce samedi 11 avril. Les Warriors de Glasgow, leaders de l'URC et deuxième de la phase régulière de la compétition européenne, constituent un défi ô combien compliqué mais tellement excitant pour le Rugby Club Toulonnais.

Des conditions météorologiques extrêmes

Oubliez les t-shirts et les shorts, renfilez les doudounes et les bonnets ! Neuf degrés annoncés au coup d'envoi, deux en ressenti, 30 km/h de vent en continu, des rafales jusqu'à 60 km/h, le tout sous un possible crachin : Toulon est-il arrivé à Glasgow ou s'est-il tout simplement téléporté au cœur du mois de janvier ? À deux doigts de faire penser à ce bon vieux bourbier inaugural d'Édimbourg, sous une pluie battante et sur un synthétique dépassé.

Toujours est-il que, peu importent les conditions, et malgré la pesante grisaille écossaise, cet après-midi, Toulon joue son avenir européen au Scotstoun Stadium. Et peut-être un peu plus, encore. Quasi larguée dans la course au top 6 en Top 14, la bande à Pierre Mignoni s'est offert un sacré bol d'air, samedi dernier à Mayol, en venant à bout des Stormers (28-27) dans une fin de match à couper le souffle.

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Un adversaire redoutable

Sept jours plus tard, la voilà propulsée en quart de finale de la Champions Cup, parmi les huit meilleures équipes du continent. Battu à ce même stade de la compétition l'an dernier par le Stade toulousain à domicile (18-21), ce RCT-là veut prouver qu'il a « appris », à en écouter le champ lexical des troupes.

Mais il faut avouer que la tâche s'annonce des plus ardues. Premier de l'URC (United Rugby Championship, réunissant des sélections de provinces galloises, irlandaises, italiennes, écossaises et sud-africaines), deuxième de la phase régulière de la Champions Cup avec 20 points, Glasgow fait office d'ogre. Moins rassurant, encore ? Les Warriors comptent une seule défaite sur leurs treize derniers matches toutes compétitions confondues.

« Glasgow, c'est un petit peu l'équipe d'Écosse, démarre Pierre Mignoni. C'est l'une des meilleures attaques d'Europe, ils ont des internationaux partout… Ils sont favoris, il faut le dire clairement. »

Une stratégie partagée et comprise

Et il n'est pas question de petite phrase ou de se décharger d'une quelconque pression. Le directeur du rugby du RCT a raison : les Warriors sont favoris. Toujours frustrés par leur défaite sur le gong l'an dernier face à Toulouse, où ils n'avaient « pas respecté ce qu'ils voulaient mettre en place », les Toulonnais veulent renverser la table.

Le plan, ils l'ont. Le staff a travaillé dessus, en accord avec les 23 joueurs sélectionnés. Reste désormais à l'appliquer. « J'ai le sentiment qu'on sait où on va, poursuit Pierre Mignoni. On doit se concentrer sur ce qu'on a décidé de faire et surtout ne pas avoir de regrets… Pas comme l'an dernier. On a une stratégie plutôt claire, assez partagée et comprise. Il faut la mettre en place et surtout être très efficace, parce que les Écossais sont redoutables. »

Comprenez qu'en respectant son plan de jeu, Toulon aura déjà fait une grosse part du boulot. Se faire battre par meilleurs qu'eux, les coéquipiers de Melvyn Jaminet, qui sera essentiel dans l'occupation (encore plus dans ces conditions), ont le droit. Mais ne pas respecter leur plan de jeu, ils ont décidé de se l'interdire. C'est aussi à ça que l'on mesurera si ce RCT-là a réellement grandi.

Les conseils de l'indic Ugo Mola

Ce n'est pas un secret, en plus d'être deux tacticiens reconnus, Pierre Mignoni et Ugo Mola, l'entraîneur du Stade toulousain, s'apprécient particulièrement. Battus 21-28 par Glasgow (alors qu'ils menaient 21-0 à la pause), les Toulousains ont abandonné leur première place en Écosse.

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Alors, cette semaine, les deux amis se sont-ils appelés ? Questionné en conférence de presse sur le sujet, Pierre Mignoni s'est laissé aller à la confidence : « Pour être honnête, je n'ai pas osé lui téléphoner car lui aussi joue un match important. Mais, hier, il m'a appelé. On a un peu discuté de ce qu'on avait prévu pour jouer Glasgow. Il voulait me donner son ressenti, comment eux avaient vécu ce match là-bas. C'était une bonne discussion. »

Et au vu du défi qui attend les Toulonnais, chaque conseil peut compter ! Même si, quoi qu'en dise le staff, certainement pour se détacher d'une possible surpression : le résultat reste vital. Toulon doit retrouver les demi-finales de la compétition reine. C'est son statut, c'est son ambition, et c'est ce qui rend cette rencontre si passionnante à suivre.