Le Top 14 atteint un record historique de recettes malgré un déficit persistant
Ce jeudi matin, l'autorité de régulation du rugby (A2R) et la Ligue nationale de rugby (LNR) ont dévoilé le rapport financier détaillé de la saison 2024/2025 pour le Top 14 et la Pro D2. Les chiffres révèlent une performance économique contrastée pour le championnat de première division, qui a généré des recettes sans précédent tout en continuant à afficher un déficit significatif.
Des recettes en forte croissance sur dix ans
Le Top 14 a enregistré des recettes record de 464 millions d'euros au cours de la saison 2024/2025, ce qui représente une progression remarquable de 6,9% par rapport à l'exercice précédent. Sur une période de dix ans, le chiffre d'affaires cumulé des clubs de l'élite a augmenté de plus de 50%, témoignant d'une dynamique positive à long terme.
Un déficit global en diminution mais toujours préoccupant
Malgré ces recettes impressionnantes, le déficit global du Top 14 s'élève à quasiment 50 millions d'euros. Cependant, ce chiffre marque une amélioration notable par rapport à l'année précédente, où il atteignait 64,5 millions d'euros. La résorption du déficit est donc en cours, mais elle reste lente.
Il est important de noter que trois clubs concentrent à eux seuls les trois quarts de ce déficit cumulé :
- Toulon avec 9,6 millions d'euros de déficit
- Montpellier avec 11 millions d'euros de déficit
- Le Stade Français avec un déficit particulièrement élevé de 16,3 millions d'euros
D'autres clubs comme Castres, Lyon et le Racing 92 ont également terminé la saison dans le rouge. À l'inverse, Perpignan, Clermont et Bayonne se sont approchés de l'équilibre financier avec des déficits inférieurs à un million d'euros.
Cinq clubs affichent des résultats positifs
Seuls cinq clubs du Top 14 ont réussi à dégager un résultat d'exploitation positif :
- Toulouse avec 141 000 euros de bénéfice
- Pau avec 412 000 euros de bénéfice
- Vannes avec 1,4 million d'euros de bénéfice, malgré sa relégation en Pro D2
- Bordeaux-Bègles avec 1,5 million d'euros de bénéfice
- La Rochelle avec 1,8 million d'euros de bénéfice
Les deux derniers, La Rochelle et Bordeaux-Bègles, se distinguent particulièrement grâce à des recettes « matchs » exceptionnelles et des partenariats commerciaux très lucratifs.
Situation difficile en Pro D2
La situation financière est beaucoup plus préoccupante en Pro D2, où sur les seize clubs engagés, seuls deux ont affiché un résultat positif au 30 juin 2025 :
- Provence Rugby avec 43 000 euros de bénéfice
- Aurillac avec 316 000 euros de bénéfice
Tous les autres clubs de la deuxième division ont terminé dans le rouge, avec des déficits particulièrement importants pour :
- Mont-de-Marsan (-238 000 euros)
- Dax (-816 000 euros)
- Agen (-871 000 euros)
- Biarritz (-2,8 millions d'euros)
Au total, le déficit de la Pro D2 s'élève à environ 184 millions d'euros et s'est même creusé de 4,7% par rapport à l'exercice précédent, soulignant les difficultés structurelles de la deuxième division du rugby français.
Ce rapport financier met ainsi en lumière les contrastes saisissants au sein du rugby professionnel français, entre un Top 14 qui génère des recettes record mais peine à atteindre l'équilibre financier, et une Pro D2 confrontée à des défis économiques croissants.



