À 19 ans, Titouan Estanguet vise surtout l’équipe de France U23 en canoë, en kayak et en cross cette fin de semaine à Pau, mais il espère bien se glisser parmi les seniors la semaine prochaine à Vaires, en kayak surtout. Titouan Estanguet, 19 ans, possède un cerveau et une élocution aussi solides que ses bras. Tout est limpide quand le double médaillé de bronze U18 aux Mondiaux 2025 (canoë et kayak) à Foix évoque son sport, sa progression, la voie qu’il entend tracer. Il est lui-même, avec assez de force pour ne plus l’étiqueter « fils de » qui vous savez.
Les sélections visées
Avant les sélections en équipes de France, en kayak cross cette fin de semaine à Pau, puis en C1 et K1 (canoë et kayak slalom) la semaine prochaine à Vaires-sur-Marne, il dévoile ses ambitions, y compris en seniors, face à une rude concurrence où Titouan Castryck surnage en kayak.
Quelles sélections visez-vous cette année ?
Je me suis mis au kayak cross cette année, un peu tardivement. Donc à Pau, je vise une sélection en U23. Je pense que je n’ai pas encore le niveau de jouer avec les meilleurs en senior, je viens aussi pour me frotter aux meilleurs, pour prendre de l’expérience. La semaine suivante à Vaires, je viserai la sélection U23 en kayak et canoë. Je vais essayer de jouer en senior, mais c’est un peu plus dur, quand même, le niveau est plus élevé. Je sais que je peux battre les meilleurs, mais j’ai encore du boulot, ce n’est pas acquis. Je vais donner le maximum, faire mes manches, on verra… Si je suis sélectionné en U23, l’objectif sera bien rempli.
Vous dites « je peux battre les meilleurs » : même en senior ? À combien estimez-vous vos chances cette année ?
Battre les meilleurs, je l’ai déjà fait ici, à Pau. Mais en général, normalement, je suis quand même un peu derrière. Si je suis à mon meilleur niveau… Un pourcentage, c’est difficile à dire. En C1, j’ai été un peu moins bon ces derniers temps, j’ai plus de chance en K1. Je ne sais pas comment mesurer mes chances… Je suis Top 6 Français, je peux battre ceux qui sont devant moi, d’autres derrière peuvent me battre… Il y a deux places à prendre car Titouan Castryck est sélectionné d’office. Disons deux places pour huit… Mais on ne va pas commencer à calculer, on va naviguer, et tout donner.
Progression et préparation mentale
Comment envisagez-vous votre progression pour les prochaines années ? L’an dernier après Foix, vous visiez plus de consistance sur les finales, un meilleur équilibre entre engagement et ne pas partir à la faute…
Avant de penser à gagner, il faut déjà, selon moi, avoir la vitesse pour gagner. C’est de l’engagement, beaucoup de technique. Mais une fois qu’elle est là, il faut la régulariser, c’est ce qui est le plus dur, le plus long. J’ai capté assez jeune des trucs pour aller vite, techniquement je n’ai pas grand-chose à envier aux meilleurs seniors français. Là où je peine, c’est sur la régularité. J’ai du mal à faire les trois-quarts des courses à mon meilleur niveau, parfois je passe à côté. Mais j’ai bien travaillé cette année, par des séances de concrétisation à l’entraînement.
Comment utilisez-vous la préparation mentale ?
J’en ai fait beaucoup il y a un an ou deux, je continue, mais un peu moins. Cela a toujours été à ma demande. C’est un champ hyperlarge, sur la gestion des émotions, la concentration. Et les stratégies de courses, indispensables selon moi pour progresser, selon qu’on est en qualifications, en demi ou en finale.



