Stade Rochelais Basket : une saison réussie malgré une fin amère
Stade Rochelais Basket : saison réussie malgré fin amère

Venue d'en haut mais seulement 13e masse salariale sur 20, La Rochelle a atteint son objectif en finissant 8e et en disputant un play-in. La toute fin sur trois jours reste dommageable mais l'ensemble plutôt réussi. Le vestiaire du Stade Rochelais Basket n'affichera plus le pourcentage de tags de chaque joueur chaque lundi. Bien sûr, vous savez, les tags, où on se métamorphose en pot de colle de son défenseur rival, dans le but de batailler au rebond offensif ou casser la transition. Fini, le gage pour celui qui a les moins bons chiffres. Cela va leur manquer, aux Jaune et Noir, ces petits rituels, la salle (de muscu), la salle (de basket), les déplacements, la vie de groupe. Oh, les vacances, ce n'est pas mal non plus, après 43 matches officiels en 8 mois. D'ailleurs, le roster était en morceaux sur la fin, entre Hergott (plancher orbital), Clerc (jambe), Ford III (cheville)… En trois jours, 19-22 mai, La Rochelle a reçu deux avoinées, à Nantes (107-89) lors du play-in A, contre Châlons-Reims (69-90) lors du play-in C. Ledit play-in qui était l'objectif annoncé en septembre par le président Charles Kloboukoff. Oui, mais ils descendaient de Betclic, non ? Si. Et ont la 13e masse salariale sur 20… Tout dépend d'où on se place, de quoi parle-t-on. À nous, cette volonté de play-in nous semblait « raisonnable+ ».

« Il faut un gagnant et un perdant »

« Je n'ai pas envie de retenir que les derniers matches, j'ai envie de sourire, dit Germain Castano. On finit 4e défense du championnat (79,7 pts), c'est une vraie fierté pour nous, parce qu'on n'est pas l'équipe la plus athlétique de la terre. Ça veut dire que collectivement on était bien placé en défense. C'est bon à prendre, j'en suis content, ce n'était pas prévu dans ce sens-là. J'aurais préféré qu'on soit un peu mieux en attaque (sourire), mais sur la phase retour on l'était quand même un peu [76,8 pts sur la phase aller ; 81,5 pts ensuite, NDLR]. On a une vraie satisfaction à finir 8e. Chapeau aux joueurs ! »

Jérôme Sanchez, le retraité, voit de même plus large que ces 72 dernières heures : « C'est malheureux, après je pense qu'on l'oublie trop souvent mais ça reste un jeu. On vit toutes ces émotions tous ensemble, on a envie de donner tout ce qu'on a pour le public, pour les gens qui bossent pour nous, mais la base du truc, c'est qu'il faut un gagnant et un perdant. Donc voilà le résultat n'est pas celui que je voulais ni celui qu'on voulait, maintenant il s'agit de prendre du recul sur ce qu'on a pu faire et sur cette super saison. »

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« Tu es obligé de te rappeler de ton dernier coach »

Castano de reprendre le ping-pong. « C'est une équipe qui a beaucoup travaillé. Il y a des fois où ça aurait pu partir en sucette, comme quand il y a eu quatre défaites d'affilée en janvier-février. On a eu un retour d'une longue blessure (Babacar Mbye), on a changé un joueur (Jordan Ratton), parfois une équipe c'est sur un fil, ça peut tomber d'un côté ou de l'autre. Donc ça, ça a été bien. Puis sur la gestion des émotions, je trouve qu'on n'a pas été trop mal. On a été très médiocre sur la première partie de saison à l'extérieur (3-7), et plutôt correct sur la deuxième partie (5-4). Le fil rouge c'est qu'on est resté ensemble. »

L'échafaudage est bien installé. Jusqu'au bout, jusqu'à cette fin, ces hommages à Gaëtan Clerc, dont le dernier match avec La Rochelle sera pour toujours celui contre le Scabb (victoire 87-76) vendredi 15 mai, et à Jérôme Sanchez, dont le dernier match en carrière sera pour toujours celui contre Champagne Basket. « Mine de rien, tu es obligé de te rappeler de ton dernier coach (sourire), apprécie, malin, Germain Castano. De tes derniers coéquipiers, de tous les prénoms, de vous, du public, du club… La dernière, tu t'en rappelles tout le temps. »

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Un an après un recrutement ok en dehors de la déconvenue Yannis Allard, il va falloir rebâtir. L'échafaudage est bien installé, le chantier débuté et plus que ça. En revenant sur le tag, l'assistant-coach Lucas Foncel nous expliquait début mars : « J'en suis satisfait sous le prisme défensif. Sous le prisme offensif pas du tout, parce qu'on ne prend pas assez de rebonds off. [9,6 en moyenne au final, 19e du championnat, NDLR]. C'est un axe de réflexion pour la construction de notre future équipe, sur comment on peut la densifier. Sans tout changer, peut-être que sur certains postes de jeu clés, on peut ajouter un peu de volume athlétique. Mais attention, il ne faut pas non plus perdre trop de talent. Quand tu as peu de moyens, c'est difficile d'avoir et des athlètes, et du talent. Il faut répondre à ces questions-là de manière intelligente. » Depuis, Alexis Yetna (poste 5) a été officialisé. Tout comme Josh Bascoe (poste 1), comme révélé par « Sud Ouest ». Le Palois Seydou Ndiaye (poste 3) va suivre, ainsi qu'Andréa Samat (2), qui va passer d'Espoir à pro. Lucas Hergott (poste 3) et Ibrahima Cherif Haidara (poste 4) ont une relève de cadres Clerc-Sanchez à assumer et assurer, ils sont sous contrat tout comme Babacar Mbye (poste 5). Le puzzle est proche d'être rempli : un meneur JFL (Sasha Derradji ?), un arrière et un intérieur américains, et le compte devrait être bon. Pour de nouvelles aventures.