Une intégration réussie des juniors chez les séniors
À Saint-Quentin-la-Poterie, le club de rugby a fait le choix audacieux de confier l'encadrement des juniors et des séniors à un même staff. Les juniors, champions du Gard, s'entraînent toute la saison avec les séniors sous la direction du manager Gérald Slastan. Ce dernier, arrivé en 2025, a proposé un projet de pôle compétition unique cadets-juniors-séniors, visant à créer une culture commune de l'entraînement et de l'effort.
Un langage commun pour tous les joueurs
Gérald Slastan explique : "En prenant l'entraînement des séniors et des juniors, je voulais qu'on parle le même langage." Toute l'année, les séances des séniors ont inclus des juniors. L'objectif est de répondre à une réalité démographique : le club est petit et ne peut se permettre de perdre ses meilleurs éléments. "Je refuse qu'on perde en qualité. Pourquoi hésiter à utiliser ces jeunes qui en ont ?", insiste le technicien. "Si les meilleurs s'en vont, on recommence tout à chaque fois. Pour qu'ils restent, il leur faut des titres et des souvenirs." Avec ce double titre départemental, c'est chose faite.
Une dirigeante témoigne
Pascale Colombaud-Krebs, dirigeante des juniors et maman d'un joueur, salue l'initiative : "Il y a un noyau de huit joueurs qui ont commencé ensemble dans notre école de rugby. Chaque année, pour repousser leur départ, on créait une équipe de plus. Cette année, malgré moins de joueurs, on s'est dit que tant pis, on partait tous seuls. Ils étaient moins de 20 en début de saison, mais au moins, on était nous, avec nos forces."
Préparer l'avenir
Slastan ajoute : "Si on veut qu'un projet soit commun, il doit avoir du sens. En un an, j'ai préparé ces juniors à se surpasser l'an prochain, car ils savent déjà ce que c'est que d'être au service de l'équipe. Nous, staff, savons maintenant qu'ils sont bons et qu'ils travaillent bien. Nous savons aussi comment leur apporter pour passer à la gamme au-dessus." La dirigeante apprécie la progression en douceur : "Les choses sont bien faites par des adultes qui connaissent vraiment nos enfants et avancent avec eux par petites touches."
La fierté d'appartenir au club
Les jeunes développent un fort attachement au club. "La vraie fierté, c'est de les voir partager cette filiation quand ils se cherchent sur les vieilles photos dans le club-house. Ils se sentent liés à leur maillot, à leurs anciens éducateurs. Ils sont chauvins, mais il faut l'être ! Il se dit même qu'ils ont pour projet de se faire tatouer le ballon au nom du club sur les fesses", raconte Pascale Colombaud-Krebs. Saint-Quentin et son manager marquent leurs joueurs, littéralement.



