Violences dans le rugby : Joël Castany prône un travail collectif pour "dégangrainer" le sport
Rugby : Joël Castany veut "dégangrainer" les violences

Violences dans le rugby : un appel à la mobilisation collective

Le président de la Ligue Occitanie de rugby, Joël Castany, a lancé un appel pressant pour "dégangrainer" les comportements violents qui nuisent à l'image de ce sport. Selon lui, il s'agit d'un travail de longue haleine qui doit être mené collectivement avec tous les acteurs du rugby.

Des statistiques en demi-teinte

Si les actes de violence sont majoritairement en baisse chez les seniors au niveau régional, avec une diminution notable du nombre de cartons rouges et d'incidents lors de la saison 2025-2026, cette tendance positive a récemment été ternie par des actes graves. "Malheureusement, ces statistiques viennent d'être ternies par des actes graves, comme ceux commis par des joueurs de l'AS Maureilhan-Montady", concède Joël Castany.

Cette amélioration partielle pourrait s'expliquer par une mesure drastique mise en place : le blocage de la participation d'un club en phase finale du championnat de France à partir de 25 semaines de suspension cumulées pour ses joueurs ou dirigeants. Une décision votée l'année dernière lors de l'assemblée générale qui semble porter ses fruits.

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La situation préoccupante chez les jeunes

Contrairement aux seniors, la violence ne diminue pas chez les jeunes joueurs. "Chez les moins de 16 ans et moins de 19 ans, cela n'a pas baissé, nous avons des chiffres à peu près identiques", révèle le président de la Ligue Occitanie. Le sujet s'est même aggravé ces dernières semaines avec des actes individuels qui conduisent à des sanctions sévères.

Les commissions de discipline, totalement indépendantes, appliquent un barème des sanctions édité par World Rugby. Ce système prend en compte de nombreux facteurs atténuants ou aggravants, comme le passé du joueur ou son "casier judiciaire rugby". "Par exemple, si on a une 'clé d'entrée' de la sanction de quatre matches de suspension, cela peut finir à deux ou à six !", précise Joël Castany.

L'impact néfaste des réseaux sociaux

Le président pointe également du doigt l'influence délétère des réseaux sociaux. "Ils sont à l'origine de gros problèmes. Il y a énormément de dérapages, d'invectives, de menaces, de signalements, de tricheries", déplore-t-il. Ces plateformes impactent inéluctablement la psychologie des joueurs et leur comportement lors des matches, contribuant à créer un climat anxiogène.

Une prise de conscience généralisée

Face à cette situation, Joël Castany assure qu'il existe une absolue prise de conscience parmi les dirigeants et éducateurs des clubs. Cette sensibilisation ne concerne pas seulement la violence physique, mais aussi les problèmes d'addictions, de violence verbale, des débordements du public et des bancs de touche.

"Tout le monde est conscient que nous sommes dans une situation qui demande à être réfléchie, du fait que le rugby, qui est un sport d'affrontement basé sur le combat loyal, subit tout ce système ambiant qui peut dénaturer son fondement", explique le président.

Un travail collaboratif à tous les niveaux

Des efforts concrets sont déployés avec le corps arbitral et les officiels de match. Des réunions régulières rassemblent arbitres, représentants fédéraux, éducateurs et présidents de clubs. Des groupes de travail informels ont même réuni des dizaines d'experts, y compris extérieurs au rugby : médecins, psychologues, représentants de la police et de la justice.

"Nous travaillons avec les préfets, les procureurs. On ne peut pas uniquement réagir. Il faut prévoir... C'est un travail à l'échelle nationale et pas seulement celui des gens élus, de la Ligue, des comités", insiste Joël Castany. La solution viendra d'une prise de conscience collective impliquant toutes les parties prenantes du rugby, y compris les pouvoirs publics.

L'image du rugby en jeu

Ces actes de violence ternissent considérablement l'image du rugby. "On scie la branche sur laquelle nous sommes assis", regrette le président. Les diffusions de violence, les propos injurieux, les attaques et les gestes inappropriés nuisent à la notoriété et au développement de ce sport.

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Joël Castany appelle donc à un changement radical : "Oui, et même si cela doit engendrer, parfois, des pertes d'effectifs ou de personnes. Des gens ne seront pas contents, mais nous nous en moquons, car il faut qu'effectivement cela change". Il faut selon lui "dégangrainer" la situation à tous les niveaux, car des problèmes de violence existent dans toutes les catégories, des tout-petits aux joueurs confirmés.

Cette mobilisation nécessite que tout le monde se mette autour de la table pour avancer sur des solutions qui, reconnaît-il, ne régleront pas grand-chose à court terme. "Il y a un appel à l'aide des responsables du rugby. Cela démontre bien qu'il y a une prise de conscience. Et je ne serai pas le président de l'omerta. Il faut libérer la parole", conclut Joël Castany, déterminé à transformer durablement les mentalités dans le monde du rugby.