Aingirak Euskadi affronte Montauban dans un match décisif de rugby à XIII fauteuil
Ce dimanche 12 avril, le club de rugby à XIII fauteuil Aingirak Euskadi dispute une rencontre capitale face aux Pandas de Montauban. Président du club, Michel Pennella défend avec passion une discipline sportive unique en son genre, où des joueurs valides peuvent se mesurer à des joueurs en situation de handicap sur un même terrain. Cette mixité constitue le cœur même de l'identité de ce sport.
L'inclusivité au cœur du rugby fauteuil
« Pour vous, qu'est-ce qui fait l'inclusivité de ce sport ? » interroge-t-on Michel Pennella. « C'est précisément ce mélange entre des joueurs en situation de handicap et des joueurs valides qui partagent le même espace de jeu. Cela permet à des 'handis' de jouer avec des valides, et réciproquement. Et puis, c'est également un sport entièrement mixte : les femmes jouent aux côtés des hommes sans distinction », explique-t-il avec conviction.
Accessibilité et profils des joueurs
Mais tous les handicaps moteurs permettent-ils de pratiquer ce rugby adapté ? « Tous les handicaps ne le permettent pas, car la partie supérieure du corps est absolument essentielle pour se déplacer et effectuer des passes. Le rugby fauteuil concerne donc majoritairement des personnes touchées aux membres inférieurs », précise le président. Les paraplégiques, par exemple, peuvent tout à fait jouer, car ils conservent la motricité des bras, même avec une force abdominale réduite.
« En réalité, tant qu'une personne peut se déplacer avec un fauteuil, elle peut participer, même avec des limitations importantes. Certains joueurs n'ont plus de mains, par exemple, et avancent avec leurs moignons », ajoute-t-il. Au rugby à XIII fauteuil, le plaquage est symbolisé par l'arrachage d'un flag situé sur l'épaule de l'adversaire, ce qui adapte les contacts à la pratique en fauteuil.
Pourquoi des valides rejoignent-ils ce sport ?
Michel Pennella souligne que de nombreux joueurs valides découvrent cette discipline par différentes voies. « Certains, comme mon fils, pratiquaient le rugby valide mais ont dû arrêter à cause de blessures. Il est venu essayer le rugby fauteuil parce que je le pratiquais, cela lui a plu, il est resté, et il a même évolué au plus haut niveau. Aujourd'hui, il fait partie de l'équipe de France », raconte-t-il avec fierté. Thomas Duhalde, joueur valide d'Aingirak depuis onze ans et international français, confirme avoir été séduit par cette mixité, notamment en jouant aux côtés de son beau-frère paraplégique.
Histoire et développement du club Aingirak Euskadi
Le club est né en 2011, à partir d'un groupe d'amis en situation de handicap qui pratiquaient initialement le basket fauteuil. « La rencontre avec un joueur venu de Vichy a donné l'impulsion nécessaire pour créer une équipe de rugby fauteuil, en lien avec la forte culture rugby de notre territoire », relate Michel Pennella. Aujourd'hui, Aingirak Euskadi évolue en Élite 1, l'équivalent du Top 14 chez les valides, preuve de son excellence sportive.
En matière de recrutement, le club mise sur une stratégie proactive. « Nous essayons de médiatiser le plus possible, notamment via les réseaux sociaux. Nous nous déplaçons également dans les centres de loisirs, de rééducation ou les écoles. L'idée est de faire essayer : en général, dès que les gens prennent du plaisir, ils ont envie de rester. Et puis, il fonctionne beaucoup par bouche-à-oreille », détaille le président.
Les défis à relever pour l'avenir
Malgré son succès, le club rencontre plusieurs freins à son développement. « Il y a d'abord l'encadrement : nous manquons de coachs ou de préparateurs spécifiquement formés au rugby à XIII fauteuil. Cela permettrait d'apporter plus de connaissances techniques et de structurer davantage l'équipe », constate Michel Pennella.
« Mais il y a aussi l'aspect financier. Depuis la pandémie de Covid, nous avons plus de difficultés à trouver des sponsors et les montants engagés ont diminué. Une saison coûte entre 15 000 et 20 000 euros, entre les déplacements et le matériel. Nous nous battons pour continuer, mais nous restons en dessous de ce que nous devrions percevoir », déplore-t-il.
Un dernier rendez-vous crucial avant les phases finales
Aingirak Euskadi reçoit Montauban ce dimanche 12 avril à 15 heures, dans la salle Lauga, pour conclure la phase régulière d'Élite 1. Relancé par une victoire serrée à Toulouse (60-61), le club basque peut encore viser le podium face à l'un des cadors du championnat. À plus long terme, Michel Pennella nourrit l'ambition de voir son équipe franchir un cap décisif et « remporter un titre de champion de France », couronnant ainsi des années d'engagement pour ce sport inclusif et exigeant.



