Obsèques d'André Boniface : le rugby rend hommage à une légende du French flair
Obsèques d'André Boniface : hommage du rugby à une légende

Obsèques d'André Boniface : le rugby unifié pour saluer une légende éternelle

Le lundi 15 avril 2024, une foule impressionnante s'est rassemblée à Montfort-en-Chalosse, dans les Landes, pour célébrer les obsèques d'André Boniface, décédé une semaine plus tôt à l'âge de 89 ans. Plus de 500 personnes ont pris d'assaut la petite église fortifiée Saint-Pierre, témoignant de l'immense respect porté à cette icône du rugby français.

Un dernier voyage au son de Verdi

André Boniface, le centre aux 48 sélections en équipe de France, élevé au rang de légende du French flair, avait pour habitude d'écouter l'opéra Nabucco de Verdi avant chaque match à domicile avec le Stade Montois. Il fermait alors les yeux pour rêver d'un jeu de passes infini. C'est précisément au son de cette œuvre et sous les applaudissements qu'il a entamé son ultime voyage, lors d'une cérémonie empreinte d'émotion.

Porté par des membres de l'actuel staff de son club de toujours, vêtus d'un maillot jaune et noir vintage, son cercueil a été conduit vers le caveau familial. Il y repose désormais aux côtés de son frère Guy, décédé tragiquement le 1er janvier 1968 des suites d'un accident de la route. Une blessure jamais refermée, qu'André Boniface avait longuement évoquée dans son livre Nous étions si heureux.

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Le monde du rugby réuni en masse

Malgré un temps maussade masquant la chaîne des Pyrénées, le monde du rugby s'est déplacé en nombre pour rendre un hommage lumineux à l'insoumis. Avant la cérémonie, les illustres anciens proches du défunt se sont retrouvés aux Tauzins, son adresse habituelle. Autour de son fils spirituel Patrick Nadal, une pléiade de grands noms a partagé un déjeuner : Serge Blanco, Pierre Albaladejo, Claude Dourthe, Laurent Pardo, Jo Maso, Jean-Louis Bérot, François Sangalli, Thomas Castaignède, Christian Darrouy, Pierre Berbizier, Philippe Sella, Olivier Roumat, Philippe Dintrans, Raphaël Ibañez, Laurent Rodriguez et Rémi Talès.

La Fédération française de rugby était représentée par son vice-président Abdelatif Benazzi, tandis que le monde professionnel a également répondu présent. Les joueurs du Stade Montois ont formé une haie d'honneur dans la cour de l'église, et des présidents de clubs comme René Bouscatel (LNR), Didier Lacroix (Stade Toulousain) et Jacky Lorenzetti (Racing 92) ont fait le déplacement.

Une lumière dans la tristesse

Jean Glavany, ancien ministre de l'Agriculture et ami proche, a prononcé un discours touchant, souvent rattrapé par l'émotion. Il a rappelé qu'André Boniface aurait pu compter bien plus de sélections si les gros par-dessus de la fédération ne l'avaient pas pris en grippe. Mais c'est en évoquant la réunion dans la mort d'André et de Guy que l'émotion a atteint son paroxysme.

Il y a beaucoup de tristesse dans cette église. Pourtant, il y a aussi une petite lumière, a déclaré Jean Glavany. Tu vas enfin pouvoir cicatriser cette blessure qui saigne depuis tant d'années. Et nous, on se dira qu'ils ont retrouvé le temps où ils étaient si heureux. Cette philosophie de vie, résumée sur les t-shirts des joueurs du Stade Montois frappés du numéro 12 – L'esthétique ne nuit pas à l'efficacité – continue d'inspirer les générations.

André Boniface, par son talent et son esprit, a réalisé l'union du rugby français autour d'une idée simple mais profonde : lever la tête pour jouer beau et gagner. Son héritage, porté par ces hommages unanimes, demeure vivant dans le cœur des amoureux du ballon ovale.

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