L'US Cagnes, un géant du tir sportif confronté aux idées reçues
Avec ses 600 adhérents, l'US Cagnes se positionne comme l'un des plus importants clubs de tir des Alpes-Maritimes. Pourtant, malgré cette assise solide et des résultats probants, l'établissement peine à se défaire d'un déficit d'image persistant auprès du grand public. Les stéréotypes associés aux armes à feu, souvent perçues comme des symboles de violence ou de délinquance, continuent de coller à la peau de cette discipline.
Une école de vie et de concentration
Ludovic Chuniaud, président du club depuis trois ans, déplore ces mentalités figées. Pour lui, le tir sportif est avant tout une école de concentration, une discipline formatrice, notamment pour la jeunesse. « Nos jeunes adhérents obtiennent d'excellents résultats scolaires, certains décrochent même des mentions au Bac. Leurs parents nous confirment que le tir a été un élément déclencheur dans leur développement », souligne-t-il. Cette pratique favorise la patience, la gestion des émotions et une progression personnelle.
Une ambiance conviviale et bienveillante
En poussant la porte du club, situé chemin des Campanettes à Cagnes-sur-Mer, on découvre une réalité bien éloignée des clichés. L'ambiance y est calme, presque méditative, seulement troublée par le bruit étouffé des coups de feu. Le respect des règles, notamment en matière de sécurité, y est primordial, tout comme la culture de la bienveillance. « J'ai voulu instaurer cette convivialité. Entre deux tirs, il y a de l'échange, de l'humain. Peut-être qu'en nous ouvrant davantage à la compétition, nous aurions perdu un peu de cette essence », explique Ludovic Chuniaud.
Des succès et des défis à relever
Sous sa présidence, le club a quasiment doublé ses effectifs et multiplié par deux son chiffre d'affaires, tout en entreprenant d'importants travaux. Une politique active a été menée pour ouvrir la discipline aux femmes et renforcer la formation des jeunes, dont dix-huit pratiquent en compétition cette année, encadrés par des passionnés diplômés. Cependant, des obstacles subsistent, comme le coût élevé de l'équipement, un pistolet de compétition pouvant atteindre près de 2 000 euros.
Des perspectives d'avenir ambitieuses
Ludovic Chuniaud, qui prévoit de passer la main en 2027, vise à ajouter cinq pas de tir aux vingt-cinq existants. Pour une expansion plus significative, un déménagement vers des installations indoor serait nécessaire, mais cela représenterait un investissement d'environ 10 millions d'euros. Malgré le titre olympique remporté par l'Antibois Jean Quiquampoix en 2021, le tir sportif peine à sortir de l'impasse médiatique. « Ça va encore prendre du temps », admet le président.
Des talents prometteurs à l'honneur
L'US Cagnes compte des jeunes au talent prometteur, comme Jenny Schneider, qui a établi un nouveau record de ligue à la carabine avec 377,8 points aux Régionaux, et sa sœur Lou. Toutes deux se sont qualifiées pour les championnats de France à Béziers, du 14 au 18 mai, démontrant le dynamisme et le potentiel de ce club engagé à briser les préjugés.



