Luka Véa, le pilier droit du BO, face à un défi crucial contre Nevers
Le pilier droit Luka Véa a débarqué à Aguilera comme joker médical, seulement deux mois après le dépôt de bilan de son ancien club, Tarbes. Cette arrivée survient également deux saisons après une pathologie grave qui l'a tenu éloigné des terrains pendant vingt-huit longs mois. L'enjeu est double et particulièrement pressant : maintenir le Biarritz Olympique en Pro D2 et relancer sa propre carrière, dans un parcours qui ressemble à une éternelle revanche.
Un match capital pour le maintien
Ce vendredi, face à Nevers, Luka Véa va effectuer sa première apparition sous les couleurs du Biarritz Olympique. Il s'agit d'un match de la peur contre l'USON, où le BO n'aura absolument pas le droit de perdre, face à un concurrent direct pour le maintien, à seulement cinq journées de la fin du championnat. Une pression immense pour un joueur arrivé à Aguilera il y a à peine dix jours ? « Un soulagement », répond simplement le pilier droit.
Ses derniers mois ont été extrêmement mouvementés, tout comme ses dernières années. Le lien avec Biarritz s'est créé dans l'urgence la plus totale. Le club basque recherchait activement un joker médical pour pallier la nouvelle blessure d'Hugo Pirlet, touché à un pectoral. Un poste de pilier droit toujours plus sinistré au BO, où Quentin Samaran fait défaut et où Solomone Tukuafu est en difficulté physique.
Une carrière marquée par l'adversité
L'appel de Boris Bouhraoua à Luka Véa est tombé à pic pour le Wallisien. Il venait juste d'apprendre, en même temps que ses coéquipiers, le dépôt de bilan de son Stado Tarbes. Il fallait retrouver un club rapidement. « Du jour au lendemain, c'est chaud d'être à la rue comme ça », confie l'ancien joueur de Pau.
Mais ce n'est pas sa première désillusion. Avant de tenter une relance en Bigorre, Luka Véa a connu « presque deux ans out ». La faute à un syndrome des loges dans les mollets, une pathologie qui signifie une augmentation dangereuse de la pression dans les muscles et les vaisseaux sanguins. Un coup d'arrêt brutal pour cet Espoir de la Section Paloise, qui était passé par l'équipe de France des moins de 18 ans. « C'est un gamin qui avait un fort potentiel jeune », constate Jérôme Filitoga, l'entraîneur des avants biarrots.
Des attentes précises et un défi physique
Wallisien comme Luc Ignace (son vrai prénom) Véa, le coach de la mêlée est, avec Filimo Taofifenua et Ilian Perraux, parmi les figures rassurantes pour ce pilier de 23 ans, décrit comme grand timide et taiseux. C'est précisément en mêlée que le garçon est particulièrement attendu, un secteur où le BO fluctue dans le bas, voire le très bas du classement.
« Quel type de joueur est Luka ? Un joueur de mêlée ! Avec un gros gabarit, qui a du poids », répond du tac au tac Jérôme Filitoga. Et d'ajouter avec un sourire : « Mais c'est un îlien, il a quelques skills, il sait faire des passes, bouger. » Le pilier droit n'a connu que la Nationale depuis une apparition en Challenge Cup avec Pau, en avril 2022. « Si on peut jouer quelques ballons, on va essayer. C'est toujours le petit plus », glisse l'intéressé.
Pour lui, les consignes seront simplifiées au maximum, étant donné le peu de temps pour absorber toutes les annonces. « On ne va pas lui demander de connaître le plan de jeu par cœur, confirme Rémi Bourdeau. C'est un beau bébé, ça a l'air d'être un très bon gars. On va surtout lui demander de l'engagement, et je suis sûr qu'il va répondre présent. »
La question de la condition physique
L'interrogation majeure qui demeure est celle de sa condition physique, après plus de deux mois sans jouer (son dernier match remontant au 23 janvier contre Bourg-en-Bresse). Le droitier dépasse sans doute son poids de forme, habituellement indiqué à 125 kilos. « Secret professionnel », plaisante-t-il. « Mais c'est vrai que quand on ne joue pas, ça monte vite. »
L'ancien Tarbais se met aussi une pression considérable quant au niveau qui l'attend. Il n'a connu que la Nationale depuis cette apparition en Challenge Cup avec Pau… en avril 2022. Le calendrier fait que ses débuts vont se faire avec un test grandeur nature. Le délai de validation de sa licence par l'A2R était trop juste pour que Luka Véa prenne part au match à Oyonnax. Il était quand même du déplacement pour se familiariser avec le groupe.
À lui maintenant de faire de même avec la Pro D2 et Aguilera. Avec peut-être au bout du chemin la fin d'un véritable chemin de croix. Presque plus stressé que son nouveau poulain, Ilian Perraux en salive d'avance : « J'adore les histoires comme ça. »



