Le talonneur argentin de Pau révèle son adaptation au Top 14 avant le derby face à Bayonne
Le talonneur argentin de Pau parle adaptation avant Bayonne-Pau

Le talonneur argentin de Pau révèle son adaptation au Top 14 avant le derby face à Bayonne

Avant même de poser le pied à Pau, le centurion des Pumas avait tout étudié : langue, culture et stratégie de jeu. Cette préparation minutieuse distingue les bons joueurs des grands, à l'aube du premier Bayonne-Pau (samedi, 16h30) qu'il disputera avec la Section Paloise.

Premières impressions sur le championnat français

Après plusieurs allers-retours avec l'équipe nationale argentine et six journées de Top 14, le talonneur livre son analyse : « C'est un championnat très compétitif, avec d'excellents joueurs et une grande physicalité. Moins structuré qu'en Angleterre peut-être, mais riche en facteurs X et en talents. La culture rugby en France est géniale, même si les aspects techniques comme la mêlée, les mauls et la touche sont particulièrement exigeants. On se sent constamment testé. »

Un plaisir différent de la Premiership anglaise

Interrogé sur son plaisir de jeu comparé à son expérience anglaise, il nuance : « C'est différent. Pour moi, le plaisir réside d'abord dans le jeu et la priorité donnée à l'équipe sur l'individu. Faire partie de quelque chose de plus grand que soi est gratifiant. Nous avons commencé le rugby par passion enfant, et aujourd'hui nous sommes des privilégiés à en vivre. Il faut garder en tête que nous jouons pour la région, le club, le maillot et ceux qui l'ont porté avant nous. »

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Le choix de Pau et l'intégration béarnaise

Son arrivée à Pau s'explique par des liens historiques : « Pau entretient une belle histoire avec les Argentins. Je suis très ami avec Nacho Calles, qui y a joué neuf ans et m'a beaucoup parlé du club. Je suivais déjà la Section et son projet, j'avais envie d'en faire partie. » Devenu père pour la deuxième fois en Béarn, il s'adapte progressivement : « Mon fils est né ici, c'est sûr. L'adaptation demande du temps quand on arrive dans un pays inconnu sans maîtriser la langue, mais je me sens de mieux en mieux. Cette ville vit le rugby magnifiquement, je suis très heureux de mon choix. »

Une quête de nouveaux défis

Après cinq années heureuses à Leicester, dont trois comme capitaine et un titre de champion, il cherchait un changement radical : « Pour grandir, il faut se lancer de nouveaux défis. Je voulais me tester, progresser et devenir meilleur. La découverte du Top 14, les jeunes joueurs présents... tout cela m'attirait. Sortir de sa zone de confort n'est pas facile, mais on apprend. Même si cela arrive un peu tard, je me sens en condition physique optimale. »

Méthodes de préparation et adaptation culturelle

Toujours accompagné de son carnet personnel, il en révèle l'utilité : « J'y note toutes sortes de choses pendant la semaine, des points personnels que je relis dans le bus avant le match. Cela m'aide à me préparer, revoir mon travail et identifier les enjeux de la rencontre. » Son approche de l'adaptation est claire : « L'important est de s'adapter à la culture qu'on rencontre, pas l'inverse. Je suis venu jouer pour Pau, c'est ma responsabilité de comprendre le système de jeu et de parler la langue du mieux possible. Je n'ai pas honte de mes erreurs ni de poser des questions. »

Arrivé en cours de saison après le Rugby Championship, il a dû accélérer son intégration : « Au début, j'arrivais le premier au club pour tout assimiler. Avant de venir, j'avais demandé les plans de jeu et systèmes, mais la réalité linguistique était différente. La pression venait surtout de moi-même, car je voulais être à la hauteur. »

Gestion physique et perspective d'avenir

À 32 ans, après 45 matchs depuis le début de la saison dernière, il gère son physique avec rigueur : « Ce calendrier est la réalité des internationaux argentins. Plutôt que de chercher des excuses, je cherche des solutions. La récupération, le sommeil, l'alimentation et l'étude du jeu sont cruciaux, d'autant plus avec l'expérience. Le jour où j'arrêterai, je regretterai sûrement de ne pas pouvoir continuer. »

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Le derby contre Bayonne et les ambitions

Pour son premier Bayonne-Pau, il mesure l'enjeu : « C'est un classique, un match génial à vivre. Je me renseigne sur son histoire pour comprendre ce qu'il représente. » Concernant la fin de saison, il reste pragmatique : « Dans un monde idéal, je vois d'abord un bon match ce week-end et une victoire. Puis on prépare le suivant. Se projeter trop loin fait négliger le présent. L'essentiel est d'être meilleur demain qu'aujourd'hui, et d'avancer ainsi. »