Lacanau Carpe Fishing : un enduro exigeant couronné par une carpe de 14 kg
Pendant trois jours et trois nuits, 21 équipes venues de toute la France ont traqué la carpe sans relâche sur les rives du lac de Lacanau, en Gironde. Cette nouvelle édition du Lacanau Carpe Fishing, un enduro de pêche à la carpe organisé par l'Association de pêche de Lacanau, a offert un spectacle d'endurance et de technicité en pleine nature.
Une compétition aventureuse et technique
Du vendredi au lundi midi, les participants ont vécu au rythme d'une discipline exigeante, mêlant immersion totale et savoir-faire. « On pêche jour et nuit », résume Ludovic Einhorn, responsable de la section carpe de l'association organisatrice. Installés en binômes sur des postes répartis autour du lac, les pêcheurs ont dû composer avec un environnement parfois difficile d'accès.
Certains secteurs, en lisière de forêt, ne sont accessibles qu'en bateau, renforçant le caractère aventureux de la compétition. Au total, une dizaine de postes de nuit sont recensés sur le lac, permettant aux équipes de se répartir sur l'ensemble du plan d'eau, occupant des rives parfois très isolées.
Des prises rares mais une performance remarquable
Malgré l'engouement – l'événement affiche complet chaque année –, les prises ont été rares lors de cette édition. Seuls quatre poissons ont été capturés. La plus belle prise, une carpe de 14 kg, a été ferrée le premier jour par un duo venu de Dordogne. Une performance honorable, même si le lac de Lacanau a déjà livré des spécimens bien plus imposants, jusqu'à 23 kg.
Le podium complet de cette édition :
- Anthony Estrade et Julien Chauchade : carpe de 14 kg
- Jérémy Planson et Bruno Cottier : carpe de 13,6 kg
- Laurent Castets et Samuel Sayes : carpe de 10 kg
Une pêche spécifique et respectueuse
Car ici, la pêche ne s'improvise pas. « C'est une pêche très spécifique », insiste l'organisateur. Les participants doivent être équipés de bateaux, de moteurs thermiques et d'échosondeurs pour espérer localiser des poissons particulièrement mobiles. La pratique se fait exclusivement en « no kill » : les carpes, capturées à l'aide d'appâts et de montages adaptés, sont systématiquement remises à l'eau après avoir été décrochées avec précaution.
Le lac, peu profond et envahi d'herbiers, notamment des plantes invasives en forte progression, complique encore la tâche. « Les carpes bougent beaucoup et se cachent dans les herbes. Il faut vraiment bien connaître le milieu », précise-t-il.
Un lac réputé poissonneux
Autre particularité, les poissons se tiennent majoritairement en bordure. « Toute l'alimentation tombe sur les rives », explique-t-il, ce qui oblige les pêcheurs à travailler précisément ces zones, parfois jusqu'à plusieurs centaines de mètres du bord.
Réputé comme l'un des lacs les plus poissonneux du secteur, avec ceux de Carcans-Hourtin et de Cazaux, le plan d'eau de Lacanau attire des passionnés de toute la région, mais aussi d'ailleurs. Une dynamique portée par l'association locale, qui revendique près de 2 200 adhérents, faisant d'elle la plus importante de Gironde.
Une expérience immersive et préservée
Au-delà de la performance, c'est aussi l'expérience qui séduit. « C'est un mélange d'aventure et de pêche », poursuit Ludovic Einhorn. Entre nuits au bord de l'eau, silence absolu et observation de la faune, les participants viennent chercher un moment hors du temps, loin de toute agitation, dans un environnement préservé.
Les pêcheurs évoluent dans un cadre naturel exceptionnel, profitant d'une immersion totale dans la nature girondine. Au-delà de cet enduro, les bénévoles de l'association multiplient les initiatives pour faire vivre la pêche et transmettre leur passion, notamment auprès des plus jeunes. Preuve que, sur les berges du lac, la carpe n'a pas fini de mordre.
Opérations de sauvetage des poissons dans les marais
La Fédération de pêche de la Gironde et le Siaebvelg, en lien avec l'AAPPMA Lacanau Gaule Canaulaise, ont mené l'été dernier plusieurs opérations de sauvetage de poissons sur les lacs médocains, entre fin juillet et début septembre.
En cause : les épisodes de canicule, mais aussi une situation bien particulière. Lors de variations de niveaux d'eau, certains poissons quittent le lac pour rejoindre les marais environnants. Avec la baisse des eaux et les fortes chaleurs, ils se retrouvent alors piégés dans des zones isolées, pauvres en oxygène.
Face à ce risque, les équipes sont intervenues pour capturer ces poissons et les transférer vers des secteurs plus favorables. Au total, plus de 300 individus ont ainsi été sauvés et déplacés entre Hourtin-Carcans et Lacanau.
Parmi eux, 230 brochets, représentant environ 120 kg, avec des tailles comprises entre 20 et 80 cm. D'autres espèces étaient également concernées, comme des perches, tanches, anguilles, brèmes et rotengles. Ces opérations visent à préserver les populations en les réintroduisant dans des habitats adaptés, afin de leur permettre de poursuivre leur croissance dans de bonnes conditions malgré les contraintes climatiques.



