La Rochelle met fin à sa série noire avec une victoire méritée
Contrairement à l'énergie défaillante observée ces dernières semaines, les Jaune et Noir ont fait la différence avec une rapidité supérieure en fin de rencontre, ce samedi face à la Section Paloise (20-6). Cette victoire tant attendue intervient après une période difficile pour le club rochelais, qui n'avait plus gagné à Marcel-Deflandre depuis le 4 janvier.
Reda Wardi veut laisser une bonne image avant son départ
« Il ne me reste pas longtemps dans le club, j'ai envie de très bien finir, de laisser une bonne image », a déclaré Reda Wardi, le futur Montpelliérain qui a mis beaucoup d'intensité pour lancer son équipe sur la voie du succès. Le pilier gauche international a été déterminant dans cette renaissance rochelaise.
Sébastien Boboul, chargé de l'attaque maritime, a complété : « C'est bizarre mais on avait un peu de pression chez nous, avec toutes nos défaites à domicile (quatre, dont les trois derniers matchs) ». Cette pression ne s'est pourtant pas véritablement ressentie lors d'un choc initialement verrouillé, jusqu'à ce que les accélérations jaune et noir fassent finalement la différence.
Trois séquences décisives impriment la rétine
Pour reprendre l'idée de l'image chère à Reda Wardi, trois séquences ont marqué les esprits face à une équipe paloise réputée pour sa vitesse :
- À la 58e minute, sur une attaque béarnaise au large, Adrien Séguret, Davit Niniashvili et Nolann Le Garrec attrapent Théo Attissogbe sur l'extérieur.
- Sur l'autre aile, Semi Lagivala et Andy Timo montent rapidement, permettant à ce dernier – 3e ligne champion olympique de rugby à 7 et joker médical prêté par Paris le 9 mars – de gratter le ballon.
- Une touche sauvée par Niniashvili et transformée, via une folle accélération sur 50 mètres, en pénalité capitale (13-6, 68e minute).
Deux minutes plus tard, une touche volée par Timo est convertie très rapidement en essai grâce aux jambes de Lagivala, Niniashvili, Antoine Hastoy et Jack Nowell (20-6, 70e). La capacité de nettoyer les ballons dans les rucks et, à l'inverse, celle de ralentir ceux des Vert et Blanc ont complété ce début de dynamique positive.
La vitesse fait la différence selon Hastoy
Antoine Hastoy a souligné l'importance de la vitesse : « La vitesse fait la différence au niveau international ou en Top 14. On a une grosse marge de progression là-dessus, aussi. Physiquement, il y a du mieux, mais je n'ai pas envie de m'enflammer après deux victoires, j'ai envie que ça continue ».
Reda Wardi a ajouté : « On le bosse pas mal à l'entraînement, dans des conditions un peu plus difficiles qu'en match. Si on perd, on aura moins de chances de se qualifier, peut-être que ça permet d'avoir cette agressivité ».
Andy Timo impressionne ses nouveaux coéquipiers
La vigueur nouvelle ressentie samedi n'est pas étrangère à l'arrivée d'Andy Timo. Loin du groupe réduit contraint d'enchaîner les matchs, les Rochelais, renforcés par des retours, ont montré un autre visage, notamment grâce au très véloce Timo, âgé de 21 ans.
« Je ne le connaissais pas, je suis très agréablement surpris », a salué Reda Wardi. « Il apporte beaucoup d'énergie, de sourire, c'est top. C'est peut-être l'esprit sevens ».
Antoine Hastoy a appuyé : « Athlétiquement, il est assez impressionnant (1,92 m pour 95 kg). C'est un profil qu'on n'a pas tellement devant ».
Jack Nowell a complété : « C'est une bonne affaire. Vous avez vu à quel point il est bon sur tout le terrain, avec ses appuis qui viennent du 7... ».
Reste maintenant à Andy Timo de gommer une image de dilettante qui, malgré son potentiel, lui a valu de ne disputer que 14 matchs avec le Stade Français depuis son titre de champion du monde U20 décroché en 2023. Ses séances, qualifiées d'« exceptionnelles » par Ronan O'Gara, sont prometteuses, tout comme ce premier match avec La Rochelle.
Sébastien Boboul a validé : « Il ne compte pas ses efforts, avec ou sans le ballon, il est tout le temps en mouvement. Cette énergie fait du bien ».



