Un début de Tournoi des Six Nations réussi pour les Bleues
Le XV de France féminin a parfaitement lancé sa campagne dans le Tournoi des Six Nations ce samedi au stade des Alpes de Grenoble, en s'imposant largement face à l'Italie sur le score de 40 à 7. Les Françaises ont marqué six essais contre un seul pour leurs adversaires, offrant ainsi un spectacle convaincant malgré des débuts laborieux.
Une première période en demi-teinte
La rencontre a débuté de manière plutôt brouillonne pour les Bleues, qui ont mis du temps à trouver leur rythme. Les Italiennes ont même réussi à monopoliser le ballon pendant les dix premières minutes, mettant en difficulté une équipe de France visiblement en rodage. Les fautes techniques se sont multipliées : passes manquées, plongeons inutiles dans les regroupements et excès de précipitation ont caractérisé cette première demi-heure de jeu.
Plusieurs occasions ont été gaspillées, dont un essai de Joanna Grisez annulé à la trentième minute et une pénaltouche mal exploitée à la 35e. Il a fallu attendre la 21e minute pour voir les Bleues ouvrir le score, grâce à l'ailière catalane de Clermont Anaïs Grando, sur une passe décisive de l'arrière toulousaine Pauline Barrat, qui portait elle aussi le maillot bleu pour la première fois.
Le pari réussi de François Ratier
Le nouveau sélectionneur François Ratier, successeur du duo Gaëlle Mignot - David Ortiz, avait opéré un important renouvellement dans l'effectif. Trois joueuses débutaient avec zéro sélection au coup d'envoi, et six novices figuraient au total sur la feuille de match. Ce pari audacieux s'est révélé payant, notamment grâce à des performances remarquables comme celle de la talonneuse clermontoise Mathilde Lazarko, auteur de 14 plaquages lors des trente premières minutes.
Ratier, ancien manager du Stade bordelais et ex-sélectionneur des Canadiennes qu'il avait menées en finale du Mondial 2014, avait annoncé ses ambitions avant le match : « On veut être capables de jouer 80 minutes et de les martyriser devant ». Si la première mi-temps n'a pas totalement répondu à ces attentes, la seconde a montré une nette amélioration.
Un festival d'essais en seconde période
Après le retour des vestiaires, les Bleues ont radicalement changé de visage. L'ouvreuse Carla Arbez a inscrit le deuxième essai français à la 44e minute, mais c'est paradoxalement la sortie sur blessure de Joanna Grisez à la 47e qui semble avoir débloqué l'équipe.
Le pack français a alors pris le dessus, marquant deux essais d'avants consécutifs. Le premier a été initié par un cadrage-débordement d'Assia Khalfaoui et conclu par Yllana Brosseau à la 54e minute. Le second, à la 60e, a vu Khalfaoui conclure elle-même après une pénaltouche bien exécutée, offrant ainsi le bonus offensif à son équipe.
Les dernières minutes ont été marquées par les essais de l'ailière toulousaine Léa Murie à la 70e minute, puis de sa partenaire Pauline Barrat à la 75e, donnant au score une ampleur peut-être excessive au regard de l'ensemble de la rencontre.
Une défense solide et un système assimilé
Si les combinaisons offensives restent perfectibles, le système défensif « Vauban » mis en place par Ratier - en hommage à l'architecte militaire de Louis XIV - a parfaitement fonctionné. Les Bleues n'ont laissé aucun espace aux attaquantes italiennes, compensant ainsi leurs approximations en attaque.
Cette large victoire permet au XV de France féminin d'engranger de la confiance après la décevante quatrième place lors de la Coupe du monde 2025 en Angleterre. Les Bleues affronteront désormais le pays de Galles dans une semaine au Principality Stadium de Cardiff, avant de recevoir l'Irlande à Clermont-Ferrand le 25 avril.



