Le Festival des sports extrêmes (FISE) célèbre cette année sa 29e édition à Montpellier, un événement qui a su résister aux difficultés rencontrées par de nombreux grands rassemblements en France. Alors que la nouvelle édition débute le mercredi 13 mai sur les Rives du Lez, le fondateur Hervé André-Benoît revient sur les défis et les ambitions du festival, tant au niveau local qu'international.
Un modèle économique repensé
Le FISE a dû s'adapter à un contexte difficile. En 2024, le festival est passé d'un modèle gratuit à un modèle payant, une décision prise avec regret. Malgré tout, les organisateurs s'efforcent de maintenir des tarifs abordables et conservent une zone gratuite place de la mairie. Sur les dix dernières années, les subventions des collectivités sont restées stables, mais les coûts ont augmenté de 40 %. Depuis la pandémie de Covid-19, les grands sponsors s'engagent moins, ce qui a rendu nécessaire la billetterie. En 2026, la structure financière du FISE repose à 30 % sur la billetterie et les consommations sur site, à 40 % sur le sponsoring et à 30 % sur les subventions.
L'impact des Jeux Olympiques
L'intégration de plusieurs disciplines du FISE dans le programme olympique a donné un nouvel élan au festival. « Le tampon olympique a fait sauter le plafond de verre que nous sentions il y a une dizaine d'années », explique Hervé André-Benoît. Le BMX reste la discipline phare, mais d'autres sports comme le parkour ou le breakdance ont également gagné en popularité.
Une stratégie d'expansion mondiale
Pour pérenniser le modèle, le FISE mise sur un circuit mondial : les FISE World Series. L'objectif à court terme est d'atteindre huit à neuf destinations. Actuellement, cinq sont déjà confirmées : Montpellier, Shanghai, Macao, Sakai et Birmingham (États-Unis). Dès 2027, le festival espère s'implanter en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en Europe, puis en 2028 en Inde. « Montpellier reste pour nous une incroyable vitrine », souligne le fondateur.
La spécificité du FISE
Depuis sa création en 1997 à Palavas-les-Flots, le FISE se distingue par son approche : un événement conçu pour et avec les riders, mais aussi accessible au grand public. « Ce qui fait le succès du FISE à l'international, c'est sa capacité à proposer un festival plus qu'une simple compétition », insiste Hervé André-Benoît. Le festival s'inscrit durablement sur un territoire en développant les infrastructures locales. Montpellier est ainsi devenue une référence mondiale en matière d'équipements pour les sports extrêmes.
Vivre en harmonie avec les riverains
Avec 300 000 visites en 2025, le FISE attire les foules mais génère aussi des tensions avec les riverains. Installé sur les berges du Lez depuis 20 ans, le festival s'efforce de minimiser les nuisances : respect des horaires, adaptation aux normes environnementales, propreté. « Chaque comité de quartier a le numéro de téléphone de notre organisatrice générale. On ne se cache pas ! », assure le fondateur. Un accord avec la ville garantit la présence du FISE sur le site pour les trois prochaines années.
Un avenir ambitieux
Le FISE continue d'innover en intégrant de nouvelles disciplines, comme la trottinette, ce qui suscite parfois des critiques. Mais Hervé André-Benoît reste convaincu : « Pas de concurrence entre nous, rêvons plutôt de concurrencer la popularité du foot. » Par ailleurs, la société Hurricane, basée à Baillargues et dirigée par André-Benoît, conçoit des infrastructures pour les Jeux Olympiques. Après Tokyo 2021 et Paris 2024, elle est candidate pour Los Angeles 2028.
Hervé André-Benoît, qui a créé le FISE en 1997 dans le cadre d'un projet d'études, a vu son groupe Hurricane employer plus d'une centaine de salariés et rayonner à l'international. Le FISE, plus qu'un festival, est devenu un modèle d'exportation des sports extrêmes.



