Le Rugby Club Méditerranée (RCM) visait la montée en Fédérale 1 cette saison, mais elle lui échappe. Battus 41 à 23 lors du 8e de finale retour à Bièvre St-Geoirs, alors qu'ils menaient de treize points après l'aller, les Palavasiens restent en Fédérale 2. Le manager David Theillet tempère la désillusion et dresse un bilan positif de l'exercice.
Une déception relative
Interrogé sur le sentiment du groupe, David Theillet explique : « On digère petit à petit : déception sur le match mais relative sur la saison. Il faut s'appuyer sur ce qui a fonctionné en identifiant, par l'observation et les questions posées, ce qui a été validé par l'ensemble. » Il ajoute : « Arriver sur un club, c'est mettre en place des process, des méthodes, faire travailler des personnalités ensemble. Le meilleur indicateur, ce sont les joueurs eux-mêmes : se reconnaissent-ils à travers ce qu'on leur propose ? »
Le tournant du match
Revenant sur la rencontre, le manager analyse : « J'ai revu le match : quatre cartons à vingt points d'avance à la quarantième alors qu'on avait énormément travaillé la règle ; c'est plus qu'en une saison. Je ne pense pas que nous soyons devenus, tout à coup, mauvais. L'arbitre a jugé que nous perdions nos collisions. Bien évidemment, sans notre deux, cinq et notre charnière. Une des forces du rugby est la sanction objective : il y a en-avant, hors-jeu ou non. Le cynisme des fautes est une donnée subjective. Pas de procès d'intention : les joueurs loupent leur match. »
Un bilan structurellement intéressant
Malgré l'échec, David Theillet relativise : « Trébucher n'est pas tomber. Le bilan est conjoncturellement décevant, structurellement intéressant. Les gens nous ont dit s'être régalés, ils ne nous tirent pas dessus. Mine de rien, c'est un club jeune dont on attend beaucoup mais dans une belle énergie. Nos espoirs l'ont intégré en un an : qualifiés, premiers de poule. C'est une première indication. L'équipe une a passé un cap à mi-saison, devenant ambitieuse sans se mettre une pression d'objectif ultime. Car ce dernier est de durer, d'avoir des convictions. »
Des fruits à récolter
Le manager souhaite que l'équipe retienne qu'elle est « dans le vrai. On n'a pas subi notre saison, on l'a vécue. Un hiver délicat, une infrastructure terrain qui a encore besoin de grandir. Sportivement, on a créé quelque chose de plutôt attrayant et complet. À froid, OK, on n'est pas montés mais on a vu des fruits naître. Poser un cadre, c'est bouger des lignes, sortir certains du confort, voir les réactions quand on veut accélérer un peu. Peu d'absentéisme aux entraînements, la bascule en mode travail s'est faite chez beaucoup. Faire table rase serait dommage. Je crois aux vertus du travail. »



