Confession d'un supporter de la Section Paloise : rêver de l'Aviron Bayonnais
Confession d'un supporter de la Section Paloise

Confession d'un supporter de la Section Paloise : rêver de l'Aviron Bayonnais

Comme chaque semaine de match de la Section Paloise, et avant la rencontre de samedi à Bayonne (16h35), l'ex-pilier sectionniste nous offre un billet bien senti. Je vous le confesse, mon père, comme tous, pas plus, et pas moins que les autres, j'ai péché, mon père. Ni par avarice ou orgueil, mais plutôt par colère, envie, et jalousie. Et puisque l'on est en tête à tête, flexion, liez, stop, entrez : je ferme les yeux pour vous l'avouer. J'ai rêvé d'être un supporter de l'Aviron Bayonnais : je ne dormais pas, même pas l'excuse d'un cauchemar, j'étais accoudé à je ne sais quel comptoir.

Le doute et la jalousie d'un rival

Ils avaient battu je ne sais plus qui en barrage, et allaient, on le déplorait tous, jouer contre Toulouse en demi-finale. Personne ne les imaginait champions, pas même finalistes, mais le doute profitant toujours à l'accusé, sait-on jamais, sur un mal entendu, on risquait le pire. Qu'ils en soient là était insupportable, à eux l'heure d'été, pour nous les soirées télé, et la pub à la mi-temps. En tournant le sucre dans le café, on se réjouissait de notre sort - 8e, ce n'était déjà pas si mal - à force de craindre l'enfer, on finit par confondre purgatoire et paradis.

Franc comme un âne qui recule, en plus, ils se plaignaient, il leur manquait des places, problème de riches, Dieu merci, notre classement nous épargnait ces soucis de contingence. On l'avait bien amère, mais comme en sport, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne, on ne pouvait que reconnaître du bout des lèvres la belle saison de l'Aviron. En numéro masqué, j'ai félicité Joël Rey. J'ai recommencé après leur victoire en barrage, et comme Saint-Pierre, je me serais renié trois fois, s'ils avaient été en finale. Mais aucun coq n'a chanté, j'ai fini mon café et rechanté « Bèth Cèu de Pau ».

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L'honneur sauf et les réalités du terrain

Rey se doutait bien que je n'en pensais pas un mot, il sait qu'en Béarn on mélange hypocrisie, politique et langue de bois, tout en vous regardant tout droit jusqu'au fond des yeux. Finalement, mon honneur est sauf. Je vous ai avoué ma faute, et si vous la trouvez trop grosse, pardonnez-moi qu'à moitié, pour le reste, je fais confiance à la Section… Et à l'Aviron, pour me remettre sur le droit chemin. Je n'envie déjà plus les socios de la Peña Baiona, je ne suis pas assez masochiste.

Normalement, après la pluie, vient le beau temps, mais chez eux, c'est le contraire. Et quand je dis la pluie, ce sont plutôt des flaques qui tombent. Jean-Dauger prend l'eau, un ami plombier m'a dit qu'il y aurait même des fuites dans les coulisses. Arriver à se saborder aussi vite, se noyer simultanément dans la Nive et dans l'Adour : on ne peut que s'incliner, chapeau bas les artistes. Bravo aux uns, mais j'ai de la compassion pour les autres, ceux qui s'assoient dans les tribunes, et s'accoudent aux comptoirs les lundis matin. Ils vont savoir ce que c'est que de regarder la télé.

La fin de saison et le choix des couleurs

Je m'emballe, me direz-vous. La saison n'est pas finie, tout n'est pas perdu pour les uns, et rien n'est encore gagné pour les autres. Mais que voulez-vous, à force de râler et de trop douter, on se plaît à trop y croire. Il reste six matchs, celui-là compte double, parce que ce sont eux, et parce que c'est nous. Quoi qu'il arrive, et quelle que soit l'issue, le destin des uns scellera sans doute celui des autres. Il est temps de choisir son camp et ses couleurs. Je reste en vert, bien entendu, parce qu'on ira tous, un jour au Paradis, même moi. C'est monsieur le curé, et Michel Polnareff qui me l'ont dit.

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