Champions Cup : Les huitièmes de finale promettent du suspense malgré la loi des terrains
Après une phase de poules qui a manqué de moments palpitants, les huitièmes de finale de la Champions Cup s'annoncent ce week-end avec une tension nettement accrue. Ces rencontres à élimination directe devraient enfin offrir leur lot de frissons, même si les surprises restent statistiquement rares à ce stade de la compétition.
En effet, depuis l'instauration de ce format en 2022-2023, un constat s'impose : 22 des 24 huitièmes de finale disputés se sont soldés par une victoire de l'équipe recevante. Cette domination écrasante des terrains à domicile pourrait toutefois être remise en question lors de cette édition.
UBB et Toulouse en forme, Toulon dans le dur
Le choc entre l'Union Bordeaux-Bègles et le Stade Toulousain est déjà sur toutes les lèvres. La formule de la compétition, combinée aux performances brillantes de l'UBB (quatre victoires bonifiées) et aux résultats mitigés du Stade Toulousain (deux défaites), dessine un quart de finale explosif entre les deux meilleures équipes françaises des dernières années.
Pour se retrouver les 11 ou 12 avril, UBB et Stade devront d'abord franchir les obstacles de Leicester et Bristol ce week-end. Les Girondins n'ont toutefois pas oublié qu'ils ont été surpris par les Harlequins en 2024 dans un match fou à Chaban-Delmas (41-42), rappelant que rien n'est jamais acquis.
Les clubs français confisquent le trophée depuis 2021, mais leur contingent de quatre équipes qualifiées est moins impressionnant que la saison précédente (six). Castres et Toulon rencontrent des difficultés en championnat et ont commencé à décrocher dans la bataille pour les phases finales.
Pendant que les Tarnais se déplacent chez le leader de Premiership Northampton avec un statut clair d'outsider, les Varois ont une belle opportunité de se remettre d'aplomb face aux Stormers. Attention aux Sud-Africains, actuels deuxièmes de l'URC et qui ont gagné leurs trois matchs depuis la reprise post-Tournoi.
Bath et Northampton, impatients Anglais
La saison dernière, la victoire de Bath en Challenge Cup et le parcours jusqu'en finale de Champions Cup de Northampton ont esquissé le regain de forme du rugby de clubs anglais. Ces dernières semaines, outre les performances de la sélection dans le Tournoi, il a beaucoup été question du changement de format de Premiership.
Cette saison, les écuries anglaises mènent 10-6 face aux françaises et elles sont sept à avoir franchi l'obstacle des poules. Même si le nombre de qualifiés tend à relativiser ce constat : Leicester est passé en ayant perdu trois matchs. Et Northampton a pris une rouste à Chaban-Delmas (50-28), sa seule défaite lors de ses dix dernières sorties.
En quarts de finale, ils pourraient se déplacer chez leur principal concurrent en Premiership, Bath, deuxième meilleure attaque de la phase de poules (six essais et 45 points par match en moyenne). Le jeu très offensif des Anglais, conduit par Finn Russell, correspond parfaitement à la Coupe d'Europe.
Attention à Glasgow, le Leinster toujours là
Les Glasgow Warriors, qui composent désormais plus de la moitié du XV du Chardon, ont réalisé une phase de poules impressionnante et dominent l'URC. Avec un calendrier moins chargé que celui du Top 14 (14 journées disputées), et une demi-finale potentielle à domicile, ils peuvent espérer être la première équipe écossaise à atteindre la finale de la compétition.
D'autant que leurs internationaux devraient faire leur retour ce week-end et que cette moitié de tableau est bien plus dégagée. Avant une éventuelle finale, ils devront probablement croiser le fer avec le Leinster, qui a avancé sans faire de bruit.
La province irlandaise, qui a perdu quatre finales depuis son dernier sacre en 2018, a justement pris une petite claque à Glasgow il y a deux semaines (38-17). Elle est moins dominante que par le passé, mais son expérience des matchs charnière et la somme de talents qui la composent en font un candidat incontournable au dernier carré, voire mieux.



