Le Biarritz Olympique (14e) joue sa survie dans le monde professionnel. Avant un choc vital face à Colomiers, ce vendredi, à Aguilera (19 heures), le demi de mêlée Yann Lesgourgues livre ses vérités. Et le cadre biarrot exige des actes.
Une situation catastrophique
Avant la défaite contre Nevers (38-41), vous disiez que si vous perdiez, c’était la catastrophe. Le BO est donc dans une situation catastrophique ? Oui, parce que là on n’a vraiment plus le droit à l’erreur. Après, dans notre malheur, les concurrents directs ont aussi fait un faux pas. Ça ne nous a pas sauvés, mais ça nous a laissé un petit matelas. Enfin… c’est déjà ça. Mais c’est sûr qu’on a cramé nos jokers et qu’il nous reste trois matchs. Sans parler des autres rencontres...
Oui, parce que là on n’a vraiment plus le droit à l’erreur. Après, dans notre malheur, les concurrents directs ont aussi fait un faux pas. Ça ne nous a pas sauvés, mais ça nous a laissé un petit matelas. Enfin… c’est déjà ça. Mais c’est sûr qu’on a cramé nos jokers et qu’il nous reste trois matchs. Sans parler des autres rencontres, celle de vendredi est primordiale. Le calendrier est costaud. Nos concurrents ont aussi des gros matchs, mais peut-être un peu plus à leur avantage. Donc c’est à nous de réagir.
Un match capital
Beaucoup pointaient le futur déplacement à Béziers comme le tournant de la saison. Pourtant, le président Cyril Arrosteguy a publié une lettre ouverte pour appeler à l’union sacrée avant la réception de Colomiers, et Thomas Hébert évoque un « match de la mort ». C’est donc le match de vendredi qui est le plus capital ?
Clairement, c’est ce match-là qui est capital. On jouera une finale à Béziers seulement si ça se passe bien ce vendredi. Il ne faut surtout pas se projeter. À Aguilera encore plus, on doit vraiment montrer un autre visage que sur notre dernière sortie. On sait que si on gagne, on fait un grand pas pour l’avenir du club. C’est hyper important.
Les causes de la crise
« Les points retirés, le changement de direction, ça n’a l’air de rien, mais ça touche les joueurs. Mine de rien, ce n’est pas stable »
Cette situation était-elle prévisible ? Y avait-il des signes avant-coureurs ? Pas forcément, mais c’est vrai que la saison a été faite de hauts et de bas. On n’a pas été aidés avec beaucoup de blessés, ça tape sur le groupe. L’extra-sportif aussi : les points retirés, le changement de direction en début de saison, ça n’a l’air de rien, mais ça touche les joueurs. Mine de rien, ce n’est pas stable, ça bouffe de l’énergie sans qu’on s’en rende compte. Mais ce n’est pas une excuse. Il y a aussi nos performances, le fait de ne pas avoir répondu présent dans les moments clés. C’est un tout. De saisons comme ça, on peut sortir grandis. Mais d’abord, il faut sauver le BO en Pro D2. Ce groupe fait beaucoup d’efforts et le mérite.
Le rôle des cadres
Le recrutement reposait beaucoup sur vous, les cadres. Vous pensez avoir suffisamment tenu la baraque ? C’est sûr que, a posteriori, on ferait peut-être les choses différemment. Mais ce n’est pas l’heure du bilan. On a eu pas mal de blessés, notamment chez les cadres. On n’était pas tous là en même temps, c’est compliqué pour enchaîner. Le haut niveau, ça se joue sur des détails. Si tu n’y es pas, tu le payes direct. On aura le temps de faire le tri entre le bon et le mauvais à la fin. Là, on a une autre priorité : la survie d’un club historique.
Réunion et état d’esprit
Y a-t-il eu une réunion entre vous après Nevers ? Bien sûr qu’il y a eu des réunions. On ne peut pas rester indifférents, il faut réagir. C’est à nous de montrer l’exemple et de rassurer le groupe. On a parlé, on a mis des choses en place. Quand tu joues le maintien, il faut revenir à des choses simples. Retrouver la confiance sur ce qu’on maîtrise. On ne peut compter que sur nous-mêmes, sur les mecs de ce groupe.
Vous arrivez encore à les concerner, même les plus jeunes ? Oui, vraiment. Je sens les mecs concentrés, impliqués. L’urgence fait ça aussi. J’espère que maintenant, ce sont les actes qui vont parler. Les grands discours, c’est bien, mais à un moment tu perds les mecs. Montrer l’exemple sur le terrain, ça suffira.
Les conséquences d’une descente
Une descente sportive en Nationale pourrait entraîner une chute beaucoup plus grave pour le club. L’avez-vous abordé entre vous ? Non, honnêtement, on n’en parle pas collectivement. Les mecs doivent le penser d’eux-mêmes. On peut en discuter à part, individuellement, mais on ne fait pas de grands discours là-dessus devant tout le monde. On sait tous qu’une descente, c’est aussi des joueurs qui restent sur le carreau. On connaît la gravité de la situation. L’urgence c’est vendredi. On va tout faire pour sauver le club et tout faire pour gagner.
La semaine d’entraînement
La semaine dernière avait été très tendue à l’entraînement, avec des accrochages. C’était comment cette semaine ? La semaine après Nevers a effectivement été tendue. Beaucoup de pression, mais c’est normal. Tu te rapproches de la zone rouge et tu n’as pas le droit de montrer ce visage à la maison. On est des compétiteurs, c’est logique que ça monte dans les tours. Cette semaine, j’ai trouvé les mecs vraiment impliqués et appliqués. Mais comme je te le dis, tu peux faire une belle semaine et être catastrophique le week-end, et inversement. On ne pense qu’à vendredi. Il faut ramener les 5 points… euh, les 4 points ! Il faut déjà penser aux 4 points (sourire).



