Le BO redresse spectaculairement sa mêlée en Pro D2 après un début de saison difficile
BO : la spectaculaire remontée de la mêlée en Pro D2

Le BO redresse spectaculairement sa mêlée en Pro D2 après un début de saison difficile

Lassés des critiques et « rongés » par leur statut de lanterne rouge de la Pro D2 en mêlée, les avants du Biarritz Olympique ont opéré un redressement spectaculaire depuis le mois de décembre. Devenue la cinquième mêlée la moins pénalisée du championnat sur les dernières rencontres, la première ligne a su corriger le tir à temps avant le déplacement à Valence Romans ce vendredi à 19h30.

Une prise de conscience collective

« Je pense que c’est le moment de reprendre un peu confiance en mêlée », déclarait Boris Bouhraoua après la défaite du BO à Vannes le 12 décembre (38-20). Un match où ses avants n’ont été sifflés qu’une seule fois en mêlée, un exploit pour l’équipe jusqu’alors la plus pénalisée dans ce secteur, face au leader de Pro D2.

Depuis, les vœux du manager ont été exaucés. Sur les six dernières journées, le BO possède effectivement la cinquième mêlée la moins pénalisée de Pro D2. Les acteurs de ce succès s’accordent à dire que le regain de forme provient d’abord d’une réaction épidermique.

« Il y a eu une petite révolte interne entre nous, les joueurs », explique le talonneur Adrien Sonzogni. « On en avait un peu marre de se faire critiquer là-dessus. »

La souffrance transformée en motivation

« On était tous touchés, clairement. Et on l’est toujours d’ailleurs », témoigne l’international espagnol Hugo Pirlet. « Surtout nous les piliers. Quand on est la dernière mêlée du championnat, je peux vous assurer qu’en rentrant chez toi le soir, ça te ronge. Alors on a pris les choses en main ensemble, joueurs et staff, pour que la mayonnaise prenne. »

La sauce a mis du temps à monter : treize journées durant lesquelles la mêlée du BO accumulait les coups de sifflet, avec une moyenne de plus de trois pénalités par match. Le point culminant de cette friabilité fut la réception d’Agen, une victoire entachée de sept pénalités contre Biarritz.

Des défis de recrutement et d’adaptation

Le recrutement n’a pas facilité les choses cet été. La première ligne a été chamboulée avec le départ du pilier droit Nikoloz Narmania et l’arrivée de Hugo Pirlet et Quentin Samaran. Au poste de talon, l’absence de Yohan Beheregaray (blessure) a obligé Adrien Sonzogni et Milian Ouldji à monter au créneau.

« Ça a été dur au début », détaille l’entraîneur de la mêlée Jérôme Filitoga. « On a eu des blessures, Milian et Adrien qui arrivent à ce niveau ont dû s’aguerrir. Pour y arriver, ce sont des liens qu’il faut réussir à trouver les uns avec les autres. »

Hugo Pirlet complète : « Au-delà de la puissance et l’envie, c’était plus une question de trouver des petits réglages, de liaisons, de pieds au sol, de choses comme ça, qui faisaient qu’on subissait beaucoup les impacts. »

L’objectif : redevenir dominant

La touche biarrote, qui souffrait aussi en début de saison, s’est réglée et le BO possède désormais le meilleur contre en touche. Si l’embellie en mêlée se confirme, le club basque aura les armes pour lutter dans un bloc ultra-relevé, avec notamment des déplacements à Valence Romans et des réceptions de Vannes et Provence.

« Maintenant, il faut qu’on garde cette exigence en mêlée », appelle Jérôme Filitoga. « Il ne faut surtout pas se relâcher. On doit continuer notamment ce vendredi contre le VRDR. Pour moi, c’est la plus grosse mêlée de ce championnat en termes de force. Et ce sont surtout de petits coquins. »

Est-ce ce petit rien de roublardise qui manque à la mêlée biarrote pour vraiment passer un cap ? L’axe d’amélioration est clair : redevenir dominant. Ne pas se faire pénaliser, c’est bien. Pénaliser les autres, c’est encore mieux. Et de ce point de vue, le BO reste une des pires équipes avec seulement 0,5 pénalité provoquée en mêlée introduite. Seul le Stade Montois fait pire jusqu’ici.