Aviron Bayonnais : Une humiliation historique face à Pau
Ce samedi, l'Aviron Bayonnais a vécu l'une des pires soirées de son histoire professionnelle. Écrasés 22-54 par la Section Paloise à Jean-Dauger, les Bleu et Blanc ont subi la plus lourde défaite de leur ère professionnelle dans leur stade. Cette déroute intervient dans un contexte déjà fragile pour le club basque, qui peine à retrouver son niveau de la saison dernière.
Une saison qui s'effondre
À cinq journées de la fin du championnat, l'Aviron Bayonnais occupe la 11e place avec 45 points, loin des places européennes et de la phase finale. Le capitaine Arthur Iturria ne cache pas son amertume : "C'était un match charnière pour aller chercher quelque chose sur la fin de saison, peut-être la 8e place qui, au vu de notre saison, aurait été déjà un exploit". Mais cette perspective s'est évanouie avec la défaite face aux Palois.
Le deuxième ligne ajoute : "C'est un coup de massue. Certes, il ne faut pas abandonner, mais on sait que tout s'éloigne. Tu vas à l'entraînement pour viser des choses que tu n'as pas envie de viser". L'ambition se réduit désormais à éviter la zone basse du classement, une réalité difficile à accepter pour les derniers demi-finalistes du Top 14.
L'arbre qui cachait la forêt
Cette saison a été un véritable rollercoaster émotionnel pour les supporters bayonnais. Après un début prometteur avec six victoires en neuf matchs et une série impressionnante de 19 succès consécutifs à Jean-Dauger entre juin 2024 et janvier 2026, le club a brutalement dégringolé.
Arthur Iturria analyse : "Ce début de saison, c'était l'arbre qui cachait la forêt. Honnêtement, de l'intérieur, je le sentais, je ne vais pas le cacher. À Perpignan, heureusement qu'on y va au premier match. Si on y va maintenant, on perd". Le capitaine reconnaît que plusieurs victoires précaires ont masqué les problèmes structurels du club.
Crise interne et reconstruction
La saison a été marquée par une profonde crise de confiance entre une partie de la direction et l'ancien manager Grégory Patat, finalement parti en février avec une partie de son staff. Malgré ce changement, l'équipe continue de sombrer.
Le nouveau directeur du rugby Laurent Travers, qui a pris ses fonctions en février, doit maintenant reconstruire : "Il faudra du temps pour recoller les morceaux. Il semble urgent d'en ajouter, en essayant de moins se tromper que l'été dernier". Sa mission, partagée avec Ged Fraser, sera de créer un nouveau cycle après l'effondrement du précédent.
La comparaison douloureuse avec Pau
Le contraste avec la Section Paloise, révélation de la saison, est saisissant. Iturria l'admet : "Ils sont arrivés doucement là où nous, on est arrivés très vite, très haut. Ils ont des bonnes bases et travaillent depuis quelques années. Ils ont créé quelque chose".
Le capitaine bayonnais souligne la supériorité technique des Palois : "Ils sont costauds sur les fondamentaux. La mêlée, c'est propre. La touche, c'est très bon. Les ballons hauts, c'est très bon aussi. Ils ont quelque chose qui est plus costaud que nous".
Les défis immédiats
L'Aviron Bayonnais doit maintenant affronter les cinq dernières journées avec trois déplacements difficiles (Toulon, Lyon et Paris) et deux réceptions (Bordeaux-Bègles et Perpignan). La suspension de Cheikh Tiberghien pour le prochain match à Toulon complique encore la tâche.
Iturria promet cependant de se battre jusqu'au bout : "C'est une année sans, une année très compliquée. C'est dur d'être haut et de tomber aussi bas. Mais on a ce qu'on mérite. À nous d'en tirer les conclusions en fin de saison".
Le capitaine insiste sur la nécessité d'un travail de fond : "Il faudra faire le travail de fond dont je parlais. Il va falloir le faire très correctement pour pouvoir rivaliser parce que l'année prochaine, ce sera encore plus dur. Pour bien commencer la prochaine saison, on a plutôt intérêt à bien finir celle-ci".
Malgré l'hommage des supporters du BOC à l'ancien manager Grégory Patat, le club doit maintenant tourner la page et se concentrer sur sa reconstruction. Le chemin s'annonce long pour retrouver le niveau qui avait fait la fierté du club basque la saison dernière.



