Antibes Handball : la transition réussie grâce aux anciens joueurs
Le club d'Antibes Handball, fondé en 1965, maintient ses équipes fanions au niveau national chaque saison grâce à une transition réussie orchestrée par d'anciens joueurs. Ces trentenaires, qui ont arrêté de jouer, continuent d'œuvrer dans l'ombre pour assurer la pérennité du club soixantenaire.
Une continuité essentielle pour le maintien en Nationale 2
En s'imposant début avril chez les voisins de Villeneuve-Loubet (31-33), les handballeurs d'Antibes ont assuré leur maintien en Nationale 2. Cette performance soulage le club à quatre journées de la fin et permet de préparer l'avenir avec sérénité. Dans la cité des Remparts, l'équipe fanion sert de vitrine à une institution qui évolue depuis des années au quatrième échelon national.
Ces dernières années, il a fallu impulser un renouveau dans les rangs de l'équipe seniors. Rajeunir l'ensemble pour garder le rythme a été une priorité. Exit les Grégoire Sanssouci, Julien Denat, Laurent Touboul et Robin Foubert. Tous trentenaires et Antibois de longue date, ces cadres ont décidé de passer à autre chose sans pour autant débrancher complètement.
L'expérience des anciens au service de la relève
"Cette équipe est arrivée en fin de vie il y a quelques années", explique Laurent Touboul, ex-capitaine. "Il fallait encaisser l'arrêt de tous les anciens, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. C'était important de mettre de la continuité."
La solution a été de garder ces anciens joueurs dans des rôles clés :
- Romain Ghibaudo est employé au club
- Laurent Touboul est resté comme dirigeant
- Robin Foubert a pris l'équipe fanion l'année dernière
"Robin cochait toutes les cases", précise Touboul. "Il avait joué au haut niveau, il est de la région, il a fait sept ou huit saisons au club, il était demi-centre donc au cœur du jeu. C'était vraiment la meilleure solution possible."
Une nouvelle identité plus dynamique
"Avant, on était vu comme l'équipe qui endormissait avec un rythme lent", se souvient Laurent Touboul. "Maintenant, on a pas mal de joueurs entre 18 et 25 ans donc ça court. Robin veut donner une identité plus rapide et dynamique. À la fin, nous, on n'était plus capables de faire ça."
La jeunesse a donc pris le relais sur le terrain, mais avec l'accompagnement précieux des anciens. S'appuyer sur la relève demande du temps, autant pour cerner les bons profils que pour mettre en place les principes de jeu.
Une philosophie club axée sur l'accompagnement
Le club antibois défend une philosophie adaptée à son fonctionnement : "On essaie de s'appuyer sur des gens qui vont bien s'incorporer dans le club, de préférence des joueurs du coin. Une fois qu'ils sont là, on les accompagne dans leur vie à l'extérieur, on leur donne des conseils comme si c'était des membres de notre famille."
Cette approche humaine est essentielle : "On ne va pas leur demander de venir s'entraîner trois fois par jour au détriment de leurs études. Plus ils sont bien dans leur vie familiale et professionnelle, plus on va pouvoir les garder sur la durée."
Le constat vaut également pour l'équipe féminine, coachée depuis quatre saisons par l'ancienne internationale serbe Jelena Popovic. "C'est devenu assez rare en France d'avoir deux équipes à ce niveau", assure Touboul. "Les clubs font souvent le choix des garçons ou des filles, rarement de la mixité."
Un groupe d'anciens pour rassembler les générations
L'Olympique d'Antibes (nom initial du club) opte pour une organisation intergénérationnelle qui mêle l'expérience des historiques à la fraîcheur des nouveaux venus. "Quand on a commencé à aider, on s'est basé sur le socle formé par les dirigeants-bénévoles qui étaient en place depuis un moment, notamment la présidente Françoise Petrov."
La clé de cette transition réussie réside dans l'acceptation : "On a pu être accepté parce qu'ils savent qu'on a toujours été au service du club." Cette légitimité permet de créer des ponts entre les générations.
Le club a même créé un groupe d'anciens : "On invite à chaque nuit du handball. On a créé un vrai truc autour de ça, certains ont 80 ans et viennent assister aux matchs !" Ces soirées, au cours desquelles les équipes fanions jouent l'une après l'autre à la salle Saint-Claude, symbolisent l'esprit de famille qui anime le club.
Cette transition bien assurée permet à Antibes Handball de continuer à écrire son histoire tout en préparant l'avenir avec les valeurs qui ont fait sa force depuis 1965.



