Le biathlon français lance une offensive historique pour les JO d'hiver 2026
De notre envoyé spécial à Anterselva. À quel moment précis de cette quinzaine olympique le biathlon tricolore va-t-il pulvériser son propre record de médailles ? Les Jeux Olympiques d'hiver de 2026 viennent à peine de commencer, et déjà cette équipe de France défie toutes les prévisions les plus optimistes. Quatre années seulement après les sept breloques glanées à Pékin, dont trois en or, il devient difficile d'imaginer que les Bleus remporteront moins d'une médaille par épreuve. Et avec onze épreuves au programme total, les perspectives sont vertigineuses.
Une densité française sans équivalent dans le paysage mondial
La supériorité numérique de l'équipe de France est plus éclatante que jamais. Cinq hommes figurent actuellement dans le Top 20 du classement de la Coupe du monde, tandis que cinq femmes occupent carrément les douze premières places. Le camp bleu peut surtout compter sur les deux leaders incontestés de la saison, Éric Perrot et Lou Jeanmonnot, qui viennent de décrocher l'or dès leur première course olympique, marquant ainsi le début des Jeux de la plus belle des manières.
Un relais mixte gagnant qui libère les énergies
La France est officiellement championne olympique du relais mixte ! Cette victoire initiale porte déjà en elle une signification profonde. « Ils sont champions olympiques, martelait dimanche Stéphane Bouthiaux, directeur des équipes de France de biathlon, après ce superbe relais mixte d'Anterselva. Donc maintenant, le reste, c'est du bonus quelque part. Éric et Lou en veulent plus, bien sûr. Mais quoi qu'il arrive, ils sont champions olympiques, c'est le début idéal. Ils aborderont forcément les courses avec plus de légèreté. »
Vincent Defrasne, héros des JO de Turin 2006 après avoir terrassé la légende Ole Einar Bjorndalen, revient sur l'impact psychologique d'une telle performance : « Remporter ce relais, c'est un signal fort que tu envoies à toute une équipe, tout un sport, tout un pays. C'est plus qu'une médaille d'or, ça lance tout le monde, les filles, les garçons. Le risque quand une équipe tarde à faire un podium, c'est que ça devienne pesant. Là, au contraire, tu décomplexes directement les deux groupes, c'est tout bénéfice. »
Des favoris annoncés pour les épreuves individuelles
Fort de cette réussite collective, Éric Perrot se présente ce mardi comme le grand favori de l'individuel. « Éric a fait une course de maître sur le relais, tout en maîtrise, avec un très bon temps de ski », savoure son entraîneur Simon Fourcade, toujours impressionné par la maturité, à seulement 24 ans, de notre atout masculin numéro un. En revanche, les doutes persistent quant à un septième podium olympique en carrière pour Quentin Fillon Maillet, après ses difficultés au tir dimanche.
Le mot « doute » semble quant à lui totalement étranger à Lou Jeanmonnot et Julia Simon, absolument royales sur le relais mixte, et qui font trembler la concurrence à l'approche de l'individuelle dames de mercredi. « On a deux filles qui sont prêtes, c'est une certitude, valide Cyril Burdet, entraîneur de l'équipe de France féminine. Et je sais que toutes celles qui ont regardé ça ont vraiment envie de profiter de la fête. »
Une domination construite sur la maîtrise et l'humilité
Ne comptez pas sur Stéphane Bouthiaux pour attiser l'enthousiasme provoqué par le récital de la deuxième partie de relais : « Jusqu'au dernier tir debout, c'était sous haute tension, et toutes les courses des Jeux vont être comme ça jusqu'au bout. » S'il a tenu à « rappeler à l'humilité » ses troupes en vue de ces JO, Cyril Burdet livre la clé de la domination annoncée du biathlon français en Italie.
« Tout l'environnement nous poussait à complexifier les choses mais dimanche, j'ai simplement vu quatre biathlètes français faire ce qu'ils savent faire de très bien, décrypte-t-il. Il n'y a pas eu d'exploit, mais c'est comme ça qu'on réussira des grandes choses. » Franchement, la razzia qui se prépare risque d'être plus proche des treize médailles des Mondiaux 2025 de Lenzerheide que des sept de Pékin. L'histoire olympique du biathlon français s'apprête peut-être à connaître son chapitre le plus glorieux.