Buckingham Palace craint un nouveau scandale lié à Andrew et Epstein
Buckingham Palace craint un scandale Andrew-Epstein

Buckingham Palace redoute un nouveau séisme dans l'affaire Epstein

La monarchie britannique se prépare à affronter une nouvelle tempête judiciaire. Lundi 9 février, la famille royale a annoncé sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités dans le cadre d'une enquête policière visant Andrew Mountbatten-Windsor, le frère du roi Charles III. L'ancien prince, âgé de 65 ans, est accusé d'avoir transmis en 2010 des documents commerciaux officiels britanniques au pédocriminel américain Jeffrey Epstein, décédé dans sa cellule en 2019.

Des documents compromettants rendus publics

Parmi les pièces dévoilées vendredi 30 janvier par le ministère de la Justice américain figurent des photographies montrant l'ex-prince agenouillé au-dessus d'une femme dont le visage est flouté. Mais au-delà des frasques sexuelles déjà connues du fils d'Elizabeth II, plusieurs courriels révèlent des transmissions d'informations sensibles.

Le 7 octobre 2010, Andrew Mountbatten-Windsor aurait communiqué à Epstein des détails précis sur ses prochains voyages officiels à Singapour, au Vietnam, à Shenzhen et à Hongkong. Puis, le 30 novembre suivant, il aurait transféré les comptes rendus officiels de ces visites seulement cinq minutes après les avoir reçus de son assistant spécial Amit Patel.

Une violation des règles de confidentialité

Les envoyés spéciaux au commerce international sont soumis à des obligations de discrétion particulièrement strictes. Selon The Guardian, ces fonctionnaires ne peuvent divulguer ni documents sensibles ni informations stratégiques, une obligation qui persiste même après la fin de leur mandat. Les directives gouvernementales rappellent formellement cette exigence de confidentialité concernant les données relatives aux marchés prospectés et aux visites officielles.

Dans ce contexte, les révélations prennent une dimension particulièrement grave. Elles ravivent au sommet de la monarchie britannique la crainte d'un nouvel épisode embarrassant qui pourrait ébranler l'institution.

Un projet d'entreprise secrète en Chine

Selon le Telegraph, Andrew Mountbatten-Windsor et Jeffrey Epstein auraient secrètement envisagé de lancer ensemble une entreprise en Chine. Ce projet aurait été discuté plusieurs années après la condamnation du financier en 2008 à treize mois de prison pour une affaire de prostitution impliquant des mineures en Floride.

Le journal affirme que l'ancien duc d'York aurait utilisé ses déplacements officiels en Chine, dans le cadre de ses fonctions d'envoyé commercial, pour organiser des rencontres susceptibles de servir ses intérêts personnels et ceux d'Epstein. Les échanges entre les deux hommes, menés par l'intermédiaire de David Stern, se seraient poursuivis plus de cinq ans après la sortie de prison d'Epstein.

Une ligne de défense fragilisée

Ces révélations fragilisent considérablement la version d'Andrew Mountbatten-Windsor, qui avait assuré avoir mis fin à toute relation avec Epstein lors d'une promenade à Central Park en décembre 2010. À la lumière des nouveaux éléments, cette rencontre apparaît moins comme une rupture que comme un épisode supplémentaire dans des négociations commerciales.

Dans les courriels échangés, Andrew Mountbatten-Windsor est désigné par l'abréviation "PA" pour Prince Andrew. Les discussions auraient abouti en 2011 à la création de la société Witan Group, avec l'approbation conjointe d'Andrew et d'Epstein, témoignant d'une initiative organisée et durable plutôt que d'échanges informels.

Les conséquences institutionnelles et familiales

La trajectoire d'Andrew Mountbatten-Windsor illustre déjà le prix politique et symbolique de son amitié avec Jeffrey Epstein. Deuxième fils de la défunte Elizabeth II, il a été contraint de se retirer de toutes ses fonctions royales officielles dès 2019. En octobre dernier, le roi Charles III lui a retiré son titre de prince, une décision rare aux conséquences institutionnelles et personnelles profondes.

Le malaise traverse désormais toute la famille royale. Lundi, le prince William et son épouse Kate ont exprimé leur "profonde préoccupation" face aux révélations contenues dans les dossiers liés à Epstein. Buckingham Palace tente désormais de limiter les dégâts tout en s'engageant à coopérer avec la justice, conscient que chaque nouvelle révélation pourrait déclencher un séisme supplémentaire au cœur de la monarchie britannique.