Au Castellet, le Grand Prix de France Historique célèbre les cinquante ans de l’arrivée en Formule 1 de l’écurie Ligier. Plusieurs pilotes de l’équipe française lancée en F1 il y a un demi-siècle par Guy Ligier, dont Jacques Laffite, honoreront de leur présence l’anniversaire fêté ce week-end sur le circuit Paul-Ricard.
Un demi-siècle de passion
Le 6 juillet 1986, au Castellet, Jacques Laffite avait glané le point de la 6e place avec cette Ligier JS27. C’était hier, ou presque. Il y a un demi-siècle, à une petite poignée de semaines près. Le dimanche 4 juillet 1976, le circuit Paul-Ricard accueille le huitième Grand Prix du « F1 Circus ». Tous les regards sont braqués sur le match au sommet : Niki Lauda contre James Hunt. Un duel de légende qui tourne court en terre varoise où le moteur de la Ferrari du champion en titre autrichien rend l’âme dès le 9e tour, laissant la McLaren du play-boy britannique foncer vers la victoire.
Ce jour-là marque aussi la première apparition d’une Ligier au Grand Prix de France. Si Jacques Laffite termine dans le ventre mou du classement (13e à 1 tour), la JS7 propulsée par un moteur Matra a déjà fait des étincelles : 3e à Zolder (GP de Belgique), 4e à Long Beach (États-Unis Ouest) et Anderstorp (Suède). Et celui qui deviendra le pilote emblématique de la firme auvergnate montera encore deux fois sur la « boîte » : 2e à Zeltweg (Autriche), 3e à Monza (Italie). De quoi pousser d’entrée les portes du top 5 du championnat constructeurs, s’il vous plaît ! Ainsi débute une aventure longue de deux décennies durant laquelle l’écurie de Guy Ligier tutoiera les sommets (9 victoires, 50 podiums, 9 pole positions)… et empilera aussi les « saisons de transition », selon la formule consacrée chère au patron.
Une exposition immersive
Cinquante ans, ça se fête ! Alors, pour souffler les bougies, rendez-vous tout de suite au Castellet. Ce week-end, trois jours durant, le Grand Prix de France Historique met en marche sa fabuleuse machine à remonter le temps. Côté paddock, si vous avez aimé la rétrospective XXL consacrée à Renault l’an dernier, vous adorerez l’expo Ligier visible dès aujourd’hui. Même scénographie immersive afin de présenter de multiples pièces et objets de l’écurie. Planches à dessin, maquettes de soufflerie, moules, combinaisons parsèment le décor autour des bolides réunis pour l’occasion.
Le plus ancien de ces vestiges n’est pas une F1. Car avant de s’engager sur la piste aux étoiles, Ligier a sillonné d’autres terrains. Siglée JS2, la pionnière avait réussi un retentissant doublé au Tour de France Automobile 1974 grâce à Gérard Larrousse et Bernard Darniche. Puis, l’année suivante, elle s’était classée 2e des 24 Heures du Mans, aux mains de Jean-Louis Lafosse et Guy Chasseuil.
Démonstration de légendes
Parmi les monoplaces l’accompagnant jusqu’à ce dimanche figure la JS27 à moteur Renault V6 turbo avec laquelle Laffite avait tiré ses dernières cartouches en 1986 (3e au Brésil, 2e à Detroit) avant le terrible crash de Brands Hatch synonyme de fin de carrière. Ce n’était qu’un au revoir. Parce que Jacques Laffite va bel et bien recoiffer le casque ici. Qu’on se le dise : à 82 printemps, le héros de la saga Ligier s’administrera une piqûre de rappel dans le baquet de la JS11/15 qu’il cravachait en 1980. L’année où il avait claqué la pole position au Paul-Ricard (3e du GP de France le lendemain derrière Alan Jones et son coéquipier Didier Pironi), embrassé la victoire à Hockenheim (Allemagne) et fini 4e du championnat pilotes.
Au sein de cette démo 100 % bleue baptisée « un jubilé d’histoire », on retrouvera aussi un certain Olivier Panis, le maître d’œuvre de l’ultime triomphe Ligier en F1. C’était à Monaco. Hier, ou presque. Il y a pile trente ans. Attention, un anniversaire peut en cacher un autre…



