Camille Droguet, capitaine blessée de Basket Landes, reste un pilier clé pour le Final Six
Privée de terrain à Saragosse en raison d'une fracture d'un doigt, la capitaine landaise n'en reste pas moins présente et précieuse auprès de ses coéquipières. Elle communique autrement son énergie avant le quart de finale face à Saragosse, ce mercredi à 20h30. « En termes d'ambiance, ce sera un match comme on en vit rarement », confie-t-elle avec un sourire serein.
Une présence malgré la blessure
Vêtue d'un sweat noir floqué du logo de Basket Landes, chevelure ondulée retenue en queue-de-cheval, Camille Droguet assiste à la séance photo très bon enfant des Landaises. Ce mardi matin, dans un protocole à la fois cadré et déjanté typique des grands événements, elle participe à des parties endiablées de spike ball, un jeu similaire au tennis sans raquette utilisant un trampoline. Ultra compétitrice comme à son habitude, elle affiche des yeux rieurs, mais une petite ombre pointe dans son regard.
Présente à Saragosse pour le Final Six de l'Euroligue, elle n'y participe pas pleinement à cause d'une fracture de l'auriculaire gauche. « Ça va, même si je préférerais bien sûr être sur le terrain », assure-t-elle. « Il n'y a jamais de bons moments pour se blesser, mais c'est sûr que je ne voyais pas ma fin de saison comme ça. Je ne sais pas si je l'accepte, mais c'est comme ça. »
La prise de conscience d'une saison écourtée
Lors de sa blessure contre Bourges en Coupe de France fin février, Camille avait repris le jeu, pensant que « ça allait ». Trois jours plus tard à Galatasaray, pour la demi-finale de play-in d'Euroligue, elle était juste un peu gênée avec l'attelle. La sentence est tombée brutalement après des examens. « Je ne pensais vraiment pas que ça serait si grave. Sur le coup, je n'ai pas vraiment compris ce que ça signifiait, mon cerveau avait du mal à réaliser. »
Avec l'opération, la prise de conscience a été immédiate : « J'ai tout de suite su que c'était mort pour le Final Six. » Cet arrêt forcé est d'autant plus frustrant qu'elle avait été épargnée par les blessures jusqu'à présent, n'ayant jamais loupé de matchs. Le club vit une expérience historique, et elle, arrivée en début de saison et intégrée rapidement, avait pleinement sa part à y jouer.
Un rôle de capitaine réinventé
Camille reste un soutien indéfectible, présente sur le bord du terrain pour crier, encourager et conseiller. « Être là pendant les matchs et aux entraînements ? La question ne s'est pas posée. Déjà parce que j'aime être avec ce groupe. Et puis, je préfère être présente plutôt que de rester chez moi à attendre que ça passe. » Elle souligne l'importance pour le groupe de voir qu'elle ne les abandonne pas.
Capitaine un jour, capitaine toujours, elle adapte son rôle. « Même si c'est différent, je ressens moins les choses tactiquement. Je suis déjà là pour apporter de la confiance, avec elles, même dans le vestiaire. Je me sens utile les jours de match. Je n'ai pas du tout la même vision du match, parce que je ne suis pas influencée par ma propre performance. » Elle note aussi que ses coéquipières s'autorégulent très bien seules.
Une approche sans complexe pour le Final Six
Camille envisage ce Final Six comme elle l'a toujours pensé depuis les débuts de Basket Landes dans la compétition. « On n'a aucun complexe d'infériorité à avoir, on a mérité d'être là. Nous, on vient comme on est. Peut-être que c'est ça qui dénote par rapport aux autres équipes, mais on vient comme on est et on reste comme on est, on garde notre identité quoi qu'il arrive. »
La seule différence pour l'ancienne Tarbaise est la gestion du temps. « L'attente les jours de match, on a l'habitude. Chacun la gère comme elle veut. Quand je joue, je préfère rester dans ma chambre, je la partage avec Becky et on peut aussi discuter. Demain, ce sera forcément différent. J'irai sûrement visiter la ville. » Elle pourrait croiser dans les rues de Saragosse quelques-uns des 1 200 supporters landais répertoriés, voire plus en cette période de vacances scolaires.
Ces bouffées d'amour et de soutien, elle saura les communiquer à ses partenaires à son retour parmi la délégation. Ainsi, elle continue d'écrire l'histoire de Basket Landes, contribuant pleinement à l'aventure, quoi qu'il arrive en soirée.



