À 29 ans, le Nîmois Romain Buttarazzi a décidé de tout quitter pour vivre son rêve : devenir golfeur professionnel. Il quitte son emploi dans l'immobilier pour se consacrer pleinement à l'Alps Tour, le troisième niveau européen de golf.
Un déclic venu d'Italie
L'élément déclencheur a été un appel urgent un mardi matin pour participer à un tournoi en Italie le lendemain, avec un départ à 7h50. Il y avait onze heures de route. Sa mère l'a accompagné pour qu'il puisse se reposer un peu, mais il n'a dormi que quatre heures avant de commencer. Cette expérience a été un véritable choc pour Romain, qui travaillait en horaire aménagé depuis septembre dernier en accord avec son agence immobilière.
Il explique : "À partir de ce moment-là, j'ai décidé de me dire : il va falloir que je me rende à l'évidence. Soit je fais l'un, soit je fais l'autre. À 29 ans, je n'ai pas trop de temps à perdre non plus." Après en avoir discuté avec des personnes connaissant bien le golf, il a pris sa décision.
Le passage au professionnalisme
Mardi dernier, à midi, le licencié de Campagne à Nîmes a laissé les clés de l'agence pour devenir professionnel. "C'est la dynamique qui m'a tellement pris qu'au final, je me suis dit pourquoi pas. Toutes les planètes s'alignent. À chaque fois que je mets quelque chose en place, ça va dans le bon sens", estime celui qui a commencé le golf à 13 ans à Uzès.
Lors des qualifications pour les cartes européennes en octobre dernier, il a passé le premier tour et n'était pas loin d'accéder au troisième. "Au deuxième tour, il y a déjà des cadors et j'ai pu me tester par rapport à eux dans des conditions similaires. J'ai vu le niveau, exactement où j'en étais, et je me suis dit qu'en fait, ce n'était pas si loin que ça."
Des débuts sur l'Alps Tour
Cette performance lui a permis d'obtenir des droits de jeu sur l'Alps Tour, où il évolue depuis le début de la saison 2026. Ses débuts sont timides mais pas catastrophiques. Il a participé à la tournée en Égypte avec trois tournois. "J'ai manqué le cut d'un joueur sur le premier. Sur les autres, j'étais un peu plus loin mais j'ai testé des choses. Cela m'a confirmé qu'il fallait rester sur ma façon de faire, mon jeu. Il ne faut pas attaquer à tout va. Pour gagner, il faut faire des birdies, mais intelligemment, sans aller chercher tous les drapeaux", explique Romain.
Un entraînement intensif pour progresser
Sa marge de progression passe par le travail. Il observe les autres joueurs : "Ils font tout très simplement, mais tout très bien. C'est très méticuleux, rien n'est laissé au hasard. Après les parties, ils s'arrêtent 15 minutes pour manger, se reposer, faire le point, puis repartent à l'entraînement pendant une heure ou une heure et demie." Romain Buttarazzi s'inspire de ce professionnalisme pour transformer ses pars en birdies. "Ils s'entraînent 30, 40, 50 heures par semaine alors que moi je m'entraînais 15 heures. Avec un plus gros volume d'entraînement, je ferai moins d'erreurs et je serai plus constant."
Pour lui, tout est une question de gestion : physique, stratégique et technique. Cela s'acquiert avec l'expérience et la connaissance des parcours. Il bénéficie des conseils de ses partenaires de jeu sur l'Alps Tour, ainsi que de joueurs ou entraîneurs français comme Martin Couvra ou Sébastien Clément, et est bien accompagné par son coach de club, Florent Fontenelle.
À 29 ans, Romain Buttarazzi met toutes les chances de son côté pour réussir une carrière professionnelle dans le golf.



