Sur cette campagne de Champions Cup, l'Union Bordeaux-Bègles a conservé sa vitesse mais cherche à densifier son jeu. Cela pourrait s'avérer décisif face au Leinster, samedi à Bilbao. Il y a un an, l'UBB avait débarqué à Cardiff portée par la meilleure attaque de la compétition. Elle se présentera à Bilbao avec la même force de frappe offensive, symbolisée par sa ligne de trois-quarts XXL. Mais depuis un an, le champion d'Europe en titre, qui vise un doublé, a enclenché sa mutation. « Le chantier est toujours en cours », indique le manager Yannick Bru. Le club girondin s'efforce d'adopter un jeu plus « tout-terrain », porté par une conquête directe plus efficace et un mental endurci par les épreuves.
Un jeu plus « tout-terrain »
Les Bordelais n'ont jamais caché que la Champions Cup correspond à leur ADN d'équipe joueuse. Sur ces matchs débridés, ils restent les plus efficaces en franchissements, défenseurs battus et turnovers gagnés. Leurs victoires face aux Bulls, Northampton ou Leicester en attestent. « On a su garder notre vitesse », constate Yannick Bru. « Mais à l'intersaison, notre volonté était d'être plus tout-terrain, de se densifier devant pour affronter le combat et les intempéries. » Sur des matchs plus fermés, l'UBB a montré sa capacité à s'adapter, comme en quart de finale face à Toulouse ou en demi-finale contre Bath. « On a fait des matchs plus costauds dans l'assise et la durée, explique le demi de mêlée Maxime Lucu. Parfois, on a dû produire du sale jeu pour s'en sortir. Avant, on craquait. Maintenant, on s'adapte. »
Une conquête directe plus solide
Malgré un beau parcours la saison dernière, le pack de l'UBB était souvent critiqué. Cette saison, il semble prendre sa revanche. « Là où on a le plus évolué, c'est sur notre conquête directe », souligne le pilier Jefferson Poirot. « Sur un match comme face à Perpignan, la conquête nous a tenu la tête hors de l'eau. On a passé un cap. » L'arrivée de Cameron Woki a stabilisé l'alignement, qui affiche 92 % de réussite, quatrième meilleur de la compétition. Le retour de Carlü Sadie a solidifié la mêlée, deuxième plus efficace avec 98 % de réussite. Les départs de Pete Samu et Tevita Tatafu ont été compensés par l'explosion de Temo Matiu et Marko Gazzotti. « Certaines recrues, pas les plus clinquantes, nous ont aussi apporté beaucoup, comme Gaëtan Barlot et Boris Palu », ajoute Yannick Bru.
Un mental endurci dans l'épreuve
Cette saison, les Bordelais ne se sont pas facilité la tâche avec trois défaites à domicile en championnat, les laissant sous pression. Mais le groupe a dû faire face à de nombreux coups du sort. « On a blessé beaucoup de joueurs majeurs, on a souvent dansé sur une jambe, explique Yannick Bru. En perdant des leaders charismatiques, l'équipe a progressé mentalement. Elle s'est resserrée pour affronter la difficulté. » Maxime Lucu précise : « L'année dernière, on avait créé un groupe de leaders sur la fin de saison. On a continué et le fonctionnement est top. Il n'y a pas qu'un seul mec qui parle, il y en a à chaque poste. Cela nous permet de nous sortir de mauvaises situations. »



