L'UBB en finale de Champions Cup : la ferveur des supporters bordelais
UBB en finale : la ferveur des supporters bordelais

L’Union Bordeaux-Bègles (UBB), qui avait gagné l’avantage du terrain de haute lutte durant la phase de qualification, a pu profiter du soutien sans faille de ses supporters en ville et, surtout, au Stade Atlantique. « On est en finale, on est en finale, on est, on est, on est en finale ! » Il ne reste que quelques secondes à jouer de la demi-finale de Champions Cup entre l’Union Bordeaux-Bègles et Bath ce dimanche 3 mai au Stade Atlantique de Bordeaux, les supporters peuvent entonner un chant qu’ils connaissent par cœur. Celle du 23 mai à Bilbao comprise, ce sera la quatrième finale consécutive (Top 14 compris) depuis juin 2024.

La routine ? « On ne s’y habitue pas »

« On ne s’y habitue pas, c’est toujours la même ferveur », souriait Stéphane avant la rencontre. Avec ses amis Nathalie, Amélie, David et Sophie, ils participaient au pique-nique des Burdigalais, l’un des principaux groupes de supporters avec les United BB, selon le principe de l’auberge espagnole. L’ambiance est conviviale et souriante : « On aime l’ambiance du rugby. Ici, pas d’embrouille, pas d’insultes. »

90 minutes avant le match, le car de l’UBB arrive au stade, accueilli par centaines de supporters. Les supporters de l’UBB n’ont jamais cessé de soutenir leur équipe. Ils avaient rendez-vous dès 11 h 30 sous le parking du parc des Expositions, côté stade pour un moment convivial et de fête d’anniversaire pour leur présidente Élodie Richard. Plus tôt dans la matinée, ils avaient placé drapeaux et banderoles derrière les poteaux, côté virage sud où leur place était réservée avec les United. Grosse organisation, beaucoup à penser mais une telle délivrance à l’arrivée… Le cortège se forme depuis le parking du parc des Expositions vers l’accueil des joueurs au stade, deux heures avant le coup d’envoi.

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Les United BB : un groupe organisé

À quelques centaines de mètres de là, les United BB se serrent sous la petite tente en bord de lac au moment où un coup de tonnerre annonce le déluge. Ils seront 1 091 à prendre place derrière la banderole du groupe entre les escaliers 21 et 23. « On essaie de professionnaliser l’organisation, on est de tous les déplacements, Top 14 compris. On était même en Afrique du Sud [pour un match de poule de Champions Cup, NDLR] », souligne Fabrice Besselere, vice-président et père du président, Nicolas.

Avec eux, Ken, Anglais vivant près de Nontron, et Irving, supporter de Bath se sont rencontrés samedi soir dans un bar de Bordeaux. Puis ils ont croisé les Bordelais du groupe United BB autour du stade. L’une d’eux, Cécile, leur a proposé d’échanger deux drapeaux de Bath contre une bière à l’avant des UBB en bordure de lac. Et c’est comme cela qu’une amitié est née. « C’est l’esprit rugby, merveilleux accueil », s’enthousiasme Ken, quand Irving sourit à la forte pluie orageuse qui s’abat sur le quartier, en vue du match. « Météo de Bath, c’est parfait pour nous ! »

Tous formeront un cortège pour aller accueillir les joueurs à leur arrivée au stade, en car. En tribunes, Burdigalais et United formeront le cœur battant de cette nouvelle après-midi mémorable pour l’Union Bordeaux-Bègles. Avec dix minutes de retard, en raison de l’orage et de la foule aux entrées du stade, le coup d’envoi sera donné dans un vacarme de tous les diables.

Stress puis liesse dans le centre-ville

Dans le centre-ville, devant les écrans, ce fut parfois du stress avant la liesse. On s’est rongé les ongles, par moments, dans les pubs bordelais comme au Sweeney Todd’s, le bar de poche du cours d’Alsace-et-Lorraine. « Le plus petit des grands pubs », dixit Lance, encore complet ce dimanche, a dégainé Guinness sur Guinness, l’autre coqueluche de l’après-midi, juste derrière les Maxime Lucu ou Matthieu Jalibert. Des burgers frites au menu du coup d’envoi, au Sweeney Todd’s, le plus petit pub de Bordeaux, cours Alsace-Lorraine.

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Trente-cinq places assises, une vingtaine debout : le patron chauffe la salle avec « Eye of the Tiger » à l’entrée des joueurs. Devant les burgers frites de 16 heures, certains n’en mènent pourtant pas vraiment large à l’entame. « Parce qu’il pleut et que cela va forcément favoriser les Anglais », redoute un habitué. Sur le trottoir, Romain se triture la tête avec la dernière défaite face à Montpellier : « J’espère que cela ne va pas leur plomber le cerveau. »

Au Balthazar, pas loin de la place de la Victoire, une bande de copains derrière l’Union Bordeaux-Bègles. Après la mi-temps, cela sent tout de même déjà bon la quinzième victoire consécutive de l’UBB en Champions Cup. Phrase la plus entendue autour des tables : « Il est énorme ce Lucu. » Les minutes défilent, la pression dégringole, dans les verres et dans les têtes. Même à 8 kilomètres du stade, on entend les premiers « On est en finale », avant même le dernier coup de sifflet. « Les entrants comme Big Ben ou Matiu ont été encore décisifs », lâche Christophe, le banquier, toujours un verre à la main. Bordeaux peut se laisser aller à une douce euphorie. Avec l’espoir d’une deuxième étoile à Bilbao.