Top 14 : Toulon n'a plus le droit à l'erreur avant de recevoir Bayonne
Toulon n'a plus le droit à l'erreur avant Bayonne

Neuvième et à sept points du premier qualifiable, Toulon n’a plus le droit à l’erreur en championnat, avant de recevoir Bayonne. Après un hiver des plus compliqués, la bande à Mignoni a repris des couleurs en Champions Cup. Au bon moment ?

Un retard à combler

« On est en retard… et on le sait ! » Satisfait et soulagé au sortir du succès des siens à Montauban, Pierre Mignoni n’en a pas pour autant oublié la terrible course contre la montre qui attend son équipe. Et si à l’aube de la saison, Toulon ambitionnait le top 2 et la qualification directe pour les demi-finales du Top 14, les objectifs ont dû, par la force des choses, être sacrément revus à la baisse.

Parce que depuis le 28 septembre et le match aller à Jean-Dauger, perdu dans les ultimes secondes sur un drop de Joris Segonds (35-32), les temps ont changé. Systématiquement balayés à l’extérieur, les Toulonnais ont mis quatre mois pour glaner de nouveaux points loin de leurs bases. C’était le 28 février, au terme d’un match nul (13-13) presque inespéré à Lyon, sans son directeur du rugby, mis en congés après sa « décompensation ».

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Mission accomplie, place à la suivante

À cinq journées de la fin de la phase régulière, que reste-t-il encore à jouer pour ce Toulon-là ? Décrochée à sept points de Clermont (57 pts), sixième et premier qualifiable, la bande à Mignoni sait qu’elle n’a plus le droit à l’erreur. Et encore moins depuis ses deux récents lourds revers à Mayol face aux Jaunards, justement (14-34, le 14 février), puis contre le Stade Français (27-46, le 21 mars).

Sauf, que. Puisqu’il paraît qu’à Toulon, tout est différent, les coéquipiers de Baptiste Serin, empêtrés dans une spirale négative à n’en plus finir (cinq matches sans la moindre victoire), se sont refaits la cerise en Champions Cup. Un huitième de finale à suspense remporté face aux Stormers (28-27) et un quart héroïque à Glasgow (19-22) plus tard, le muguet, avec quelques semaines de retard, s’est remis à fleurir. Ajoutez à cela un succès pas parfait mais bonifié à Montauban… et voici que la rade se remet à y croire.

« Mission accomplie, au moins pour ce qui est du nombre de points, savourait Pierre Mignoni dans les travées de Sapiac. Le premier match est validé, maintenant, il faut s’atteler au deuxième face à Bayonne. »

Tout va très vite

Eh bien justement, il arrive. Si grâce à son succès à Montauban, Toulon est resté en vie, il pourrait, en cas de victoire face à l’Aviron, se replacer dans la course au top 6. Parce que ce coup-ci, l’avantage du terrain est varois. Du côté de ses adversaires directs, Clermont se déplace à Toulouse, le Racing 92 à Montauban quand La Rochelle va à Perpignan. Bon, pas de quoi faire sourire Mignoni et ses joueurs qui, dans le plus classique des discours, souhaitent « se concentrer sur eux-mêmes ». Très bien.

Toujours est-il qu’après « un passage très difficile », dixit le directeur du rugby, Toulon peut toujours y croire. « Dans ce championnat, tout va très vite. On l’a bien vu… et dans le mauvais sens. On a passé la plupart de la saison dans le top 6 et, en deux défaites, on a l’a perdu. » S’ils ne l’ont pas encore abandonné mathématiquement, les Rouge et Noir se sont sacrément compliqué la tâche. Encore plus quand on pense aux réceptions futures du Stade Toulousain ou de Bordeaux-Bègles. Mais chaque chose en son temps, le présent se nomme Bayonne… Et cette fois plus que jamais, le faux pas est interdit. Sinon, Toulon dirait adieu à ses rêves de qualification.

L'infirmerie

« Ce qui me fait peur, c’est qu’on perd beaucoup de joueurs sur chaque match… et pour des longues durées. » Le constat de Pierre Mignoni, attristé par la grave blessure de Gabin Villière au genou à Montauban, est bien réel. Touché sur le synthétique de Sapiac, l’ailier casqué souffre d’une rupture du ligament croisé antérieur droit et son ménisque pourrait, selon les derniers éléments, être également touché. L’international devrait rapidement se faire opérer.

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Si l’infirmerie s’était un temps vidée côté toulonnais, elle a sacrément refait le plein ces dernières semaines. En plus de Swan Rebbadj (genou) et Joé Quere-Karaba (genou), dont la saison était d’ores et déjà terminée, l’entraîneur doit encore se passer de Brian Alainu’uese (genou), Antoine et Patrick Tuifua (genou, reprise de course). Mais ce n’est pas tout. Lewis Ludlam, touché à l’épaule face à Perpignan, s’est fait opérer et a dû mettre un terme à sa saison, tout comme Dany Priso Mouangué, victime d’une rupture totale du tendon d’Achille et Marius Domon, souffrant d’une rupture du ligament croisé du genou gauche. Tant d’éléments majeurs qui, en plein sprint final, vont cruellement manquer au Rugby club toulonnais.

Absents mardi de la séance ouverte au public et à la presse, Charles Ollivon, David Ribbans et Setariki Tuicuvu seront-ils alignés par Pierre Mignoni ou ménagés avant la demi-finale de Champions Cup face au Leinster ? Pour l’heure, aucun élément n’avait filtré.