Thomas Hébert : 'On ne peut pas laisser le club couler'
Thomas Hébert : 'On ne peut pas laisser le club couler'

Thomas Hébert n’est pas encore Sisyphe, mais il va falloir remonter la colline en portant le BO. Déjà passé à un rien de la Nationale il y a deux saisons, le club aux cinq Brennus joue à nouveau tout sur la dernière journée, ce vendredi contre Carcassonne. Le flanker de 26 ans a beau souffrir d’une entorse à la main depuis la victoire contre Colomiers (31-14), il va serrer les dents. Et devrait être aligné d’entrée pour mener les troupes pour ce match décisif.

Un habitué des situations extrêmes

Vous étiez déjà là il y a deux ans quand le club s’est sauvé à la dernière journée. Vous vous sentez encore plus concerné que les autres par ce nouveau match du maintien face à Carcassonne ?

Tout le monde est concerné, pas seulement moi. C’est le match le plus important de la saison. On est conscients qu’il va falloir sortir notre plus grosse performance pour maintenir le Biarritz Olympique. On sait ce qu’on joue.

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En tant qu’habitué de ces situations, avez-vous pris la parole de façon plus marquée qu’à l’accoutumée ?

Je le fais quand je ressens que le groupe en a besoin, surtout avant ou pendant le match. Personnellement, j’ai besoin de digérer seul après une rencontre avant de basculer sur la suite. Pour Carcassonne, je n’ai pas de discours préparé, je marche à l’instinct. Mais il n’y aura pas grand-chose à dire : chacun sait ce qu’il a à faire. On ne peut pas laisser les mecs qui partent ou qui finissent leur carrière sur une défaite qui pourrait faire couler le club. C’est interdit. Les leaders n’auront pas besoin de parler, il suffira de se regarder.

Un manque de constance cruel

Vous ratez le maintien à Béziers avec un scénario classique du BO cette saison : un manque de réaction dès que ça tourne mal…

C’est vrai, on n’arrive pas à rebondir psychologiquement pour passer outre ces faits de jeu. On plonge. Ce qui est rageant, c’est de prendre des contres de 80 mètres sur des ballons perdus. On a relancé des équipes comme ça alors qu’on tenait le match. Autant sur des matchs comme Aurillac ou Valence-Romans, on n’était pas dedans et c’est notre faute, autant là, on est notre pire ennemi. On gâche le travail. J’aime dire que le jeu est fait de fautes, mais on ne peut pas perdre 80 mètres à chaque fois, on doit tuer l’action plus tôt.

Vous n’êtes pas assez « méchants » ?

Je ne crois pas. On a montré sur des gros matchs, comme contre Colomiers ou Aix ici, qu’on pouvait répondre présent, être agressifs. C’est juste un manque de constance. Si on se maintient, on sait sur quoi travailler : ce groupe marche beaucoup au mental et à la psychologie. Individuellement, tout le monde est prêt, mais c’est collectivement qu’on doit être en symbiose. Il faudra faire un focus là-dessus l’an prochain.

Un match sous pression mais avec les clés

Rémi Bourdeau disait que l’équipe est parfois moins concentrée face aux équipes supposées plus faibles. Carcassonne est déjà condamné, comment éviter le relâchement ?

La différence avec le match de Nevers, par exemple, c’est que cette fois, on est au pied du mur. Mais avec les clés ! Si on décide de gagner, on est maintenus : la motivation est toute trouvée. Ce match est capital, qui décide de tout l’avenir du club. Il n’y a aucune raison qu’on ne soit pas dedans, qu’on soit spectateur. Il faut être acteur et on va l’être.

Des leaders habituels comme Mathieu Acebes et Yann Lesgourgues manqueront à l’appel. C’est à vous et Rémi Bourdeau de mener le bateau ?

Oui, on va le faire pour eux, pour ceux qui partent, pour toute l’équipe. C’est sûr que c’est mieux quand ils sont là, mais s’ils ne le sont pas, il faut prendre nos responsabilités. On va les prendre.

Des similitudes avec la saison dernière

La saison dernière, les sanctions administratives avaient entraîné une série noire avant un réveil et un maintien serein. Vous avez aussi été sanctionnés cette saison, mais le déclic n’a pas eu lieu. Pourquoi ?

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Il n’y a pas d’excuse. Des clubs comme Dax ont eu des sanctions administratives bien pires que les nôtres et s’en sortent mieux. L’an dernier, on avait commencé tambour battant avant de plonger. Cette saison, on n’a jamais réussi à enchaîner pour être dans les six à Noël. On a plongé au fur et à mesure. Les deux saisons se ressemblent dans la manière, sauf qu’on est plus bas au classement.

Avez-vous peur de voir le club tomber en Nationale ?

Je n’ai pas peur parce qu’on a les cartes en main. C’est une décision mentale, de groupe. Je suis surtout triste de voir ce que traverse le club. Il y a deux ans, je disais qu’on ne vivrait plus une fin de saison comme ça, et finalement on y est encore. Je ne sais pas quand cette spirale va s’arrêter, mais je crois en ce club et au projet qui se met en place. Le BO mérite mieux que cette place. J’ai envie qu’on soit bien plus haut.

Extra-sportif et avenir

En 2023-2024 vous aviez aussi évoqué une saison énergivore sur l’extra-sportif. La pression extérieure est-elle moindre aujourd’hui ?

Elle est là et c’est normal. C’est le sport de haut niveau, on nous demande des résultats. On a un public passionné qui dans les joies ou dans les peines est très démonstratif. On se doit de leur rendre. De mémoire, on n’a jamais pris autant de bonus à domicile (8 en 9 victoires), on est beaucoup poussés. Sur l’extra-sportif, c’est plus calme cette année et tant mieux. On a pu se concentrer sur le terrain. Ça ne nous a pas donné de meilleurs résultats, mais au moins on ne s’épuise pas avec ça.

Vous avez prolongé jusqu’en 2028 mais que se passera-t-il pour votre contrat en cas de descente ?

On verra le moment venu, je n’y pense pas. Je veux rester à Biarritz et je veux que le club joue en Pro D2. C’est tout.

Vous aviez promis un wagon de gâteaux basques aux Aurillacois qui vous avaient sauvé en 2024 en battant Montauban. Vous l’avez aussi prévu pour les Agenais en cas de victoire à Mont-de-Marsan ?

Déjà j’ai prévu qu’on batte Carcassonne. Si ce n’est pas le cas, et je ne veux pas y croire, mais qu’Agen nous sauve, je devrai respecter ma parole ! J’avais déjà promis de le faire pour Aurillac et je n’avais pas eu le temps, ça faisait trop de gâteaux (rires).