Les Girondins retrouvent leur densité sous Rio Mavuba, une concurrence relancée
Longtemps amputé par les blessures dans tous les secteurs de jeu, l’effectif girondin a retrouvé une densité significative, offrant à Rio Mavuba la possibilité de relancer la concurrence en interne de manière dynamique. En seulement trois matchs, avec deux victoires et une défaite, le coach bordelais a déjà imprimé sa marque sur le groupe, démontrant une approche novatrice et audacieuse.
Des choix forts pour bousculer les habitudes
Samedi, lors de la victoire à Dinan (1-3), Rio Mavuba n’a pas hésité à bousculer les habitudes établies. Il a, par exemple, choisi de ne pas emmener Pierre-Bertrand Arné en Bretagne : pour la première fois depuis son arrivée en décembre, l’ancien attaquant de Chauray, pas toujours convaincant sur le pré, n’a pas été retenu dans le groupe. Autre décision marquante, la titularisation de Léo Jousselin, cantonné à des miettes de match avec Bruno Irles, au poste de latéral droit en lieu et place de Oualid El Hajjam.
Malgré l’expérience footballistique d’El Hajjam, avec des passages à Amiens, Troyes et Le Havre, Mavuba justifie ses choix par une philosophie de performance. « On aura besoin de tout le monde », tempère-t-il. « Oualid, il ne faut pas oublier son bon match à Locminé où il a joué à gauche en revenant de blessure. Moi, je demande simplement aux joueurs d’être performants et de me rendre la tâche difficile… Et puis, même sur le banc, Oualid a conservé la mentalité que l’on veut : que tout le monde se donne à fond, titulaire ou non. »
Un effectif en ordre de marche et le retour de joueurs clés
Pour faire de tels choix, il faut disposer d’un effectif en ordre de marche. À Dinan, c’était le cas, avec seulement deux absences notables : le gardien Jan Hoekstra (cheville) et le milieu offensif Faissal Mannaï (tendon d’Achille). Mavuba a reconduit le milieu de terrain composé de Diop, Ba et Diagouraga, tout en gardant sous le coude de précieuses munitions.
Le retour de Matthieu Villette et Guillaume Odru, libérés de leurs pépins physiques, a été particulièrement notable. Entrés en jeu en début de seconde période, ils ont immédiatement pesé sur le match. « J’avais faim, ça s’est un peu vu. Être blessé, je ne connaissais pas. J’avais à cœur de bien faire les choses pour mon retour », a réagi Villette après la rencontre. Odru, longtemps handicapé par des douleurs liées à une pubalgie, a partagé cet appétit : « On savait qu’on pouvait amener quelque chose d’autre. On est aux Girondins, cette exigence est logique. »
Une concurrence retrouvée et des objectifs ambitieux
Samedi, Almamy Touré a également participé à la fête. Opéré à la cheville en décembre juste avant de signer aux Girondins, l’ancien défenseur de Monaco et Francfort a fait ses premiers pas avec le maillot au scapulaire, positionné en milieu de terrain. « Almamy était heureux comme un enfant, ne serait-ce que d’intégrer le groupe », s’est enthousiasmé Rio Mavuba, ravi de cette concurrence retrouvée « un peu partout ».
Le coach bordelais doit maintenant maintenir la cohésion d’un effectif convaincu de pouvoir jouer la montée, malgré un retard de cinq points sur La-Roche-sur-Yon. « On a quatre finales à gagner », résume Matthieu Villette. « Alors on va se concentrer sur nous, il n’y a rien d’autre à faire. Si on gagne ces quatre matchs, cela voudra dire qu’on aura atteint notre objectif de vingt victoires cette saison. » Cette dynamique positive, nourrie par le retour des blessés et les choix stratégiques de Mavuba, pourrait bien être décisive pour la fin de saison.



