L'essai à 700 euros de Samir El Mourabet au TMF
Samir El Mourabet : l'essai à 700 euros au TMF

Ancien prodige du futsal, Samir El Mourabet dispute la Coupe du monde de football avec le Maroc. Il y a quatre ans, le Strasbourgeois avait réalisé un essai, non concluant, avec le Toulon métropole futsal. Récit.

« Je suis dans le TER, à Bandol. J'arrive. » Juin 2022. Un grand gaillard âgé d'à peine 16 ans a pris place dans un train pour Toulon, où Sassi Ben Naceur, qui l'attend à la gare, reçoit ce texto. Le manager du TMF (appelé TEF à l'époque) accueille alors trois jeunes pensionnaires du Pôle France de futsal pour un essai au sein de son club. Au côté d'Amin Benslama et de Mathis Gazengel se trouve donc Samir El Mourabet. Le fameux géant. Il va rester une semaine dans le Var, s'entraînant avec l'équipe de D1, sous les ordres de Felice Mastropierro, qui voit en lui une sorte d'« animal » avec son gabarit. « Il était vraiment très fort », se souvient l'Italien.

« Il avait tout pour réussir »

Son passage marque aussi l'esprit de Karim Deman-Marouani. Coach adjoint, toujours en poste, celui-ci retient la « détermination » et la « discrétion » de l'Alsacien. « Avec le recul, son parcours ne me surprend pas du tout. Il avait déjà beaucoup d'ingrédients pour réussir : du talent bien sûr, mais aussi de l'humilité, du sérieux et une vraie envie de progresser. Je garderai toujours le souvenir d'un jeune garçon discret, respectueux et travailleur », raconte-t-il.

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« Sur le terrain, on sentait immédiatement sa personnalité. Il avait cette envie de défendre, de récupérer les ballons, de ne jamais lâcher un duel. Il mettait beaucoup d'intensité dans ses efforts. Offensivement, on voyait également tout son potentiel. Il aimait provoquer, fixer son adversaire, créer des décalages et il possédait déjà cette belle qualité de pied gauche qui pouvait faire des différences », ajoute Deman-Marouani.

« J'ai été honnête avec lui »

Si El Mourabet fait (déjà) forte impression, l'essai ne débouche sur rien de concret. Sans doute en raison de son âge. Sassi Ben Naceur reprend : « Des trois joueurs du Pôle, c'est le seul qu'on voulait garder. On lui offrait la possibilité de s'entraîner avec l'équipe une, mais de jouer surtout avec la réserve, en Régional. En gros, on lui proposait d'effectuer un service civique et des primes, soit 700 euros par mois. Aujourd'hui, il pourrait racheter le club ! » S'ils s'amusent de l'anecdote, le manager et les deux entraîneurs toulonnais ne nourrissent aucun regret d'être passés à côté d'une pépite. Au contraire, ils se disent « contents pour lui » et sa réussite.

« J'ai été honnête avec lui. Si je lui avais fait miroiter une place de titulaire, il serait peut-être resté et il n'aurait pas connu la même carrière, glisse Ben Naceur. Je lui ai suggéré d'aller d'abord se faire les dents en D2, ce qu'il a fait, en signant à Neuhof (club de futsal du quartier de Strasbourg où il a grandi). »

Taulier de Neuhof à Strasbourg

La suite est connue. Déjà international français chez les jeunes, Samir El Mourabet cartonne en D2 futsal. Surtout, il n'a pas fait une croix sur le football à 11, où il épate en parallèle avec les U19 du RC Strasbourg, puis avec l'équipe réserve (N3). À l'été 2025, il est lancé pour de bon avec les pros, au point de devenir l'un des tauliers dans le milieu de terrain du demi-finaliste de la Ligue Europa Conférence (48 matchs toutes compétitions confondues).

International marocain depuis mars à peine, il s'est envolé pour la Coupe du monde. Entré en jeu face au Brésil (1-1, dimanche), El Mourabet a fêté sa cinquième sélection. La sixième devrait intervenir dès ce samedi contre l'Écosse (coup d'envoi à minuit, heure française). Homme pressé, le grand gaillard de 1,87 m voyage désormais en première classe.

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