La relation particulière de Dmitri Rybolovlev avec ses entraîneurs à l'AS Monaco
Depuis qu'il détient 66,67% des parts de l'AS Monaco en décembre 2011, le président Dmitri Rybolovlev a connu pas moins de neuf entraîneurs différents. À la veille du choc Monaco-Marseille ce dimanche 5 avril, décisif dans la course à la Ligue des champions, une enquête révèle comment le milliardaire russe tisse ses relations avec les techniciens qui se succèdent sur le banc monégasque.
Un dialogue constant mais des relations variables
Hors intérimaires, neuf hommes ont dirigé l'équipe première sous l'ère Rybolovlev. Des techniciens avec lesquels le président a noué des relations plus ou moins fortes, mais avec lesquels il a toujours maintenu un dialogue. Le dernier nommé, Sébastien Pocognoli, l'a confirmé lors d'une récente conférence de presse.
"On a des échanges et il cherche toujours à faire progresser le club," a déclaré l'entraîneur. "Il donne des conseils, pas spécialement au sujet du football, mais sur tout ce qui est gestion. Il a eu beaucoup d'expérience au cours de sa vie dans divers domaines."
Les exceptions dans une relation généralement cordiale
Parmi ces neuf entraîneurs, un seul semble avoir connu une fin de collaboration particulièrement froide : Niko Kovac. Le technicien croate n'a même pas été remercié pour son année et demie de travail, évincé par un simple communiqué de trois lignes. Un autre ancien coach contacté regrette quant à lui de ne pas avoir pu discuter davantage directement avec Rybolovlev, court-circuité par un directeur sportif qui servait d'intermédiaire.
Une gestion basée sur l'échange plutôt que l'imposition
Marco Simone, premier entraîneur avec lequel Rybolovlev a travaillé alors que le club évoluait en Ligue 2, garde un souvenir "positif" de sa relation avec l'oligarque. "Comme on jouait le vendredi, le jeudi soir, il m'appelait à chaque fois pour savoir l'équipe que je mettais en place," se remémore l'Italien avec amusement.
L'ancien attaquant, comme d'autres coachs interrogés, affirme n'avoir "jamais vu monter le ton" de la part du président, même lorsque les résultats se faisaient rares. "Il se servait plutôt des directeurs sportifs pour hausser la voix. Je ne l'ai jamais vu énervé," confie-t-il.
Des questions pertinentes sur les choix sportifs
Le milliardaire n'impose rien à ses entraîneurs mais n'hésite pas à les questionner sur leurs décisions. Simone raconte une anecdote révélatrice : "J'ai eu Nabil Dirar, plus gros transfert de L2 à 7,5 millions d'euros ! Pour les deux premiers matchs, je l'ai mis en tribunes. Rybo m'appelle et me dit : 'Marco j'ai acheté un joueur 8 millions, pourquoi vous ne le faites pas jouer ?'"
La réponse de Simone fut sans appel : "Écoutez, président, vous voulez vous sauver ou que je fasse jouer votre joueur ? Faites-moi confiance." Derrière cette confrontation verbale, Dirar s'est finalement remis en question et a trouvé sa place dans l'équipe.
Un président investi dans la vie du club
"J'ai eu pas mal de réunions chez lui à Monaco," développe encore Marco Simone. "On n'est jamais entrés dans des considérations technique ou tactique, mais il était assez investi et impliqué, beaucoup plus que certains directeurs sportifs ou généraux de cette époque."
Cette saison, Rybolovlev a dû se séparer d'Adi Hütter, le coach qui a ramené l'ASM en Ligue des champions en 2024 après six ans d'absence. Un collaborateur actuel du club décrit le président comme "rationnel" face à ces décisions difficiles. "C'est difficile de virer quelqu'un, mais si cela fait sens pour le club, alors c'est OK," explique-t-il.
Un ancien employé souligne quant à lui que Rybolovlev "cède rarement sous la pression et l'émotion", préférant une approche réfléchie et stratégique dans la gestion de son équipe.
La liste complète des entraîneurs de l'ère Rybolovlev
- Marco Simone (2011-12)
- Claudio Ranieri (2012-14)
- Leonardo Jardim (2014-18 puis 2019)
- Thierry Henry (2018-19)
- Robert Moreno (2019-20)
- Niko Kovac (2020-2021)
- Philippe Clement (2022-23)
- Adi Hütter (2023-2025)
- Sébastien Pocognoli (depuis 2025)
Alors que Monaco affronte Marseille dans un match crucial pour la qualification en Ligue des champions, la relation entre le président et son entraîneur actuel sera une nouvelle fois scrutée, dans la continuité d'une gestion qui marque durablement l'histoire du club monégasque.



