Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun exprime son soutien au maire de Saint-Denis
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a manifesté dimanche sa solidarité envers le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu sous l'étiquette La France insoumise (LFI). Ce dernier est confronté à une campagne de haine raciste depuis son élection, suscitant une large mobilisation de soutien samedi dans sa commune.
« Je ne tolère aucun propos raciste, et quand j'entends qu'il aurait reçu des courriers, des tweets, des messages… Je les condamne et j'apporte ma solidarité à tous les maires qui sont victimes quotidiennement de ce genre d'insultes », a déclaré Vincent Jeanbrun lors d'une interview diffusée sur France Inter, France Télévisions et dans les colonnes du journal Le Monde.
Des critiques acerbes envers la stratégie politique des Insoumis
Cependant, le ministre de la Ville et du Logement a vivement reproché à Bally Bagayoko de faire preuve d'une indignation à géométrie variable. Il l'a « invité » à « être cohérent » et à « dire aux membres de son propre parti de ne pas faire exactement la même chose avec d'autres formations politiques ».
Vincent Jeanbrun a pointé du doigt la stratégie politique de LFI, affirmant : « Quand pendant la campagne municipale, les sympathisants LFI, les militants LFI, les candidats LFI, ont traité tout ce qui n'était pas LFI d'extrême droite, voire de raciste, je ne pense pas qu'ils pacifient notre société. Ces gens jouent avec le feu en permanence ».
Le ministre a également critiqué le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, ainsi que Bally Bagayoko, pour ne « pas avoir condamné les violences à Fresnes », où la mairie a été saccagée avant l'intronisation du nouveau maire Les Républicains (LR). « Ça me rappelle tristement les émeutes », a-t-il ajouté, faisant référence aux violences qu'il a lui-même subies en 2023 lorsqu'il était maire de L'Haÿ-les-Roses dans le Val-de-Marne.
La gestion des communes sous surveillance renforcée
Alors que Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, souhaite placer sous surveillance les villes dirigées par des Insoumis, Vincent Jeanbrun a évoqué l'arrêté anti-expulsion « illégal » pris par le maire de Saint-Denis dès la fin de la trêve hivernale.
Le ministre a toutefois nuancé son propos en soulignant que des dérives similaires existent dans d'autres camps politiques : « Mais vous pourriez prendre la même chose côté RN, parce que quand je vois qu'il y a des maires comme à Carcassonne qui enlèvent le drapeau européen et qui prennent eux aussi des arrêtés illégaux contre la mendicité, on se dit qu'il serait bon que la classe politique dans son ensemble surveille les deux extrêmes de l'échiquier politique et dénonce des dingueries en termes de gestion ».
Cette déclaration met en lumière les tensions croissantes autour de la gestion municipale et les accusations d'illégalités qui touchent diverses formations politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite.



