Claude Puel et l'OGC Nice : le silence pesant d'un club en crise avant le choc à Lille
Puel et Nice : le silence pesant avant Lille

Le mutisme stratégique de Claude Puel face à la crise niçoise

La conférence de presse de jeudi dernier a offert un spectacle particulièrement insipide, témoignant du profond malaise qui ronge actuellement l'OGC Nice. Alors que le club s'apprête à affronter Lille, l'actuel troisième du championnat de France, samedi soir à 21h05, l'ambiance est à la rétention d'informations et à la langue de bois la plus absolue.

Un entraîneur qui se renferme sous la pression

Claude Puel, le technicien de 64 ans, a toujours été un bien meilleur interlocuteur pour la presse lorsqu'il n'occupe pas de fonction officielle. Le passionné de football sait alors se montrer captivant en évoquant ses souvenirs ou son regard sur le jeu en simple observateur. Mais une fois en poste, l'entraîneur se mure dans une prudence extrême, particulièrement lorsqu'il s'agit d'aborder les blessures ou la situation de ses joueurs.

Le coach prend un soin méticuleux à ne froisser aucun ego et à ne surtout pas dévoiler ses intentions tactiques pour le match à venir. Cette approche managériale, que l'on pourrait qualifier « d'à l'ancienne », contraste fortement avec une époque où l'actualité et les pensées des joueurs circulent à vitesse grand V dans les médias et sur les réseaux sociaux.

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Les absences qui compliquent la tâche

La situation devient particulièrement critique alors que Nice doit composer avec plusieurs absences majeures. Morgan Sanson et Hicham Boudaoui sont suspendus, tandis que Youssouf Ndayishimiye et Charles Vanhoutte sont incertains pour cause de blessures. Ce dernier, de retour dans le onze contre Le Havre, devra passer des tests aujourd'hui pour confirmer ou non sa présence à Lille.

Interrogé spécifiquement sur le cas de Djibril Coulibaly, le jeune professionnel de 17 ans qui avait impressionné à Benfica avant de disparaître à cause de blessures et de la concurrence, Puel s'est contenté d'une réponse laconique : « Coulibaly, Abdul Samed, Louchet, Ndombele, Diop peuvent jouer ».

Un projet de jeu mis à mal par les résultats

Le discours de l'entraîneur semble pourtant plus nuancé en coulisses. Didier Digard, ancien joueur, a ainsi tenu des propos révélateurs à Coulibaly dimanche dernier après le nul contre Le Havre (1-1) : « Travaille, travaille et continue de travailler. Et si tu ne joues pas, alors retourne travailler, travailler et encore travailler. »

Claude Puel n'exige pas moins de ses jeunes joueurs en matière d'investissement, et il aimerait pouvoir davantage s'appuyer sur un projet de jeu cohérent. Mais le fiasco strasbourgeois a sérieusement plombé les ambitions de son 4-2-3-1, et le match contre Le Havre a cruellement rappelé combien le collectif niçois pouvait être fébrile sur les principes de jeu les plus élémentaires.

« Ils ont fait plus que nous perturber avec des longs ballons, des centres et une projection en nombre sur notre défense. C'était assez simpliste mais efficace, avait reconnu Puel samedi dernier. On n'a pas été assez conquérant et porté vers l'avant pour les empêcher d'allonger. On avait des semelles de plomb pour coulisser ou sortir pour les empêcher de jouer au maximum. »

La prise de conscience qui tarde à venir

Le capitaine Morgan Sanson avait pourtant annoncé une prise de conscience collective après Strasbourg, exprimant la volonté de réaliser un grand match contre un concurrent direct au maintien pour sortir du marasme ambiant. Mais le pari a été totalement raté.

Vu comment Samatta, Soumaré et Ndiaye ont bousculé les Aiglons contre Le Havre, les pronostics sont particulièrement pessimistes pour la rencontre face à Fernandez Pardo, Giroud et Haraldsson. La tâche s'annonce d'autant plus ardue que le Gym se présentera avec un milieu de terrain remanié face au nouveau troisième de Ligue 1.

Dans ce contexte particulièrement tendu, où les paroles ont rarement été suivies d'actes cette saison, peut-être que le silence et l'action concrète pourraient éviter à un club visiblement déboussolé de perdre totalement le Nord. L'heure n'est plus aux discours mais aux résultats, alors que l'OGC Nice ne vole pas haut à seulement cinq journées de la fin du championnat.

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