Le PSG et l'art des célébrations : comment le club a façonné son identité visuelle
PSG : l'art des célébrations qui forge son identité

Le PSG et l'art des célébrations : comment le club a façonné son identité visuelle

Charisme, aura, flow : le Paris Saint-Germain a développé bien plus qu'une simple identité tactique ou technique. Sur la route de ses succès européens, le club parisien s'est construit une signature visuelle remarquable, presque cinématographique, qui se cristallise particulièrement dans ses célébrations de buts. Cette énergie participe activement à faire du PSG une équipe aussi redoutable dans l'exercice de la joie que dans celui du jeu.

Des célébrations qui marquent les esprits

Un exemple récent illustre parfaitement cette dynamique : la glissade accompagnée d'un regard noir d'Ousmane Dembélé vers les caméras après son festival contre Chelsea en huitième de finale aller de Ligue des champions. Cette célébration a particulièrement enthousiasmé les supporters parisiens et a fait le tour des réseaux sociaux. L'image a même été reprise par le diffuseur Canal+ dans sa bande-annonce du quart de finale aller contre Liverpool, preuve de son impact médiatique.

Cette célébration de Dembélé s'ajoute à un catalogue déjà bien fourni qui s'est ouvert lors de la remontée parisienne contre Manchester City lors de l'avant-dernière journée de la saison régulière 2024-2025. Conscient de cette hype, le PSG a d'ailleurs posté sur sa chaîne YouTube une compilation de « célébrations iconiques » en juillet dernier, officialisant ainsi cette dimension de son identité.

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Un savoir-faire francilien bien ancré

Cette esthétique participe d'une culture footballistique francilienne plus large, qui s'étend du petit pont au city stade jusqu'aux célébrations provocatrices dans les derbys enflammés de district. Les joueurs des équipes de jeunes du Paris Saint-Germain excellent également dans cet exercice, comme l'a démontré Adam Ayari, mis en lumière par deux coéquipiers dans une pose travaillée après un penalty inscrit en Coupe Gambardella.

« Quand je vais les voir à Poissy, tous les petits jeunes m'envoient des messages pour que je leur envoie des photos, même lors des simples entraînements », confie François Denat, photojournaliste et suiveur assidu du PSG. « Il y a un truc générationnel : les joueurs sont contents de s'afficher sur les réseaux. »

Les références au rap français viennent enrichir cet imaginaire, comme l'entrée de Désiré Doué sur Dolce Camara de Booba et SDM pendant les festivités du titre européen, ou la célébration « Matuidi charo » de Barcola après un but contre l'OM.

La mise en scène et les dispositifs médiatiques

Les plus belles célébrations du PSG – de la triple glissade sur les genoux de Ruiz, Neves et Hakimi au jeté de maillot de Doué en finale de Ligue des champions – surviennent généralement lors des matchs importants de la compétition européenne. Cette mise en scène dépend naturellement du moment, mais aussi des dispositifs de retransmission.

Laurent Lachand, qui sera à la réalisation de PSG-Liverpool pour Canal+, revendique « une présence absente » des caméras tout en rappelant que le diffuseur fait partie des rares à pouvoir accompagner les joueurs sur le terrain lorsque les conditions le permettent. « Les joueurs connaissent nos façons de filmer », explique-t-il. « Ils savent que s'ils se dirigent vers telle zone, ils pourront célébrer légèrement sur la gauche. Cet univers est intégré dans leur esprit. »

Comparaison avec les époques précédentes

Reste la question du flow des joueurs actuels comparé à celui des stars du passé. Les spécialistes notent que, prises individuellement, les célébrations étaient parfois plus impactantes auparavant. « Il faut remettre en perspective l'aventure du PSG sous QSI », analyse Laurent Lachand. « Zlatan Ibrahimovic était un personnage extraordinaire par sa capacité à se servir du dispositif pour mettre en lumière son expression personnelle. »

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François Denat garde quant à lui une affection particulière pour Edinson Cavani, « un maître en matière de célébration », tout en soulignant l'approche originale des joueurs actuels. « On remarque que certains ont deux, parfois trois célébrations en une seule, comme Kvaratskhelia et Vitinha. Barcola et Doué jouent beaucoup avec la caméra, avec l'objectif. »

Le flow collectif plutôt qu'individuel

L'ancien Rennais Dembélé est quasiment le seul à trouver du crédit aux yeux du réalisateur Axel Chely, derrière plusieurs clips du rappeur Alonzo. « Dembélé n'a jamais été un joueur 'flow', mais il a gagné en épaisseur parce qu'il est devenu sérieux », estime-t-il. « C'est peut-être ce qui donne cette impression de flow collectif : des joueurs qui n'en ont pas vraiment individuellement mais qui, par leur détermination et leur jeu, créent quelque chose d'atypique. »

Comme sur le terrain, c'est dans le collectif que la joie des Parisiens est la plus enthousiasmante. « On le voit contre Chelsea : Kvara qui marque, célèbre et se retourne vers l'équipe pour partager », abonde Laurent Lachand. « Il y a toujours ce collectif qui se reconstitue. Ajoutons à cela ce public, qui est une autre grande réussite de ce PSG… Tout ça crée un climat, une ferveur positive. » Et des célébrations qui, quoi qu'on en dise, restent iconiques.