La commission d'enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a rendu un rapport accablant lundi 23 juin. Elle accuse Israël d'avoir délibérément pris pour cible des enfants palestiniens lors de l'offensive militaire dans la bande de Gaza, qualifiant ces actes de crimes de guerre.
Des preuves accablantes
Selon le rapport, au moins 1 200 enfants palestiniens ont été tués et des milliers d'autres blessés entre le 7 octobre 2023 et le 30 juin 2024. La commission a documenté des cas où des frappes aériennes israéliennes ont visé des écoles, des hôpitaux et des zones résidentielles abritant des enfants. « Nous avons trouvé des preuves claires que les forces israéliennes ont intentionnellement ciblé des enfants dans le but de semer la terreur au sein de la population civile », a déclaré Navi Pillay, présidente de la commission.
Réactions internationales
Le rapport a été immédiatement condamné par les autorités israéliennes. Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié les accusations de « mensongères et antisémites », affirmant que l'armée israélienne respecte le droit international. En revanche, plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont salué les conclusions de la commission. L'Union européenne a appelé à une enquête approfondie, tandis que les États-Unis ont exprimé leur préoccupation sans prendre position sur le fond.
Un précédent dangereux
Ce rapport intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient. La commission d'enquête, créée en 2021, a déjà publié plusieurs rapports critiques envers Israël et les groupes armés palestiniens. Celui-ci est le premier à accuser explicitement Israël de cibler délibérément des enfants. « Cibler des enfants est une violation flagrante du droit international humanitaire », a souligné Pillay. « Ces actes pourraient constituer des crimes contre l'humanité. »
Des conséquences juridiques potentielles
Le rapport recommande au Conseil de sécurité de l'ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour qu'elle enquête sur ces crimes. Israël n'est pas membre de la CPI, mais la Palestine l'a rejointe en 2015. La CPI a déjà ouvert une enquête sur les crimes de guerre présumés dans les territoires palestiniens. Selon des experts juridiques, ce nouveau rapport pourrait renforcer les preuves nécessaires à d'éventuelles inculpations.
La commission a également appelé la communauté internationale à imposer un embargo sur les armes à Israël et à suspendre tout accord de coopération militaire. Plusieurs pays, dont le Canada et l'Australie, ont déjà annoncé une révision de leurs ventes d'armes à Israël.



